Articles | Catégorie Cession Céder, valoriser et financer votre PME Sat, 24 Oct 2026 13:45:56 +0000 fr-FR hourly 1 https://www.monprojetpme.fr/wp-content/uploads/2022/09/cropped-FAVICON_MPP-32x32.png Articles | Catégorie Cession 32 32 Cessions de PME : ce que montrent les 27 opérations de septembre 2026 https://www.monprojetpme.fr/releve-cessions-pme-septembre-2026/ Sat, 24 Oct 2026 13:05:00 +0000 https://www.monprojetpme.fr/?p=9496 27 cessions de PME françaises annoncées en septembre 2026, avec leurs sources : qui achète, à quelle taille, et pourquoi aucun prix n'est publié.

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Sur les 27 cessions de PME françaises annoncées publiquement en septembre 2026 et retenues dans ce relevé, aucune annonce ne donne de prix. Ni montant, ni multiple, ni fourchette. La même semaine, les mêmes communiqués publient l’effectif de la cible, le nom de ses conseils et celui de ses banques.

Un dirigeant qui prépare sa vente n’a donc, dans ces annonces, rien pour juger une offre reçue. Le relevé qui suit dit aussi qui achète, à quelle taille, et dans quels métiers.

Relevé publié en octobre 2026, sur les opérations annoncées en septembre 2026.

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Aucune des 27 annonces ne donne de prix

Vingt-sept annonces, zéro montant. L’absence est d’autant plus visible que la plupart de ces textes sont rédigés par les conseils des parties, qui détaillent le reste du dossier sans réticence.

Les communiqués de septembre indiquent que BD Couverture Rénovation est certifiée Qualibat RGE, que Font TP Martinaud réalise 65 % de son activité en marchés publics, que Metal-X sert 140 clients, que Sotralu exporte les trois quarts de sa production. Douze d’entre eux nomment au moins un cabinet de conseil, et sept nomment une banque ou un investisseur.

Une exception mérite d’être signalée, et elle est de forme. La reprise d’ECA Propreté par LMC Services porte sur un fonds de commerce et non sur des titres. Une cession de fonds fait l’objet d’une publicité légale où le prix figure, puisque c’est elle qui ouvre le délai d’opposition des créanciers. Les vingt-six autres opérations sont des cessions de titres, pour lesquelles aucune publication du prix n’est prévue.

Il faut en tirer la conclusion exacte plutôt que la plus vendeuse. Des indices de multiples existent, publiés par des bases de données et des réseaux professionnels, mais ils sont agrégés et ne descendent pas au dossier. Aucune des vingt-sept annonces de septembre ne fournit le comparable transactionnel qu’un cédant chercherait dans son métier et à sa taille, et c’est une estimation de la valeur de son entreprise qui lui donne son premier point de repère chiffré.

Un repreneur sur quatre est une personne physique, et jamais au-dessus de trente salariés

Sept opérations sur vingt-sept, soit 26 %, sont portées par une ou deux personnes physiques et non par un groupe ou par un fonds. Deux cadres du bâtiment reprennent Dumortier, un couple reprend BD Couverture Rénovation, un ingénieur reprend Forbeton Nord via la holding ZFK, deux industriels rachètent Metal-X via la holding SNGB, le directeur d’exploitation de Maisons Jubault s’associe à un ancien auditeur, Louis Soreau reprend le Groupe Profil, et deux dirigeants de l’Ain rachètent Arcos.

Deux précisions avant d’utiliser ce chiffre. Quatre de ces sept reprises passent par une holding, et celle de Metal-X s’accompagne de Bpifrance, de Sofimac et de Mermoz Participations au tour de table : la personne physique y est au volant, pas seule dans la voiture. Le financement bancaire est cité sur trois dossiers, le CIC et Bpifrance sur Dumortier, BNP Paribas sur Forbeton Nord.

Le croisement avec la taille est le résultat le plus utile du relevé. Parmi les sept entreprises reprises par des personnes physiques, les six dont l’effectif est publié emploient de 8 à 30 salariés. Au-delà de quarante salariés, aucune des cibles du relevé n’est reprise par un particulier : Polyex rejoint le groupe Sphere, Transports Perrier le groupe Prismeo, Sotralu le fonds Andera Expansion, le groupe Lagarde Meregnani ouvre son capital à trois investisseurs.

Pour un cédant, cela se lit directement. En dessous de trente salariés, le cadre repreneur est un acheteur plausible, avec ce qu’il implique de dépendance à un apport personnel et à un accord bancaire, donc de délai et de risque d’échec. Au-dessus, les candidats du relevé sont des groupes du métier, des fonds et des family offices, dont le profil est décrit dans notre panorama de qui rachète les PME en France.

Bâtiment et travaux publics, premier bloc du relevé

Huit opérations sur vingt-sept portent sur une entreprise de bâtiment ou de travaux publics au sens strict : Font TP Martinaud, Dumortier, Electro, BD Couverture Rénovation, Forbeton Nord, le groupe Lagarde Meregnani, Maisons Jubault et O2D Environnement. Deux d’entre elles, Dumortier et Electro, relèvent du génie climatique, métier dont nous suivons les acquéreurs guide par guide.

Quatre autres gravitent autour sans en relever. Deux sont des services aux bâtiments et aux espaces, la propreté avec ECA Propreté et les espaces verts avec une entreprise dont le nom n’a pas été publié. Deux relèvent de l’ingénierie des sols, EGEH sur les sites et sols pollués et Qualidal sur les sols industriels et logistiques. L’ensemble construction et abords pèse donc douze opérations sur vingt-sept.

L’industrie fournit le deuxième bloc avec sept opérations : traitement de surface, courroies de process, emballage bois, accessoires de menuiserie aluminium, films polyéthylène, machines de découpe, machines de séchage. Deux d’entre elles, Metal-X et Tanals, sont des ateliers d’usinage et de mécanique de précision. Le transport, la distribution et les services informatiques se partagent les huit restantes.

Les Hauts-de-France pèsent un quart des opérations

Sept opérations sur vingt-sept, soit 26 %, portent sur une entreprise des Hauts-de-France : Dumortier, Electro à Lille-Lomme, BD Couverture Rénovation à La Gorgue, Forbeton Nord à Seclin, Comlink à Carvin, Aquastar Consulting à Wambrechies et Qualidal à Creil.

Quatre cabinets de conseil régionaux sont nommés sur ces dossiers : Experts et Co, Eurallia Finance Lille, Septentrion Finance et MBA Capital Lille. Un relevé de presse de vingt-sept lignes ne permet pas d’en conclure que la région cède plus que les autres. Il montre en revanche que les conseils qui y travaillent publient leurs opérations, ce qui est précisément ce que ce relevé mesure.

Méthode, périmètre et limites

Il s’agit d’un relevé de presse et non d’une statistique de marché. Sont retenues les opérations annoncées publiquement entre le 1er et le 30 septembre 2026, portant sur une entreprise française non cotée, relevées sur Fusacq pour dix-neuf d’entre elles, sur CFNews pour quatre, et dans la presse économique régionale et spécialisée pour les quatre dernières. Sont écartées les cibles étrangères, les groupes cotés et les levées de fonds de jeunes pousses.

Le périmètre déborde des PME de 5 à 50 millions d’euros de chiffre d’affaires que nous suivons habituellement. Trois cibles sont plus grosses, le groupe Lagarde Meregnani, Sotralu et Transports Perrier, et deux opérations sont des cessions de filiale par un groupe plutôt que des transmissions de dirigeant, Transports Perrier cédée par Geodis et SNTA reprise par CFTR. Elles figurent dans le tableau pour que les comptes soient recalculables, et elles sont identifiables ligne par ligne.

Trois limites, et la troisième est la plus lourde. Le relevé n’est pas exhaustif : la très grande majorité des cessions de PME ne fait l’objet d’aucune annonce. Il sur-représente les opérations conduites par un conseil, puisque ce sont les conseils qui publient, et dix-neuf de ses vingt-sept lignes viennent d’une seule source. Il ne recense enfin que les opérations abouties, et dit donc tout des mariages et rien des dossiers qui ont échoué.

Une précision d’honnêteté : ce relevé est publié par un cabinet qui conseille des dirigeants dans la cession de leur entreprise, donc par une partie intéressée au constat qu’il établit. Il est publié avec ses sources pour que chacun puisse le recompter.

Ce premier numéro porte sur un mois. Les suivants couvriront un trimestre plein, à partir du quatrième trimestre 2026.

Les 27 opérations du relevé

Entreprise cédée Acquéreur Métier, taille et région Conseils et financement Source
Font TP Martinaud SADE, groupe NGE Réseaux humides et secs, stations d’épuration, VRD. 31 salariés, 5 M€, 65 % en marchés publics. Larajasse (69) Non communiqués Fusacq, 25/09/2026
Dumortier Gauthier Boudailliez et Xavier Delloye, personnes physiques Climatisation, chauffage, ventilation, plomberie. 15 salariés. Hauts-de-France Septentrion Finance (cédant), Experts et Co (repreneurs), CIC et Bpifrance au financement Fusacq, 22/09/2026
Electro Thermelec Installation électrique basse et moyenne tension. 14 emplois. Lille-Lomme (59) MBA Capital Lille (vendeur) Fusacq, 30/09/2026
BD Couverture Rénovation Julien et Anne-Claire Engrand, personnes physiques Couverture, zinguerie, isolation, bardage. 21 salariés, Qualibat RGE. La Gorgue (59) Experts et Co (cédants), Eurallia Finance et Trinity Avocats (repreneurs) Fusacq, 23/09/2026
Forbeton Nord Maxime Zeisser, personne physique, via la holding ZFK Sciage, carottage, renforcement de structures. 15 compagnons. Seclin (59) Eurallia Finance Lille (cédant), BNP Paribas au financement Fusacq, 24/09/2026
Groupe Lagarde Meregnani SG Capital Partenaires, Capital Grand Est, BTP Capital Investissement Peinture, sols, façades, isolation thermique par l’extérieur. 250 personnes, plus de 65 M€. Au-dessus du périmètre PME. Grand Est et Île-de-France Non communiqués Fusacq, 25/09/2026
Maisons Jubault Wilfried Yger et Julien Grégoire, personnes physiques Construction de maisons individuelles. 8 salariés. Montgermont (35) Non communiqués Fusacq, 29/09/2026
Metal-X Sébastien Nucci et Guillaume Bouteyre, personnes physiques, via la holding SNGB Traitement et revêtement des métaux. 30 salariés, 15 M€, 140 clients. Vallée de l’Arve (74) Societex Groupe Adviso (cédants), Bpifrance, Sofimac et Mermoz Participations au tour de table Fusacq, 29/09/2026
Tanals Otego Courroies de process et de transmission, marque ERO Joint. 30 personnes, 6 M€. Mulhouse (68) Altios Corporate Finance (acquéreur) Fusacq, 22/09/2026
Viel Groupement Chambriard Caisses d’emballage bois et coffrets vinicoles. 20 salariés. Crépand (21) Réseau e-RIS et Crédit Agricole Champagne-Bourgogne (vendeur) Fusacq, 29/09/2026
Sotralu Andera Expansion Accessoires de menuiserie aluminium. 200 personnes, 45 M€, 75 % export. Au-dessus du périmètre PME. France, Portugal, Italie BNP Paribas, LCL et Caisse d’Épargne au financement senior Fusacq, 28/09/2026
Nom non publié Holding industrielle familiale Entretien et aménagement d’espaces verts. Effectif et région non publiés Largillière Finance Fusacq, 30/09/2026
O2D Environnement Nord Capital Partenaires Sols perméables pour parkings et aménagements urbains. France et Belgique Capstone Finance (cédants), Société Générale, Crédit Agricole Nord de France et BTP Banque Fusacq, 30/09/2026
ECA Propreté LMC Services Nettoyage de bureaux, copropriétés et établissements de santé. Cession de fonds de commerce. Les Sables-d’Olonne (85) Non communiqués Fusacq, 23/09/2026
Transports Perrier Prismeo Transport routier. Environ 170 salariés, quatre sites. Cession de filiale par Geodis. Courlaoux (39) P2C Partners (cédant) Fusacq, septembre 2026
SNTA, Transports Auran CFTR Transport de voyageurs, neuf marques régionales. Cession par la famille Mouret. Ardèche, Drôme, Gard, Vaucluse Cube Infrastructure Managers, actionnaire de l’acquéreur Fusacq, septembre 2026
Temaco Fidel Fillaud, groupe Next Pack Distribution de contenants alimentaires. Environ 40 salariés. Donzenac (19) Societex Groupe Adviso ; Azulis Capital et Arkéa Capital soutiennent l’acquéreur Fusacq, septembre 2026
Groupe Profil Louis Soreau, personne physique Distribution de fournitures de bureau et solutions d’hygiène. Allauch (13) Societex Corporate Finance (cédant) Fusacq, septembre 2026
Arcos Deux dirigeants de la région, personnes physiques Machines de séchage et de fumage pour l’agroalimentaire. Environ 30 salariés. Gorrevod (01) Non communiqués Fusacq, septembre 2026
EGEH JL&P Bureau d’études sites et sols pollués, hydrogéologie, droit de l’eau. Nouvelle-Aquitaine Arkéa et Swen Capital Partners soutiennent l’acquéreur Echos Judiciaires Girondins, septembre 2026
Qualidal Re-Sources Capital et Bpifrance Contrôle et expertise des sols industriels et logistiques. Premier LBO. Creil (60) Re-Sources Capital et Bpifrance au capital CFNews, septembre 2026
Ithursarry & Fils Jardins Loisirs Négoce de matériel agricole. Environ 30 salariés. Pays basque (64) BNP Paribas Développement accompagne l’acquéreur CFNews, septembre 2026
LDSA Hydrup Machines de découpe par jet d’eau haute pression. Départ en retraite du fondateur. Bar-le-Duc (55) Non communiqués CFNews, septembre 2026
Polyex Groupe Sphere Films en polyéthylène. Environ 45 salariés. Lunéville (54) Non communiqués Bâtiment Entretien, septembre 2026
Lamouroux Vivelys, groupe Oeneo Thermorégulation des chais viticoles. Rachat à 100 % finalisé le 1er septembre. Beychac-et-Caillau (33) Non communiqués ABC Bourse, septembre 2026
Comlink Nubevia Télécoms, réseaux et fibre optique. Environ 40 salariés. Carvin (62) Evolem, family office adossé à l’acquéreur La Gazette France, septembre 2026
Aquastar Consulting Komposite Intégration d’infrastructures informatiques. Wambrechies (59) Arev Partners, détenteur de l’acquéreur CFNews, septembre 2026

Huit lignes du tableau portent le mois de publication sans le jour, parce que l’article d’origine ne le donnait pas. Les dix-neuf autres sont datées au jour. Aucune des opérations citées n’a été conseillée par Mon Projet PME. Un dirigeant qui veut situer son entreprise avant d’ouvrir des discussions peut commencer par un diagnostic de cession, qui liste les pièces qu’un acquéreur demandera.

Sources : Fusacq, annonces du 1er au 30 septembre 2026, liens opération par opération dans le tableau ci-dessus ; CFNews ; Echos Judiciaires Girondins ; La Gazette France ; Bâtiment Entretien ; ABC Bourse. Relevé établi les 17 septembre, 1er octobre et 24 octobre 2026.

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Comment vendre son entreprise d’usinage et de mécanique de précision en 2026 ? https://www.monprojetpme.fr/comment-vendre-son-entreprise-d-usinage-de-precision/ Sat, 24 Oct 2026 09:10:00 +0000 https://www.monprojetpme.fr/?p=9491 Qui a le droit d'acheter un atelier d'usinage, comment se forme le prix et ce que l'acquéreur vérifie avant de signer une cession en 2026.

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Un atelier qui usine des pièces pour la défense ne choisit pas librement son acheteur. Si l’une de vos commandes alimente un programme du ministère des armées, y compris par sous-traitance, un acquéreur étranger doit obtenir l’autorisation du ministre chargé de l’économie avant de prendre le contrôle. On signe donc sous condition suspensive, et on attend l’autorisation pour réaliser l’opération : un engagement qui réalise l’investissement sans elle est nul, au titre de l’article L. 151-4 du code monétaire et financier.

Mieux vaut poser la question au ministère avant de lancer la vente qu’au milieu d’une négociation. L’article R. 151-4 du même code permet à une société de droit français d’interroger elle-même le ministre sur son activité, et fixe à deux mois le délai de réponse.

Article mis à jour en 2026.

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Qui a le droit d’acheter votre atelier

Le dispositif s’appelle le contrôle des investissements étrangers en France. Trois conditions doivent se réunir : qui achète, ce qu’il achète, ce que vous faites. L’article R. 151-1 du code monétaire et financier range parmi les investisseurs toute personne physique de nationalité étrangère, toute entité de droit étranger, et toute entité de droit français contrôlée par l’une ou l’autre. Il vise aussi la personne physique de nationalité française qui n’est pas domiciliée en France au sens de l’article 4 B du code général des impôts.

Côté opération, l’article R. 151-2, dans sa rédaction applicable depuis le 17 août 2026, vise l’acquisition du contrôle au sens de l’article L. 233-3 du code de commerce, l’acquisition de tout ou partie d’une branche d’activité, et le franchissement du seuil de 25 % des droits de vote. Vendre la branche usinage plutôt que les titres ne fait donc pas sortir l’opération du champ.

Ce seuil de 25 % ne s’applique pas à tous les investisseurs. Le même article écarte ce cas, et celui des 10 % en société cotée, pour une personne physique ressortissante de l’Union européenne ou de l’Espace économique européen et domiciliée dans l’un de ces États, ainsi que pour une entité dont toute la chaîne de contrôle relève de ces États. Un fonds dont toute la chaîne de contrôle est européenne et qui monte à 30 % sans prendre le contrôle échappe à ce cas, alors qu’un fonds américain au même niveau y entre. Deux réserves avant de s’en réjouir : la prise de contrôle au sens de l’article L. 233-3 reste dans le champ quelle que soit la nationalité, et un minoritaire à 30 % doté de droits de veto et de sièges peut y répondre.

L’activité est la troisième condition, et la plus discriminante. L’article R. 151-3 énumère les domaines concernés, parmi lesquels les matériels de guerre et assimilés, les biens et technologies à double usage de l’annexe IV du règlement (UE) 2021/821 et les entités dépositaires de secret de la défense nationale. Son 5° vise aussi les activités exercées par les entités ayant conclu un contrat, soit directement, soit par sous-traitance, au profit du ministère de la défense pour la réalisation d’un bien relevant de ces domaines. La liste couvre aussi des domaines sans rapport avec un atelier, de la santé publique à la production agricole qui concourt à la sécurité alimentaire nationale.

Un atelier de cinquante personnes peut relever de ce 5° par ses seules commandes de sous-traitance. Vous usinez des pièces pour un équipementier, qui les monte dans un sous-ensemble, qui part chez un maître d’œuvre, lequel livre la direction générale de l’armement. Tout dépend alors du libellé de vos commandes et du programme desservi, et c’est précisément ce que l’avis de l’article R. 151-4 sert à faire dire par écrit.

Comptez les délais dès le lancement du processus. L’article R. 151-6 donne au ministre 30 jours ouvrés pour indiquer si l’investissement relève du dispositif, s’il est autorisé sans condition, ou si un examen complémentaire est nécessaire ; en l’absence de réponse dans ce délai, la demande est réputée rejetée. L’examen complémentaire ouvre ensuite 45 jours ouvrés. Ces délais ne courent qu’à dossier complet, c’est-à-dire une fois l’acquéreur, son financement et ses engagements connus.

Le II de l’article L. 151-3 prévoit que l’autorisation peut être assortie de conditions destinées à protéger les intérêts nationaux. Pour un vendeur, ces engagements comptent plus que la sanction : ils portent sur le maintien de l’activité en France et sur la protection des informations, ils pèsent sur l’acheteur étranger, et ils se répercutent sur le prix qu’il propose. L’autorisation vise un investisseur nommé et un périmètre donné, de sorte qu’un changement d’acquéreur fait repartir le compteur.

Les sanctions ne frappent pas la même partie. L’engagement signé sans autorisation est nul au titre de l’article L. 151-4, ce qui atteint le vendeur comme l’acheteur, et c’est le premier point que vérifie l’avocat de l’acheteur. La sanction pécuniaire de l’article L. 151-3-2 vise l’investisseur seul, et son plafond est la plus élevée de quatre sommes : le double du montant de l’investissement irrégulier, 10 % du chiffre d’affaires annuel hors taxes de l’entreprise qui exerce l’activité, cinq millions d’euros pour une personne morale, un million d’euros pour une personne physique. Le coût réel pour le vendeur est ailleurs : un acheteur étranger qui a le choix préfère une cible hors du champ, et votre dossier compte un candidat de moins.

Vous pouvez demander l’avis de l’article R. 151-4 sans acheteur en face et sans dévoiler votre projet de cession. La société saisit le ministre pour savoir si tout ou partie de son activité relève du I de l’article L. 151-3, et la réponse arrive dans les deux mois.

Qui rachète des ateliers d’usinage en France

Les groupes industriels adossés à un fonds sont les acheteurs les plus visibles. ACI Groupe, présenté comme un groupe industriel lyonnais de la sous-traitance de haute précision, a repris en mai 2025 Usiduc, un atelier de Faverois dans le Territoire de Belfort qui usine composites, céramiques, superalliages et titane. La cible employait 20 salariés pour 3 M€ de chiffre d’affaires.

Les entreprises de taille intermédiaire qui se constituent par rachats achètent plus gros et moins souvent. Jogam, positionné sur l’aéronautique et la défense, a annoncé le 17 avril 2026 le rachat du groupe Halgand, qui apporte de l’usinage de précision, de l’assemblage de sous-ensembles et du traitement de surface ; l’ensemble réunit neuf sites de production. Le 26 mai 2026, M-Plus a pris le contrôle de Rubis Précis et de ses 85 salariés, répartis sur deux sites du Doubs et un site de Seine-et-Marne, en micromécanique et en usinage de céramiques techniques.

Les fonds déjà présents au capital vendent aussi, et leur fenêtre de liquidité fixe alors le calendrier. HPM, spécialiste rhodanien de l’usinage de haute précision pour l’aéronautique, la défense et le nucléaire, a changé de mains le 30 septembre 2026 au profit d’un autre acteur du secteur, ses actionnaires financiers cédant leurs lignes à cette occasion.

Deux acheteurs n’apparaissent dans aucune base de données, le donneur d’ordre qui réintègre une capacité qu’il sous-traitait, et l’équipe de direction qui reprend avec un fonds derrière elle. Le second cas revient quand le responsable de production connaît les clients depuis quinze ans et que le dirigeant tient la majorité du capital.

Du résultat au prix : ce que la banque recalcule

L’excédent brut d’exploitation sert de point de départ. Il correspond à ce qui reste de la valeur ajoutée, augmentée des subventions d’exploitation, une fois payés les impôts et taxes et les charges de personnel, cotisations comprises. L’acheteur et sa banque retraitent cet agrégat avant d’y appliquer un multiple. Vous récapitulez ces corrections dans un tableau de passage, année par année, dont nos explications sur les agrégats financiers d’une cession de PME donnent la trame.

Le loyer versé à la SCI du dirigeant est le premier poste repris, et le sens du retraitement dépend de vous. La plupart des dirigeants l’ont fixé selon leur situation patrimoniale, au-dessus ou au-dessous du marché local ; l’acheteur le ramène au prix du mètre carré constaté, ce qui fait monter ou descendre l’excédent. Votre rémunération suit le même chemin, remplacée par le coût chargé d’un dirigeant salarié recruté à votre place. Le crédit-bail, lui, demande une convention explicite, puisqu’en comptes sociaux les redevances figurent déjà au-dessus de l’excédent brut d’exploitation.

Deux traitements du crédit-bail se défendent. Le premier laisse les redevances où elles sont et retient un excédent plus faible. Le second les retraite en dotation aux amortissements et en charge financière, pour comparer l’atelier à un concurrent propriétaire de ses machines. Nous recommandons le second, à une condition qui coûte cher quand on l’oublie : l’encours restant dû des contrats rejoint alors la dette financière nette, et il vient donc en déduction du prix des titres. Un atelier qui porte trois centres d’usinage en crédit-bail voit le gain d’excédent largement rattrapé de ce côté.

Dans un atelier, la discussion sur les machines à remplacer déplace souvent plus le prix que la discussion sur le multiple. L’âge d’un centre cinq axes compte moins que l’état de sa broche, ses heures, l’obsolescence de sa commande numérique et la disponibilité des pièces de rechange. La banque, de son côté, calcule la capacité de remboursement sur la durée du crédit, cinq à sept ans.

Ce que l’acquéreur ouvre en premier dans la data room

L’acheteur industriel commence par le carnet de commandes. Il y cherche la répartition du chiffre d’affaires par donneur d’ordre sur trois exercices, la durée résiduelle des contrats-cadres, et le texte exact de leurs clauses de changement de contrôle. Ces clauses vont de la simple information du client à un droit de résiliation. Vos contrats de crédit-bail en comportent souvent une aussi, sous forme d’agrément du bailleur ou d’exigibilité anticipée.

Après le carnet, les qualifications. La norme EN 9100, dans sa version 2018, structure le système qualité des fournisseurs aéronautiques, et chaque donneur d’ordre y ajoute ses propres agréments de procédé. En cession de titres, ces certificats restent au nom de la société, mais ils reposent sur des moyens déclarés et sur un responsable nommé. Demandez à votre responsable qualité ce qu’imposent votre référentiel et vos contrats clients quand l’actionnaire change, et ce qu’une requalification de pièces coûterait en temps.

Le dossier social coûte cher quand il n’a pas été tenu. La convention collective nationale de la métallurgie du 7 février 2022, étendue par arrêté du 14 décembre 2022 et identifiée sous l’IDCC 3248, fait analyser chaque emploi selon six critères classants énumérés à son article 60, parmi lesquels la complexité de l’activité, les connaissances requises et l’autonomie. Les cotations obtenues sont regroupées en 18 classes d’emplois, elles-mêmes réparties en 9 groupes désignés par une lettre de A à I, aux termes de l’article 62.1.

Deux obligations écrites vont avec ce classement, et leur absence se voit tout de suite en audit social. L’employeur établit d’abord une fiche descriptive de l’emploi avant de le coter, et la communique au salarié, comme le prévoit l’article 63.1. Lors de la première application de la convention dans l’entreprise, il notifie par écrit à chaque salarié le classement de son emploi ; le salarié dispose alors d’un mois pour demander des explications, et l’employeur d’un mois pour répondre critère par critère, selon l’article 63.2.1. Cette notification n’est pas une obligation à venir, et un audit social en demande la preuve d’envoi.

L’absence de fiche et de notification est d’abord un manquement de procédure. Le coût vient de ce qu’elle laisse passer, une cotation trop basse : le rappel se calcule alors sur l’écart entre le minimum conventionnel du groupe réellement tenu et le salaire versé, sur la période de prescription applicable aux rappels de salaire, congés payés compris, multiplié par le nombre de postes concernés, avant même les effets sur la prime d’ancienneté et sur le statut. Un auditeur social commence par demander la liste des salariés et la date de notification écrite de leur classement.

Un atelier d’usinage porte enfin un sujet d’environnement que l’acquéreur fait regarder tôt. Huiles de coupe, bains de dégraissage, fumées de soudage et bacs de rétention relèvent d’un régime déclaratif ou d’autorisation selon les volumes, et un site occupé depuis trente ans se vend avec l’historique de ses sols. Les pièces attendues sont le récépissé de déclaration ou l’arrêté préfectoral, le registre des déchets et les derniers rapports de contrôle.

Préparer la vente sans arrêter l’atelier

Le déroulé général d’une vente figure dans les grandes étapes d’un processus de cession, et un atelier d’usinage y ajoute deux marches préalables. La première est l’état du capital. La seconde est l’avis du ministère, qui met deux mois à arriver.

Un capital détenu à moins de 100 % se règle avant la mise en vente. Un acheteur veut la totalité des titres, et aucune procédure de retrait obligatoire n’existe en société non cotée : il faut donc une clause d’entraînement dans les statuts ou dans le pacte d’actionnaires, une promesse négociée, ou un rachat par la société. Un minoritaire ne vous empêche pas de céder vos propres titres, sous réserve d’agrément, mais il peut bloquer les décisions extraordinaires et donc une fusion, un apport ou une augmentation de capital. Le seuil qui donne ce pouvoir dépend de la forme sociale et, en société par actions simplifiée, de vos seuls statuts : relisez l’article qui fixe les majorités avant de bâtir le moindre montage. Et quand deux minoritaires n’ont ni le même horizon ni la même idée de la valeur, le prix par titre se négocie avec eux avant d’être annoncé à un acheteur.

Sortez du coffre, dans le même mouvement, le registre des assemblées, les convocations avec leur preuve d’envoi et les rapports de gestion : l’avocat de l’acheteur vérifiera la régularité de chacune, et une assemblée annulable finit dans la garantie d’actif et de passif.

Votre responsable des ressources humaines reconstitue ensuite le dossier de classification, poste par poste. Quelqu’un relit les contrats-cadres, clause de changement de contrôle en main, et fait la même chose sur vos contrats de crédit-bail : l’accord de plusieurs bailleurs prend des semaines et devient une condition suspensive de plus. Si votre bâtiment est logé dans une SCI, refaites le bail avant la mise en vente, avec un loyer de marché, une durée ferme et une répartition écrite des gros travaux et des charges. Quand un associé minoritaire est en conflit ouvert, faites approuver ces conventions dans les formes des conventions réglementées plutôt que de les corriger en silence.

L’information des salariés a changé en mai 2026. L’article 22 de la loi n° 2026-403 du 26 mai 2026, dite loi de simplification de la vie économique, a réécrit l’article L. 23-10-1 du code de commerce : le droit d’information préalable ne vise plus que les sociétés qui n’ont pas l’obligation de mettre en place un comité social et économique exerçant les attributions du deuxième alinéa de l’article L. 2312-1 du code du travail. La page sur la communication auprès des salariés détaille le déroulé. Un atelier de quatre-vingt-dix personnes a l’obligation de mettre en place ce comité et sort donc de ce droit d’information ; il retrouve de l’autre côté la consultation de son comité sur la modification de l’organisation juridique de l’entreprise, et la possibilité pour celui-ci de se faire assister d’un expert, ce qui pèse sur le calendrier. Pour les sociétés qui restent dans le champ de l’article L. 23-10-1, l’amende civile peut atteindre 0,5 % du montant de la vente.

Les marchés publics forment un cas à part, utile si vous livrez directement un arsenal ou un service de l’État. Un rachat de titres ne change pas le titulaire du marché, alors qu’une cession de fonds de commerce ne transmet pas les marchés de plein droit, l’article R. 2194-6 du code de la commande publique encadrant les cas de transfert. Le choix entre titres et fonds se joue aussi sur votre impôt personnel, et notre page sur la fiscalité de la vente d’entreprise pose les deux régimes côte à côte.

Où la valeur se perd entre la visite et l’offre

Dans un atelier, tout tient souvent au dirigeant, parce que c’est lui qui chiffre les devis complexes, qui arbitre un temps de cycle et qui parle au service achats du donneur d’ordre. Quand ce savoir tient sur une seule tête, l’acheteur demande un accompagnement long et met une partie du prix en complément différé. Une méthode de chiffrage écrite, un deuxième chiffreur formé et des devis récents signés par lui réduisent cet escompte.

La concentration clients se traite de la même façon. Un carnet dominé par un seul donneur d’ordre n’interdit pas la vente, il déplace la discussion vers la garantie d’actif et de passif et vers la part du prix différée. Vous menez cette discussion avec les contrats-cadres sur la table et la répartition du chiffre d’affaires par client sur trois exercices.

Un parc mal documenté coûte plus cher qu’un parc ancien. Un centre d’usinage de quinze ans se reprend sans difficulté quand on en montre les heures broche, le plan de maintenance et la valeur d’assurance. Si l’inventaire comptable ne correspond pas à ce qu’un visiteur a vu dans l’atelier, il doute ensuite du reste des comptes.

L’auditeur vérifie les travaux en cours et les acomptes clients ligne à ligne. Dans un atelier qui lance des séries longues, la valorisation des en-cours pèse sur le besoin en fonds de roulement normatif, donc sur le prix des titres. Un écart constaté sur ces postes après la signature se traduit en baisse de prix après la lettre d’intention. Votre expert-comptable fige donc la méthode de valorisation des en-cours avant l’ouverture de la data room, dans une note d’une page.

Un dernier point ne figure dans aucun code. En aéronautique et en défense, un donneur d’ordre de rang 1 reste libre de cesser de sourcer un atelier passé sous pavillon étranger, et ce veto commercial décide de la faisabilité plus sûrement que l’autorisation administrative. Nous passons ces points en revue au début de chaque mission, dans un diagnostic de cession confidentiel, en suivant l’ordre dans lequel un acquéreur les découvrira.

Ce qu’un dirigeant d’atelier nous demande en premier

L’acheteur est français sur le papier, mais c’est une filiale d’un groupe italien. Cela change quelque chose ?

Oui pour une prise de contrôle, non pour une montée au capital minoritaire. L’article R. 151-1 du code monétaire et financier range parmi les investisseurs toute entité de droit français contrôlée depuis l’étranger, de sorte qu’un rachat à 100 % par cette filiale passe par l’autorisation du ministre si votre activité est dans le champ. En revanche, l’article R. 151-2 écarte le cas du franchissement des 25 % des droits de vote lorsque toute la chaîne de contrôle relève de l’Union européenne ou de l’Espace économique européen.

Combien de temps faut-il compter pour obtenir l’autorisation ?

30 jours ouvrés pour la première réponse du ministre chargé de l’économie, puis 45 jours ouvrés de plus lorsqu’un examen complémentaire est ouvert, selon l’article R. 151-6 du code monétaire et financier ; l’absence de réponse dans le premier délai vaut rejet de la demande. Ces délais ne commencent qu’une fois le dossier complet, ce qui suppose l’acquéreur identifié et son financement bouclé. En pratique, prévoyez plutôt quatre à six mois entre la première version du dossier et la décision.

Vaut-il mieux vendre les titres ou l’activité ?

Les titres, dans la plupart des situations d’atelier d’usinage, parce que les certifications, les contrats-cadres et les marchés publics restent attachés à la société, et parce que la vente du fonds fait supporter l’impôt sur les sociétés avant que vous ne sortiez le produit de la vente. La cession du fonds de commerce oblige en outre à renégocier chaque relation client. Elle garde son intérêt quand une partie seulement de l’activité se vend, par exemple une ligne de production ou un site secondaire.

Mon bâtiment est détenu par une SCI, faut-il la vendre aussi ?

Les deux se pratiquent. Si l’acheteur veut l’immobilier, vous cédez la SCI à part et à sa propre valeur, en gardant en tête que les droits d’enregistrement sur des parts de SCI sont bien plus lourds que sur des actions de société par actions simplifiée. S’il ne le veut pas, un bail commercial signé avant la mise en vente, à un loyer de marché et pour une durée ferme, remplace cette cession. Dans les deux cas, le loyer retenu change l’excédent brut d’exploitation retraité, et donc le prix des titres.

Combien vaut mon atelier ?

Il faut votre liasse pour répondre. On part de l’excédent brut d’exploitation retraité du loyer de la SCI, de votre rémunération et du traitement du crédit-bail. Le multiple appliqué dépend du secteur servi, de la récurrence du carnet et de l’état du parc. Le passage de la valeur d’entreprise au prix des titres retire ensuite la dette financière nette, encours de crédit-bail compris, les comptes courants et les engagements de retraite, puis corrige le besoin en fonds de roulement.

Cet article décrit le droit en vigueur au 24 octobre 2026. Il ne remplace ni l’avis d’un avocat, ni celui des services du ministère chargé de l’économie, seuls habilités à se prononcer sur le champ du contrôle des investissements étrangers.

Sources : code monétaire et financier, articles L. 151-3, L. 151-3-2, L. 151-4, R. 151-1, R. 151-2, R. 151-3, R. 151-4 et R. 151-6, version en vigueur au 24 octobre 2026, Legifrance ; décret n° 2026-718 du 30 juillet 2026 ; convention collective nationale de la métallurgie du 7 février 2022, IDCC 3248, étendue par arrêté du 14 décembre 2022, articles 60, 62.1, 63.1 et 63.2.1, Legifrance ; code de commerce, article L. 23-10-1, dans sa rédaction issue de l’article 22 de la loi n° 2026-403 du 26 mai 2026 ; code de la commande publique, article R. 2194-6 ; Fusacq, ACI Groupe poursuit sa croissance avec le rachat d’Usiduc, 27 mai 2025 ; Fusacq, Jogam annonce le rachat du groupe Halgand, 17 avril 2026 ; Fusacq, Le groupe M-Plus accélère sa diversification avec l’acquisition de Rubis Précis, 26 mai 2026 ; CFNews, HPM se consolide, 5 octobre 2026.

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Comment vendre son entreprise d’assainissement en 2026 ? https://www.monprojetpme.fr/comment-vendre-son-entreprise-d-assainissement/ Fri, 23 Oct 2026 09:05:00 +0000 https://www.monprojetpme.fr/?p=9483 Agrément de vidange, marchés publics, âge du parc et crédit-bail des hydrocureurs : ce qu'un acquéreur regarde avant de faire une offre sur votre société.

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Le mot assainissement couvre deux métiers qui ne valent pas le même prix. La vidange d’installations d’assainissement non collectif dépend d’un agrément préfectoral qui porte une date limite. Le curage de réseaux et l’hydrocurage industriel dépendent de marchés et de conducteurs qualifiés. Dites d’abord lequel des deux fait votre chiffre : l’acheteur commencera par là. Si la vidange pèse dans le vôtre, sa question suivante sera la date d’échéance de l’agrément.

Article mis à jour en 2026.

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Titres ou fonds de commerce : ce que deviennent l’agrément et les marchés

Vendre vos titres ou vendre le fonds ne réserve pas le même sort à vos autorisations. Si le repreneur achète vos titres, la société agréée ne change pas et l’agrément de vidange court jusqu’à sa date limite, dix ans après sa délivrance, sans qu’aucun texte impose de signaler un changement d’actionnaire. S’il achète le fonds, une autre société exploitera : elle dépose son propre dossier auprès du préfet, qui notifie la complétude dans le mois puis statue dans les trois mois (arrêté du 7 septembre 2009, articles 2 à 4). Renommer la société ou déménager le siège suppose un arrêté modificatif.

Le récépissé de transport de déchets vient ensuite. Au-delà de 0,1 tonne de déchets dangereux par chargement, ou de 0,5 tonne de déchets non dangereux, la société se déclare au préfet et reçoit un récépissé quinquennal, dont une copie reste à bord de chaque engin. Un combiné de dix mètres cubes dépasse ces seuils à chaque tournée, donc la déclaration est systématique.

Si vous exploitez votre propre plateforme de dépotage, son régime au titre des installations classées entre aussi dans le dossier. Une cession de titres ne change pas d’exploitant : rien à déclarer de ce côté. En cession de fonds, le repreneur devient exploitant, il déclare le changement au préfet dans les trois mois, et il doit obtenir une autorisation quand l’installation est soumise à garanties financières.

Le choix entre titres et fonds se joue surtout sur les marchés publics. Un rachat de titres ne change pas le titulaire du marché, la société signataire demeurant la même, et il n’y a donc rien à transférer. Une cession de fonds ne transmet pas vos marchés de plein droit : l’article R. 2194-6 du code de la commande publique encadre ce changement de titulaire, chaque acheteur public donnant son accord et vérifiant les capacités du repreneur. La pièce à sortir est la liste de vos marchés avec leur terme, leur montant notifié et l’acheteur public signataire.

Qui achète des entreprises d’assainissement en France

SARP, la filiale assainissement de Veolia, a racheté OSIS à Suez, rachat autorisé le 28 avril 2021 sous condition de cession de huit agences. Ce rachat a dessiné la carte actuelle du métier.

Séché Environnement achète à toutes les échelles. En juin 2025, promesse unilatérale d’achat sur le groupe Flamme, qui réunit A.R.F., Flamme Environnement et Flamme Assainissement dans les Hauts-de-France et en Belgique, 100 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2024. Ce périmètre mêle assainissement et traitement de déchets dangereux : il ne se compare pas à une entreprise de curage.

En juillet 2022, le même groupe reprenait Assainissement 34, à Béziers, 4 millions d’euros de chiffre d’affaires sur le contrôle et l’entretien de réseaux, 40 salariés.

Les plateformes financées par un fonds achètent pour compléter une zone. Le groupe Goiran, affaire familiale des Alpes-Maritimes, vidange de fosses et curage de réseaux, a été racheté par le groupe Snadec le 9 janvier 2026, Snadec étant accompagné à son capital par LFPI et Amundi.

En dessous de quelques millions d’euros, ce sont les réseaux d’enseignes qui achètent. SARC Assainissement, à Areines dans le Loir-et-Cher, travaille le curage et la vidange de réseaux pour 1,3 million d’euros de chiffre d’affaires en 2024. Sa reprise par le réseau Servimo a été annoncée le 17 novembre 2025.

C’est votre taille qui trie les acquéreurs. Une société d’une ou deux unités intéresse les réseaux et les repreneurs individuels, les groupes nationaux de l’eau regardent celles qui ont plusieurs agences et un encadrement qui tient sans le dirigeant. Un fonds entre en direct quand la société vend un procédé plutôt que des tournées, comme Quaero Capital rachetant Nereus Water, dans l’Hérault, le 4 mars 2025.

Le prix, le crédit-bail et l’âge du parc

Le point de départ est l’excédent brut d’exploitation des derniers exercices, retraité. On y rajoute votre rémunération, puis on en retire le coût d’un directeur d’exploitation au prix du marché, puisque vous partez. Élargissez la fenêtre à cinq exercices, un cycle de marchés publics durant plus de trois ans, et traitez à part 2020, pour les chantiers arrêtés, et 2022, pour le prix du gazole.

Le crédit-bail des hydrocureurs se compte deux fois si personne ne vérifie le tableau de passage. En comptes sociaux, les redevances figurent en autres charges externes, donc déjà déduites au-dessus de l’excédent brut d’exploitation. Choisissez entre réintégrer les redevances dans l’EBE retraité et porter le capital restant dû en dette financière nette, ou laisser les redevances en charges et ne pas retenir cette dette. Le tableau de passage doit dire lequel a été retenu.

Le même tableau porte des lignes qui échappent au premier calcul. Certains contrats de crédit-bail, et vos concours bancaires, portent une clause de changement de contrôle qui fait entrer le prêteur dans la boucle même en cession de titres : relisez-les un par un. Et l’écart entre la valeur résiduelle d’un combiné en fin de contrat et la cote d’un matériel du même âge ne figure dans aucun compte. Le besoin en fonds de roulement normatif pèse enfin autant que la dette, avec ses situations à valider et sa retenue de garantie.

Un euro de marché public et un euro de clientèle privée ne valent pas le même multiple. Le marché donne du volume jusqu’à son terme, puis aucun droit au renouvellement, et les prix y sont tirés. Sur la clientèle privée la marge est meilleure, à condition d’être contractualisée : une intervention de débouchage commandée par téléphone ne pèse rien dans la valeur, et un accord-cadre à bons de commande sans minimum ne garantit aucun volume.

La barrière à l’entrée du métier, c’est d’abord le débouché : l’agrément suppose de justifier d’un accès à une filière, et toutes les stations n’acceptent pas ces matières à un prix supportable. Le prix d’un combiné neuf compte ensuite, puis les conducteurs, avec permis C ou CE et FCO à jour, certificat ADR pour le transport de matières dangereuses, habilitation CATEC pour le travail en espace confiné. Ce tableau d’habilitations arrive dans la liste de pièces juste après les agrégats financiers, et l’auditeur le recoupe avec les plannings de tournée du dernier exercice.

Bordereaux, Trackdéchets et bons de dépotage

Les matières de vidange d’assainissement non collectif gardent le bordereau en trois volets et le registre classé par dates, conservé dix ans. Les déchets dangereux passent par le registre national des déchets, le téléservice que les exploitants appellent Trackdéchets, où collecteurs et transporteurs transmettent par voie électronique dans le mois suivant l’opération. Cet export sur trois ans figure aujourd’hui dans la liste de pièces.

Le bilan d’activité de vidange part au préfet avant le 1er avril, avec les quantités dirigées vers chaque filière et l’attestation signée par le responsable de chacune. L’auditeur rapproche ces tonnages des bons de dépotage et des tickets de pesée.

Nous lisons les conventions de dépotage deux fois, pour leur durée résiduelle puis pour le prix à la tonne. Une station qui ferme son poste ou double son tarif change l’économie d’une tournée. Une convention qui s’arrête dans huit mois justifie à elle seule une révision de prix après la lettre d’intention, et sa durée résiduelle figure dans la liste de pièces.

L’acquéreur contrôle ensuite le taux de cotisation accidents du travail et la convention collective appliquée. Sur le parc, il veut l’âge moyen, les heures de prise de force, les derniers contrôles techniques poids lourds et les épreuves périodiques des citernes. Si vos agences appartiennent à votre SCI, le bail et son loyer sont à régulariser avant l’ouverture du dossier.

Préparer la vente deux à trois ans avant

Commencez par la date de validité de votre agrément. Quand la demande de renouvellement parvient au préfet six mois au moins avant cette date, l’agrément initial reste valable jusqu’à la notification de la décision. Si l’échéance tombe pendant les négociations, la signature peut être conditionnée à la notification, ou une part du prix bloquée chez un tiers jusqu’à réception de l’arrêté.

Le calendrier de vos marchés compte autant. Vendre juste après en avoir regagné trois ne donne pas le même prix que vendre six mois avant de les remettre en jeu : nous regardons donc l’échéancier des marchés avant de fixer une date de lancement.

Regardez ensuite qui signe quoi : les bordereaux pendant vos congés, le renouvellement des conventions de dépotage, la relation avec les services techniques des communes. Si votre nom revient aux trois, la dépendance au dirigeant passe devant le prix dans la négociation. Un diagnostic de cession fixe l’ordre dans lequel ces signatures passent à votre responsable d’exploitation, délégation de signature et habilitations comprises.

Votre fiscalité personnelle demande plus d’avance encore. Abattement du dirigeant partant à la retraite, apport-cession, interposition d’une holding : tous supposent des durées d’exercice, des seuils de détention et un calendrier de cessation de fonctions, que nous détaillons dans notre article sur la fiscalité de la cession. Ces délais courent sur plusieurs années, et la date de liquidation de vos droits à la retraite entre dans le calcul.

La réforme du 26 mai 2026 a changé la règle sociale. L’information préalable des salariés de l’article L. 23-10-1 du code de commerce ne vise plus que les sociétés sans obligation de comité social et économique : un mois au moins avant la vente d’une participation majoritaire, sous une amende civile pouvant atteindre 0,5 % du montant de la vente. Au-dessus du seuil, le passage obligé devient l’information-consultation du comité social et économique, dont l’acheteur demandera le procès-verbal.

Ce qui fait reculer un acheteur

Un agrément arrivé à échéance sans demande de renouvellement déposée fait reculer un repreneur plus sûrement qu’un mauvais résultat. Un récépissé de transport périmé produit le même effet, puisqu’un contrôle routier le relève. Pour les matières classées dangereuses au transport, les pièces de l’ADR comptent autant : formation des conducteurs, conseiller à la sécurité désigné, épreuves des citernes. Les tournées de fosses n’en relèvent pas, l’hydrocurage industriel peut en relever.

Le tonnage réel supérieur à la quantité maximale annuelle de l’agrément est le sujet le plus gênant, parce qu’il apparaît dans le bilan d’activité que vous avez signé. Une filière utilisée sans convention de dépotage signée pose le même problème.

Les offres baissent aussi pour des raisons économiques : un contrat de collectivité dont la perte ferait passer la société sous son seuil de rentabilité, des loyers de crédit-bail qui courent sur des véhicules à remplacer, une enveloppe de renouvellement de parc que l’excédent brut d’exploitation ne montre pas. Quand le site porte en plus un passif de sol que personne n’a chiffré, le sujet part dans la garantie d’actif et de passif, par laquelle vous remboursez l’acheteur si un passif ancien ressort après la vente. L’étude historique et le diagnostic de sol, qui couvrent les cuves enterrées, le séparateur à hydrocarbures et l’aire de lavage, passent avant l’ouverture de la data room, l’espace documentaire où l’acheteur lit vos pièces.

Une délégation de service public reste rare à cette échelle, ces services étant délégués aux grands groupes de l’eau ou gérés en direct par la collectivité. Si vous en détenez une, son échéance, le sort des biens de retour et l’accord de la collectivité sur le changement de contrôle passent avant la discussion de prix.

Les questions qui reviennent dans nos rendez-vous

Mon agrément de vidange part-il avec la société ?

Il reste attaché à la personne morale qui l’a obtenu, et une cession de titres ne le déplace pas. L’acquéreur d’un fonds dépose son propre dossier, instruit dans les trois mois.

Mes marchés publics sautent-ils si je vends mes titres ?

Non, la société titulaire reste la même et le marché continue. En cession de fonds, chaque acheteur public doit accepter le transfert et vérifier les capacités du repreneur. Certaines conventions imposent aussi d’informer la collectivité d’un changement de contrôle.

Combien je touche vraiment le jour de la signature ?

Rarement la totalité. Une part du prix peut être bloquée en séquestre au titre de la garantie, une autre prendre la forme d’un crédit vendeur ou d’un complément de prix. Chaque offre doit chiffrer ces lignes séparément.

L’acheteur va-t-il me demander de rester ?

Dans une société où le dirigeant tient les relations avec les collectivités et les conventions de dépotage, oui. La durée entre dans la négociation de prix, et la forme juridique de cette présence pèse sur votre impôt : un contrat de travail et une mission non salariée n’ont pas les mêmes conséquences sur l’abattement du dirigeant partant à la retraite.

Combien vaut une entreprise d’assainissement ?

La fourchette sort au premier rendez-vous, sur la base de dossiers comparables. Elle bouge trop avec la part de récurrent, l’âge du parc et la dépendance au dirigeant pour figurer sur une page publique. Ce que vous pouvez préparer seul, c’est la matière qui la détermine : les cinq derniers EBE retraités, la liste du parc avec âge et kilométrage, le tableau des marchés avec leur terme.

Cet article décrit des règles générales et ne remplace pas l’avis de votre conseil juridique, de votre expert-comptable ni celui de votre préfecture.

Sources : arrêté du 7 septembre 2009 sur l’agrément des vidangeurs d’assainissement non collectif ; code de l’environnement, articles R. 541-43, R. 541-50 à R. 541-54 et R. 181-47 ; code de commerce, article L. 23-10-1 issu de l’article 22 de la loi n° 2026-403 du 26 mai 2026 de simplification de la vie économique ; code de la commande publique, article R. 2194-6 ; décision de l’Autorité de la concurrence du 28 avril 2021 ; Fusacq, groupe Flamme du 20 juin 2025, Assainissement 34 du 13 juillet 2022, SARC Assainissement du 17 novembre 2025, Nereus Water du 4 mars 2025 ; communiqué Snadec du 9 janvier 2026.

Donnez votre chiffre d’affaires et la part de vos marchés publics, vous aurez ce que nous observons sur des dossiers comparables : Échangeons en toute confidentialité.

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Comment vendre son groupe de crèches en 2026 ? https://www.monprojetpme.fr/comment-vendre-son-groupe-de-creches/ Fri, 23 Oct 2026 07:58:00 +0000 https://www.monprojetpme.fr/?p=9476 Arrêtés d'autorisation, régime de financement, accord du département : ce qui commande le prix et le calendrier d'une cession de crèches.

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Un acheteur réclame vos arrêtés d’autorisation avant votre liasse fiscale. Depuis le décret n° 2025-304 du 1er avril 2025, chaque arrêté porte une date de fin de validité et vaut quinze ans (article R. 2324-20-3 du code de la santé publique). Si vous reprenez le fonds plutôt que les titres, le repreneur doit en outre obtenir du président du conseil départemental un accord de modification du titulaire, et ce délai commande le calendrier de l’opération.

À échéances proches, un réseau ne vaut pas le prix d’un réseau dont les autorisations courent encore plusieurs années, et le repreneur le chiffre. Nous demandons donc, au premier rendez-vous, un arrêté par établissement, la convention d’objectifs et de financement signée avec la caisse d’allocations familiales, les courriers d’échéance du département et, s’il y en a, les conventions de délégation de service public.

Article mis à jour en 2026.

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L’autorisation vaut quinze ans et elle porte le nom du gestionnaire

L’arrêté reçu du département comporte quinze mentions, énumérées à l’article R. 2324-20 du code de la santé publique, modifié par le décret n° 2026-731 du 1er août 2026. La première est le nom du gestionnaire, la deuxième la date de fin de validité. Le même 1° ajoute que l’arrêté nomme l’autorité publique contractante quand la structure tourne dans le cadre d’une délégation de service public ou d’un marché public.

C’est cette mention qui nous fait regarder, au premier rendez-vous, si l’opération portera sur les titres ou sur le fonds. Un rachat de titres laisse l’organisme gestionnaire en place, et l’autorisation ne change pas de main. Il ne vous dispense pas pour autant de relire chaque convention de délégation : ces contrats comportent une clause de changement de contrôle, qui impose une information préalable de la collectivité et ouvre parfois à celle-ci une faculté de résiliation. Un rachat de fonds ou de branche, lui, change le gestionnaire, et il faut alors l’accord du département par établissement, celui de chaque collectivité sur son contrat, une nouvelle convention avec la caisse par structure, celui de chaque bailleur sur la cession de bail et la mainlevée des nantissements. Sortez la liste de vos délégations, marchés et baux avant d’arbitrer.

Du côté du département, la procédure figure à l’article R. 2324-24-2 : le cessionnaire adresse une demande de modification du titulaire, préalablement au changement de gestionnaire. Le département peut réclamer des pièces complémentaires dans le mois, et c’est à compter d’un dossier qu’il a reconnu complet que son silence d’un mois vaut accord. Une liste de pièces manquantes fait repartir le compteur, ce qui se paie cher sur un calendrier déjà signé.

Le département peut refuser. La modification est accordée au cessionnaire qui apporte les garanties d’une gestion respectant l’autorisation de création, ce qui lui laisse une appréciation réelle sur un repreneur sans antériorité dans le métier. Aucun acquéreur ne signera d’ailleurs sur un accord tacite : la demande devient une condition suspensive du protocole, et le cessionnaire a besoin d’un écrit. L’accord obtenu, le département revient sur place, le III de l’article R. 2324-23 prévoyant une visite dans les douze mois avec le concours d’un médecin, d’une puéricultrice ou d’un éducateur de jeunes enfants de la protection maternelle et infantile.

Les arrêtés délivrés avant la réforme ne portaient pas d’échéance. Le décret du 14 janvier 2026 leur en attribue une, par un tableau annexé à l’article D. 2324-24-2-1. Le département doit en outre vous écrire entre vingt-quatre et douze mois avant la date : ce courrier est la pièce qui datera votre calendrier de vente.

Micro-crèches en Paje, crèches en PSU : deux modèles dans le même réseau

La capacité ouvre la porte, elle ne décide de rien. Une micro-crèche, c’est-à-dire un établissement de douze places au plus, peut être conventionnée en prestation de service unique comme n’importe quelle crèche collective, ou rester hors convention, les familles percevant alors le complément de libre choix du mode de garde que le métier appelle le mode Paje. Au-delà de douze places, la question ne se pose pas. Dans un réseau mixte, l’acheteur demande donc deux comptes d’exploitation séparés, un par régime de financement.

En prestation de service unique, la caisse verse au gestionnaire et les familles paient selon un barème national. La prestation et la participation des familles couvrent ensemble les deux tiers d’un coût de référence plafonné, d’après la fiche repère de la Caisse nationale des allocations familiales de février 2025 : tout ce que votre prix de revient dépasse ce plafond reste à votre charge ou à celle de la commune. Le rapport de l’Inspection générale des finances et de l’Inspection générale des affaires sociales de janvier 2024 chiffre à 34 % au moins la part laissée à un cofinanceur, commune ou employeur, qu’aucun texte n’y oblige. L’acheteur lit donc votre convention d’objectifs et de financement et vos conventions communales juste après l’arrêté, et il regarde si vos deux derniers exercices ont été régularisés par la caisse.

En mode Paje, la caisse ne verse rien au gestionnaire : elle aide la famille, et vous fixez votre grille. Sous une limite, cependant, qui est un prix de vente maximum de fait. Au-delà de dix euros l’heure facturée au contrat d’accueil, montant indiqué pour janvier 2025 par la fiche repère de la Cnaf, la famille perd son complément pour le mois concerné. Le même rapport des deux inspections relève que la micro-crèche en Paje est le mode d’accueil collectif le plus coûteux pour les familles. Ce plafond bouge moins vite que vos salaires, et c’est de cet écrasement de marge qu’un acheteur se méfie : sortez vos grilles tarifaires des trois derniers exercices.

Basculer une micro-crèche de la Paje vers la prestation de service unique après l’opération reste possible, mais comptez plus d’un an. Augmenter vos tarifs à l’intérieur de la même grille n’est pas une transformation ; changer de régime en est une, parce que les modalités de tarification aux familles figurent au 5° de l’arrêté et que le II de l’article R. 2324-24 classe un tel changement parmi les transformations. La procédure complète suppose alors un avis préalable de la commune, qui dispose de quatre mois, puis trois mois d’instruction pour le département, soit sept mois au mieux. Et l’arrêté n’est pas l’obstacle principal : il faut d’abord que la caisse accepte de vous conventionner.

À qui se vend un groupe de crèches aujourd’hui

Les acquéreurs de cette taille de dossier sont des réseaux régionaux de dix à cinquante structures, qui rachètent une à trois crèches à la fois, parfois avec un fonds derrière eux. Les opérations ci-dessous ont toutes été annoncées sur Fusacq, avec leur date.

La Piccolina des Chérubins est passée sous le contrôle de Do Ré Mi Crèches, annonce du 14 septembre 2026. Trois mois plus tôt, à Gouzeaucourt dans les Hauts-de-France, le réseau Minilions a repris la micro-crèche Les Petits Poneys et compte maintenant une quinzaine de sites entre l’Île-de-France, l’Oise et le Nord (5 juin 2026).

Reims, juin 2025 : les fondateurs de Pati-Crèche ont cédé leurs trois structures à Douce Enfance, qui monte ainsi à onze établissements sur le Grand Est. En Seine-Saint-Denis, Chifoumi Crèches avait racheté quelques mois plus tôt les deux micro-crèches Mini Montessori, opération du 14 février 2025.

Au-dessus de cette taille, un fonds entre au capital de l’acheteur et le calendrier n’est plus le sien. Berceau des Rois a rapproché son réseau de celui des P’tits Babadins avec l’appui d’Adaxtra Capital, pour un ensemble de plus de 180 micro-crèches, et la dette privée a été arrangée par Alantra (14 février 2024). Le choix se présente alors dans les mêmes termes que pour une vente à un fonds ou à un industriel, avec une réserve de calendrier, parce qu’un comité d’investissement statue à ses dates. Rigolo Comme La Vie, filiale du groupe Idkids et ses 62 structures, a de la même façon accueilli le fonds belge M80 Partners en juillet 2024.

Comment un réseau calcule le prix de vos berceaux

Tout le monde parle en euros par berceau, c’est-à-dire par place d’accueil autorisée, et aucune statistique publique ne donne ce prix. Un acheteur raisonne sur l’excédent brut d’exploitation des derniers exercices, retraité de votre rémunération et des charges qui ne suivront pas l’entreprise, auquel il applique un multiple. Le prix au berceau que vous entendrez citer est le résultat de ce calcul divisé par votre capacité, pas son point de départ.

Ce multiple monte quand le chiffre d’affaires est contracté d’avance. Des berceaux réservés par des employeurs sous convention pluriannuelle valent plus que des places vendues aux familles au mois, et c’est ce qui a intéressé Les Jeunes Pousses, réseau de micro-crèches d’entreprise, quand il a repris Flexi Baby à Cherbourg-en-Cotentin (opération relevée le 22 mai 2026). Vos conventions de réservation et leurs échéances sont la deuxième pièce que réclame un acheteur.

Sur le remplissage, l’arrêté porte deux lignes distinctes, la capacité autorisée et la capacité maximale d’accueil qui en découle. L’article R. 2324-27 autorise en effet un accueil en surnombre jusqu’à 115 % de la capacité autorisée, à condition que le taux d’occupation hebdomadaire reste sous 100 % de la capacité horaire, que les règles d’encadrement soient tenues à tout instant et que le règlement de fonctionnement décrive cette organisation. Un réseau qui plafonne à 78 % laisse donc de la place sur la table, et l’acheteur le voit. En prestation de service unique, il regarde en plus le rapport des heures facturées aux heures réalisées, qui commande votre prestation et se solde à la régularisation annuelle. Vos états de présence mensuels et vos déclarations de données d’activité sur trois exercices sont les pièces qui tranchent.

Un deuxième calcul, moins visible, porte sur les places qu’il pourra ajouter. Toute augmentation de capacité est une extension au sens du I de l’article R. 2324-24 et repasse par la procédure d’autorisation complète, locaux et encadrement compris. Un acheteur qui lit de la surface disponible au 7° de vos arrêtés en paie une partie d’avance.

La dépendance au dirigeant fait baisser le prix. Dans bien des réseaux de cette taille, la fondatrice est encore retenue comme directrice de l’une des structures au titre de sa qualification, et c’est elle que la protection maternelle et infantile appelle. Le 11° de l’arrêté dit si la personne qui dirige un établissement exerce la même fonction ailleurs. L’acheteur lit ce 11° avant les contrats de travail.

L’audit porte sur les plannings, les registres et les arrêtés

La data room, l’espace où vous mettez à disposition les pièces demandées, contient ici autant d’administratif que de comptable. Le premier rapprochement de l’acquéreur confronte les capacités autorisées et les présences enregistrées, mois par mois, sur deux ou trois exercices.

En Paje, l’examen se fait contrat d’accueil par contrat d’accueil, parce qu’une moyenne par structure masque précisément celui qui dépasse le plafond horaire. Une famille privée de son complément paie moins ou s’en va, et un acquéreur chiffre ce risque sur les douze derniers mois. Préparez donc vos grilles tarifaires et vos contrats d’accueil, sans les agréger.

Vient ensuite l’encadrement, qui est le vrai sujet opérationnel. L’acheteur compare la composition de l’équipe pluridisciplinaire inscrite au 15° de l’arrêté, exprimée en équivalent temps plein et par qualification, avec vos plannings réels et votre registre du personnel. Il regarde aussi la proportion de professionnelles diplômées, et c’est pourquoi la décision du Conseil d’État du 27 mai 2026 compte : en annulant l’abrogation du III de l’article R. 2324-46-5 du code de la santé publique, elle a maintenu la possibilité de compter dans l’équipe certaines professionnelles non titulaires d’un diplôme de la petite enfance.

Sortez aussi le rapport de la dernière visite de contrôle du département, menée au titre de l’article L. 2324-2. Il a une valeur directe pour l’acheteur, parce qu’une visite sans observation dans les vingt-quatre mois précédant une demande de renouvellement dispense de la visite préalable à ce renouvellement (II de l’article R. 2324-23). Joignez le registre de sécurité et le dernier avis de la commission de sécurité de chaque site. Ce que l’audit trouve finit dans les déclarations de la garantie d’actif et de passif, et le cas échéant dans un séquestre, cette part du prix bloquée chez un tiers le temps de la garantie.

Ce qui fait baisser le prix, et comment on le corrige avant

La première correction porte sur les échéances. L’article R. 2324-20-2 rend la demande de renouvellement recevable jusqu’à neuf mois avant la date inscrite à l’arrêté, ce qui veut dire qu’un réseau mis en vente dix-huit mois avant l’une de ses échéances a le temps de la traiter, et qu’un réseau mis en vente six mois avant ne l’a plus. Dans ce second cas, l’acheteur demandera une retenue sur le prix ou un complément de prix conditionné, c’est-à-dire une fraction payée plus tard si le renouvellement est obtenu. Le classement de vos arrêtés par ordre d’échéance est donc la première pièce de votre calendrier de vente.

La deuxième correction porte sur votre propre place. Faire monter une directrice de réseau, lui transférer les relations avec la protection maternelle et infantile et avec les employeurs qui réservent des berceaux, prend un exercice complet. C’est l’objet d’un diagnostic de cession conduit un à deux ans avant la mise en vente. Le jour où l’acheteur appelle, c’est son nom qui doit figurer sur les conventions de réservation et sur les courriers du département.

Le recrutement est le sujet que les acheteurs regardent en premier dans ce métier. Avant votre taux d’occupation, ils veulent savoir combien de places autorisées vous n’ouvrez pas faute de personnel, et ce chiffre a plus d’effet sur le prix que votre dernier exercice. Côté procédure, une cession de titres ne déclenche pas par elle-même la consultation du comité social et économique : celle-ci vise la modification de l’organisation juridique ou économique de l’entreprise, donc plutôt une cession de fonds ou de branche, cas dans lequel joue aussi l’information préalable des salariés. Faites trancher ce point par votre avocat avant d’arrêter le rétroplanning, et préparez comme toute communication salariée en cession l’historique des départs et des embauches sur trois exercices.

Un dernier facteur joue, et vous ne le maîtrisez pas. Une proposition de loi contre les dérives de la marchandisation de la petite enfance a été déposée au Sénat le 11 septembre 2026 sous le numéro 945, son titre II portant sur le contrôle des fonds publics versés aux groupes privés. Ce texte n’est pas adopté et aucune de ses mesures n’est applicable, mais les acheteurs adossés à un fonds en tiennent compte dans leurs hypothèses de sortie.

Questions de dirigeants de crèches

Dois-je prévenir le département avant de signer ?

La démarche ne vous incombe pas. L’article R. 2324-24-2 met la demande de modification du titulaire à la charge de l’organisme cessionnaire, et elle doit être adressée préalablement au changement de gestionnaire. Si l’opération porte sur les titres de votre société, le gestionnaire ne change pas et cette demande n’a pas lieu d’être. Le département reste informé, en revanche, des changements qui touchent la direction ou la composition de l’équipe, par le formulaire auquel renvoie l’article R. 2324-24-1.

Combien vaut mon groupe de crèches ?

Pas de réponse sans vos comptes. On part de l’excédent brut d’exploitation retraité des trois derniers exercices, et on applique un multiple qui monte avec la part de berceaux sous convention d’entreprise et avec l’échéance restant à courir sur les arrêtés, et qui descend quand le réseau dépend de votre présence ou quand les loyers pèsent. Les premières pièces à sortir sont vos arrêtés d’autorisation, la convention d’objectifs et de financement et les états de présence mensuels sur trois exercices.

Vaut-il mieux vendre les titres ou les fonds de commerce ?

Pour un réseau de crèches, la cession de titres évite la demande de transfert d’autorisation, puisque la personne morale titulaire reste la même. Elle ne vous dispense pas de relire les clauses de changement de contrôle de vos conventions publiques, qui imposent souvent une information de la collectivité. La vente d’un fonds ou d’une branche déclenche, elle, la procédure de l’article R. 2324-24-2, oblige à réinstruire la convention avec la caisse structure par structure, et fait jouer l’article L. 1224-1 du code du travail sur le transfert des contrats de travail. Nous déconseillons la cession de fonds dès qu’une délégation de service public est en jeu, parce que les locaux et une partie des équipements y appartiennent à la commune.

Mon autorisation expire dans deux ans, faut-il attendre le renouvellement ?

Non, mais déposez la demande avant d’ouvrir le processus. À deux ans de l’échéance vous êtes dans la fenêtre utile, puisque le dépôt reste recevable jusqu’à neuf mois avant la date, et un renouvellement obtenu repart pour quinze ans (article R. 2324-20-3). Le renouvellement ne gèle pas tout pour autant, et un acheteur continuera de regarder vos baux, l’état de vos locaux et le dernier avis de votre commission de sécurité.

Les parents vont-ils l’apprendre avant la signature ?

Pas par nous. Chaque candidat signe un accord de confidentialité avant de recevoir le nom et l’adresse de vos structures, ce qui limite le risque plus qu’il ne le supprime, car les directrices et les familles voient passer les visites. Après l’opération, en revanche, le changement devient visible dans le hall : la copie de la décision d’autorisation, qui porte le nom du gestionnaire, est affichée à l’entrée des locaux en application de l’article R. 2324-20-1.

Cet article décrit un état du droit au 4 octobre 2026 et ne remplace pas l’avis de votre conseil juridique, ni celui du service de protection maternelle et infantile de votre département, seul compétent sur vos autorisations.

Sources : code de la santé publique, articles L. 2324-2, R. 2324-18 à R. 2324-24-3, R. 2324-46-5 et D. 2324-24-2-1, lus sur Legifrance dans leur version en vigueur au 4 octobre 2026 ; décrets n° 2025-304 du 1er avril 2025, n° 2026-731 du 1er août 2026 et du 14 janvier 2026 ; lois n° 2023-1196 du 18 décembre 2023 et n° 2026-403 du 26 mai 2026 ; Cnaf, fiche repère Micro-crèche, février 2025 ; Inspection générale des finances et Inspection générale des affaires sociales, Micro-crèches, modèles de financement et qualité d’accueil, janvier 2024 ; Conseil d’État, 27 mai 2026, n° 504769 et 504819 ; Sénat, proposition de loi n° 945 du 11 septembre 2026 ; Fusacq Buzz des 14 septembre 2026, 5 juin 2026, 3 juin 2025, 14 février 2025, 18 juillet 2024 et 14 février 2024 ; cession-creche.fr, page du 22 mai 2026.

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Comment vendre son entreprise de sécurité privée (gardiennage) en 2026 ? https://www.monprojetpme.fr/comment-vendre-son-entreprise-de-securite-privee-gardiennage/ Thu, 22 Oct 2026 13:15:00 +0000 https://www.monprojetpme.fr/?p=9471 Ce qui décide du calendrier d'une cession de société de gardiennage : l'agrément du repreneur, la déclaration au CNAPS et l'exclusivité d'activité.

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Personne ne prend la direction d’une société de gardiennage, ni n’y devient associé, sans un agrément délivré à son nom. L’article L. 612-6 du code de la sécurité intérieure vise l’exploitant individuel comme le dirigeant, le gérant et l’associé d’une société, et quand l’acheteur est lui-même une société, l’agrément est demandé par ses dirigeants. L’article L. 612-7 le subordonne à une enquête administrative portant sur le bulletin n° 2 du casier judiciaire et sur les fichiers de police (versions en vigueur depuis le 26 novembre 2022).

La société, elle, garde son autorisation d’exercice, délivrée séparément pour l’établissement principal et pour chaque établissement secondaire (article L. 612-9). Le changement d’actionnaire se déclare au directeur du Conseil national des activités privées de sécurité dans le mois qui suit (article R. 612-10-1, en vigueur depuis le 1er mai 2022).

Article mis à jour en 2026.

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Le CNAPS instruit la demande d’agrément du repreneur

L’agrément est personnel. L’article L. 612-7 pose sept conditions, dont la nationalité d’un État de l’Union européenne ou de l’Espace économique européen, l’absence de condamnation inscrite au bulletin n° 2 du casier et une aptitude professionnelle définie par décret. Un repreneur sous interdiction de gérer ne remplit pas la condition du 4°, qui écarte les candidats visés par une décision prise dans le cadre d’une procédure collective (livre VI du code de commerce).

Le candidat qui achète les titres entre donc dans le champ de l’agrément au même titre que le futur gérant. Son dossier donne lieu à une enquête administrative, au cours de laquelle des agents du CNAPS spécialement habilités peuvent consulter les fichiers de la police et de la gendarmerie nationales.

La cession modifie ensuite les statuts, la liste nominative des dirigeants et la répartition du capital, parfois aussi l’adresse du siège. L’article R. 612-5, dans sa rédaction issue du décret n° 2024-311 du 4 avril 2024, fait figurer ces éléments dans la demande d’autorisation. Vous déclarez ces changements au directeur du CNAPS dans le mois, statuts modifiés et nouvelle répartition du capital à l’appui.

Nous inscrivons l’agrément du repreneur en condition suspensive, au même rang que le financement et avec une date butoir, puisque le délai d’instruction ne dépend ni du vendeur ni de l’acheteur. Le directeur du CNAPS peut aussi suspendre un agrément déjà délivré pour une nécessité tenant à l’ordre public (article R. 612-4, version en vigueur depuis le 17 juillet 2025).

Où en est la consolidation du gardiennage en France

Le groupe BSL a racheté 100 % des titres d’Atlas Sécurité Privée, opération finalisée le 2 juin 2025. Atlas, installée à Isneauville près de Rouen, avec des implantations à Caen, au Havre, à Angers et à Nantes, affichait 34 M€ de chiffre d’affaires et 1 500 personnes, chiffres donnés à la fois par Fusacq le 17 juin 2025 et par le conseil en financement de l’acquéreur le 26 juin. Le fondateur, Stéphane Chergui, est entré au capital de la holding pour quatre ans.

BSL, dont BNP Paribas Développement détient une part du capital, a payé par de la dette bancaire assortie d’une ligne de crédit dédiée aux investissements, montée avec BNP, le CIC et la Bred (Largillière Finance, 26 juin 2025). Ce mélange d’acheteur du métier et d’argent de fonds d’investissement se retrouve dans la plupart des opérations citées ici.

Inorix, installé à Bordeaux, a repris SARI Sécurité, dont le siège est à Dijon : une société de surveillance humaine, de télésurveillance et de télévidéosurveillance de plus de 80 collaborateurs. Le repreneur a créé dans la foulée une filiale technologique nommée Inorix Vision (Fusacq, 26 juin 2025).

Onet Luxembourg a racheté Seris Luxembourg, environ 250 agents en gardiennage, rondes et sécurité événementielle au Grand-Duché (Protection Sécurité Magazine, 25 novembre 2025).

Securitas a cédé sa division aéroportuaire française à WO Group, structure portée par le management de la filiale, dans un montage étalé sur cinq ans (Protection Sécurité Magazine, 14 janvier 2025).

Astorg a pris une participation majoritaire dans Barkene auprès de Montefiore Investment. Barkene regroupe de la sécurité électronique, de la sécurité incendie, des portes automatiques et de la télésurveillance, et dépassait 110 M€ de chiffre d’affaires en 2025. Le fondateur Richard Weihart et son équipe réinvestissent aux côtés du fonds (Protection Sécurité Magazine, 8 avril 2026).

Comment ces acheteurs calculent le prix

Un acheteur part de l’excédent brut d’exploitation des trois derniers exercices, après avoir remplacé la rémunération du dirigeant par le coût d’un salarié qui ferait le même travail, calcul que notre page valorisation reprend pas à pas. Un portefeuille de contrats pluriannuels avec clause de révision des prix soutient le multiple appliqué à cet agrégat. La première question à préparer est donc celle du nombre de contrats renégociables dans les douze mois qui suivent la vente.

La marge se recalcule ensuite pour chaque site : taux horaire facturé au client, coût chargé de l’heure de vacation, majorations de nuit et de dimanche, heures réellement tenues face aux heures vendues. Un site sans marge n’ajoute rien au prix, même quand il porte le nom d’un client connu. La pièce à sortir du tiroir est le compte d’exploitation des cinq plus gros sites sur le dernier exercice.

Suivent la durée de chaque contrat, le préavis et la clause de révision des prix. Sans indexation sur la masse salariale conventionnelle, chaque revalorisation de la grille rogne la marge jusqu’à l’échéance. Une prestation facturée sans contrat écrit à jour compte pour peu dans le prix, et les avenants correspondants se signent avant d’ouvrir les discussions.

La vacation pure vaut moins cher que la télésurveillance et l’installation, dont les revenus sont contractuels et moins exposés au coût du travail. Deux sociétés au même chiffre d’affaires se vendent donc à des prix différents selon le mélange de leurs activités. C’est sur ce segment technique qu’Astorg est entré en rachetant Barkene.

Ce que l’auditeur cherche dans les plannings

Dans ce métier, le volet social de l’audit pèse autant que l’examen des comptes, et il part des plannings. Les heures vendues, les heures pointées et les heures payées sont comparées sur douze mois, à la recherche des écarts qui se répètent : heures supplémentaires non majorées, temps d’habillage non payé. Ces écarts se chiffrent en rappels de salaire et de cotisations, que l’URSSAF peut réclamer sur les exercices encore ouverts à son délai de reprise.

Un agent sans carte professionnelle valide ne doit pas être envoyé sur un site, et l’article L. 612-7 rappelle que les dirigeants qui exercent effectivement l’activité détiennent eux aussi la carte prévue à l’article L. 612-20. Les rapports de contrôle du CNAPS des derniers exercices et les suites qui leur ont été données entrent dans la data room, le dossier de pièces mis à disposition de l’acheteur.

La part du chiffre d’affaires exécutée par des tiers se mesure ensuite, si ces tiers sont autorisés, et ce que disent les contrats clients d’une sous-traitance non déclarée. Un rachat de titres ne change pas le titulaire d’un marché public, qui reste la même société. En cession d’actifs, en fusion ou en apport, le changement de titulaire passe par une modification du marché fondée sur l’article R. 2194-6 du code de la commande publique, réservé aux restructurations du titulaire.

L’exclusivité d’activité dicte la forme de l’opération

L’article L. 612-2 du code de la sécurité intérieure, dans sa version en vigueur depuis le 2 mars 2017, pose que l’exercice de la surveillance et du gardiennage est exclusif de toute autre prestation de services non liée à ces activités. La surveillance armée et la protection physique des personnes sont, elles, exclusives de toute autre activité.

Un groupe de propreté et de maintenance, ce que le métier appelle le facility management, ne peut donc pas fusionner la société de gardiennage qu’il achète avec celle qui porte ses autres prestations. Il achète les titres et la société garde son autorisation d’exercice. Chez BSL, Atlas est restée une société distincte, ses équipes opérationnelles conservant leur autonomie et le groupe reprenant les fonctions support (Fusacq, 17 juin 2025).

La vente du fonds de commerce pose le même problème. L’entité qui reprend l’activité demande sa propre autorisation, pour l’établissement principal comme pour chaque agence, et elle ne peut exploiter aucun site avant de l’avoir obtenue. L’article L. 612-9 ne prévoit aucun transfert d’autorisation d’une personne morale à une autre : la date de signature se fixe donc après avoir fait confirmer le délai d’instruction en cours par la délégation territoriale du CNAPS.

Préparer le dossier avant d’ouvrir les discussions

Le premier point à reprendre, ce sont les déclarations en retard, que notre diagnostic de cession inventorie. Un gérant remplacé il y a trois ans, un siège transféré, une agence ouverte sans déclaration : chacun devait être déclaré dans le mois (article R. 612-10-1). Ces oublis se rattrapent avant la mise à disposition des pièces, sinon ils reviennent dans le contrat sous forme de garantie particulière.

Quand un seul donneur d’ordre pèse une part importante du chiffre d’affaires, l’acheteur chiffre le risque de le perdre et le prix en tient compte. Même effet quand le dirigeant tient seul les relations commerciales et les renégociations annuelles. Si plusieurs dossiers prud’homaux portent sur les heures, l’acheteur demande une garantie de passif plus large et une part du prix bloquée chez un tiers, le séquestre : préparez le nombre de dossiers en cours et le montant réclamé.

Dans cette branche, la reprise du personnel joue quand un site change de prestataire, et non quand la société change d’actionnaire : un rachat de titres laisse les contrats de travail en place, et une cession d’actifs relève d’abord de l’article L. 1224-1 du code du travail. Le préambule de l’accord de branche écarte lui-même cet article et ne retient que le transfert d’un marché d’un prestataire à un autre. Elle intéresse quand même l’acheteur, parce qu’elle mesure ce qu’il perdrait en agents si un site partait à la concurrence après la reprise. L’entreprise entrante reprend 100 % des salariés transférables ayant quatre ans d’ancienneté contractuelle ou plus et 85 % des autres, arrondis à l’unité inférieure, un agent étant transférable à partir de 900 heures de vacation sur le périmètre sortant dans les neuf derniers mois et de plus de la moitié de son temps de travail sur ce périmètre (accord du 28 janvier 2011, substitué à celui du 5 mars 2002, étendu le 29 novembre 2012).

L’information préalable des salariés, prévue par le code de commerce dans sa rédaction issue de la loi n° 2026-403 du 26 mai 2026, ne concerne pas toutes les sociétés : votre conseil vous dira si la vôtre y est soumise et sous quel délai. Les agents travaillent dans les locaux du client, ce qui change la façon de parler du projet aux équipes. Un agent qui apprend la vente sur site en parle devant le donneur d’ordre.

Vendre sa société de sécurité : les questions qui reviennent

Mon acheteur doit-il être agréé avant la signature ?

Rien n’empêche de signer un protocole avant l’agrément. En revanche, ni le transfert des titres ni la prise de direction ne peuvent intervenir tant que le repreneur n’est pas agréé, puisque l’article L. 612-6 vise aussi l’associé. Dans nos dossiers, l’agrément figure parmi les conditions suspensives, avec une date butoir.

Combien vaut ma société de gardiennage ?

Le point de départ est l’excédent brut d’exploitation retraité, auquel s’applique un multiple qui dépend de la durée des contrats, de la clause de révision des prix, de la part de télésurveillance et de la marge de chaque site. Il déduit ensuite ce qu’il devra remettre en ordre après la reprise, à commencer par votre remplacement et les litiges ouverts. Nous ne donnons pas de multiple avant d’avoir lu les contrats clients et les plannings sur douze mois.

Est-ce que je peux ne vendre qu’une partie de mes sites ?

C’est possible, mais l’opération devient une cession d’actifs : le repreneur doit obtenir une autorisation d’exercice pour son établissement, principal ou secondaire, selon l’article L. 612-9, et les contrats de travail des agents affectés aux sites vendus relèvent de l’article L. 1224-1 du code du travail. Parmi les opérations citées plus haut, celles de BSL, d’Inorix et d’Astorg ont porté sur des titres.

Que deviennent les cartes professionnelles de mes agents après la vente ?

La carte professionnelle est délivrée à l’agent à titre personnel par le CNAPS, et un rachat de titres ne la remet pas en cause. Dans une reprise d’activité avec changement d’employeur, le nouvel employeur vérifie la validité de chaque carte avant d’envoyer l’agent sur un site. Le registre des cartes et de leurs dates d’échéance figure dans la liste des pièces d’audit.

Faut-il prévenir le CNAPS avant ou après la cession ?

Les deux, pour deux démarches différentes. Le repreneur dépose sa demande d’agrément avant, et le changement de répartition du capital se déclare dans le mois qui suit, selon l’article R. 612-10-1. En pratique, le délai d’instruction de l’agrément commande le calendrier : prévoyez-le avant d’annoncer une date de signature.

Ces textes ont été modifiés plusieurs fois depuis 2022 : faites valider votre dossier par votre conseil juridique, et les questions d’agrément et d’autorisation par votre délégation territoriale du CNAPS.

Sources : code de la sécurité intérieure, articles L. 612-2, L. 612-6, L. 612-7, L. 612-9, L. 612-20, R. 612-4, R. 612-5 et R. 612-10-1, versions en vigueur consultées sur Legifrance le 2 octobre 2026 ; décrets n° 2022-449 du 30 mars 2022 et n° 2024-311 du 4 avril 2024 ; Fusacq, 17 juin et 26 juin 2025 ; Largillière Finance, 26 juin 2025 ; Protection Sécurité Magazine, 14 janvier 2025, 25 novembre 2025 et 8 avril 2026 ; accord du 28 janvier 2011 sur la reprise du personnel, branche prévention et sécurité (IDCC 1351), étendu par arrêté du 29 novembre 2012, version en vigueur consultée sur Legifrance le 9 octobre 2026 ; article L. 1224-1 du code du travail ; code de la commande publique, article R. 2194-6 ; loi n° 2026-403 du 26 mai 2026.

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Comment vendre son organisme de formation en 2026 ? https://www.monprojetpme.fr/comment-vendre-son-organisme-de-formation/ Thu, 08 Oct 2026 06:45:00 +0000 https://www.monprojetpme.fr/?p=9441 Qui rachète les organismes de formation en France, comment se forme le prix selon le financeur, et ce que la cession fait au numéro de déclaration d'activité.

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La première pièce que nous demandons dans un dossier de formation est la répartition du chiffre d’affaires par financeur. Le catalogue vient après. Une habilitation électrique facturée à l’entreprise cliente et un parcours vendu sur Mon Compte Formation ne se paient pas au même prix, parce que le second dépend d’un montant révisé chaque année : la participation obligatoire du titulaire du compte est passée à 103,20 euros au 1er janvier 2026, contre 102,23 euros auparavant, par un arrêté du 30 décembre 2025.

On regarde ensuite qui détient les certifications que vous délivrez. Si le titre est inscrit à votre nom au répertoire national des certifications professionnelles, il suit la société. S’il appartient à un certificateur qui vous habilite, vous dépendez d’une convention datée.

Article mis à jour en 2026.

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Qui paie vos formations, et sur quels fonds

La ventilation porte sur trois exercices et sur trois familles de financement : l’entreprise cliente qui règle sur ses fonds propres, les fonds mutualisés et publics (opérateurs de compétences, associations Transitions pro, régions, France Travail, Caisse des dépôts pour le compte personnel de formation), et l’apprentissage.

Les groupes acheteurs regardent d’abord la part du chiffre qui vient d’une obligation réglementaire. Recyclages d’habilitation, CACES, secourisme, prévention du risque incendie reviennent à échéance fixe parce qu’un texte ou un donneur d’ordre l’impose. La plupart des rachats cités plus bas portent sur ce créneau.

À excédent brut d’exploitation égal, un organisme à dominante compte personnel de formation se négocie plus bas, parce que cette participation est revalorisée chaque année sur l’indice des prix à la consommation. Regardez quelle part de vos sessions tiendrait si le montant augmentait encore. Sur un dossier de ce profil, la liste d’acheteurs à qui nous présentons le dossier et la fourchette de valorisation ne sont pas les mêmes.

Pour l’apprentissage, les niveaux d’aide à l’embauche et les coûts-contrats ont été revus plusieurs fois depuis 2023. Un acheteur du secteur lit l’effectif apprentis mois par mois sur trois ans avant la liasse fiscale.

Qui rachète des organismes de formation en France

GO! Formations a repris le groupe Bouquinet le 5 septembre 2025 : cinq entités bretonnes, Action Formation Ouest, B2B Formation, Cifac, Cifac Pro et Formation Bouquinet, six centres ajoutés aux vingt-et-un du groupe, et une activité dont le CACES représentait environ 65 % du chiffre d’affaires. Le fondateur François Bouquinet a cédé l’intégralité de ses parts et quitté la direction. La direction opérationnelle est passée à Laetitia Pouliquen, dirigeante et actionnaire de Cifac.

Moins d’un an plus tard, le même acheteur s’implantait dans les Hauts-de-France avec Artois Formation, à Vendin-lès-Béthune, spécialiste de la conduite d’engins et des habilitations électriques. L’opération du 25 août 2026 était la huitième du groupe en un peu plus de deux ans, menée avec le fonds Activa, et le cédant Jean-François Poiteaux est resté aux opérations en réinvestissant au capital.

Valto construit la même plaque sur la formation réglementée, travail en hauteur, habilitations, secourisme et sécurité incendie. Sept organismes sont réunis sous une plateforme qui dépassait 20 millions d’euros de chiffre d’affaires, après le rachat du groupe CEPIM en juillet 2025 puis de SI Groupe et ses quatre agences, 4 millions d’euros de chiffre d’affaires, en septembre 2025. Auris Finance, conseil exclusif du cédant sur ce second dossier, décrit un modèle où les sociétés rachetées gardent leur autonomie d’exploitation et mutualisent les fonctions support.

Vivalians, implanté à Martin-Église près de Dieppe et fort de huit centres, a acquis Alcevi Formation dans l’Aube le 2 juin 2026, une dizaine de collaborateurs positionnés sur le nucléaire et le désamiantage. Le girondin Pilocap a racheté No Risk Formation, à Baillargues dans l’Hérault, le 12 mai 2026.

Desegur n’est pas un organisme de formation à l’origine. Ce groupe de certification et d’inspection, soutenu lui aussi par Activa et titulaire de cinq accréditations Cofrac, a annoncé le 12 mars 2026 le rachat de Socialys et de son réseau de plus de 80 formateurs du secteur social et médico-social. Il vendait déjà de l’audit et de la conformité aux mêmes collectivités et aux mêmes groupements hospitaliers.

Sur des dossiers plus gros, Takoma a absorbé Excellens Formation en février 2025 et H3 Education a repris Vaelia en décembre 2025. Unify Group, ex-Reworld Media, est entré dans le secteur en juin 2026 en rachetant un réseau d’écoles et d’organismes de formation continue proche de 90 millions d’euros de chiffre d’affaires. Ces trois opérations sont d’une autre taille que la vôtre. Leurs multiples circulent quand même dans les discussions avec les fonds d’investissement, qui les citent comme référence de prix.

La convention d’habilitation et sa date de fin

Un organisme peut porter lui-même une certification enregistrée au répertoire national des certifications professionnelles ou au répertoire spécifique, ou bien préparer et évaluer pour le compte d’un certificateur qui l’a habilité. Dans le second cas, votre droit de préparer et d’évaluer tient à une convention d’habilitation, dont la date de fin est écrite dedans.

Le décret n° 2025-500 du 6 juin 2025 a serré ce cadre pour les habilitations délivrées à compter du 1er octobre 2025. La convention entre le certificateur et l’organisme habilité doit préciser son objet, les certifications et blocs de compétences visés, sa période de validité, la contrepartie financière éventuelle, les conditions de recours à la sous-traitance et les moyens pédagogiques, techniques et d’encadrement à mettre en œuvre. Ces conventions figurent dans la première liste de pièces, avec leur date de fin.

L’organisme habilité à préparer doit utiliser l’intitulé exact de la certification sur Mon Compte Formation comme dans les documents transmis aux financeurs, et couvrir l’ensemble des compétences du référentiel, y compris transversales. Il respecte aussi les durées minimales et maximales, les obligations de présentiel et le nombre maximal de stagiaires par formateur fixés par le certificateur. Un manquement permet de suspendre la convention à titre conservatoire, puis de la résilier après procédure contradictoire.

Votre certificateur, de son côté, doit déclarer au directeur général de France compétences toute modification portant sur ses habilitations, dans un délai de deux mois. Vous ne pourrez donc pas le prévenir après coup : la déclaration lui incombe, dans les deux mois.

Numéro de déclaration d’activité et changement de SIREN

Le numéro de déclaration d’activité est attaché au SIREN de la personne morale. Une nouvelle personne morale reçoit un nouveau SIREN, donc un nouveau dossier de déclaration, avec les mêmes pièces qu’une création. Le numéro est attribué dans un délai de deux mois à compter du dossier complet.

Une cession de titres ne touche pas au numéro : la société continue, avec son enregistrement, ses conventions et ses contrats. Une cession de fonds ou un apport d’activité à une structure neuve oblige le repreneur à repartir d’une déclaration, et le délai d’instruction entre alors dans le calendrier de l’opération.

La certification Qualiopi est dans le même cas, puisqu’elle est rattachée au numéro d’enregistrement de la déclaration d’activité. L’article L. 6316-1 du code du travail la conditionne pour les financements publics et mutualisés. Le certificat porte ce numéro, le SIREN et l’adresse de chaque site couvert.

Un changement de dénomination, de dirigeant ou d’adresse se déclare aussi, par une déclaration rectificative en ligne dans un délai de trente jours. Le manquement constitue un délit puni d’une amende de 4 500 euros.

Préparer la vente : les pièces à sortir avant le premier rendez-vous

Le bilan pédagogique et financier se dépose au 30 avril de chaque année. Son absence, ou un bilan à zéro, expose à la caducité du numéro de déclaration d’activité, et la non-transmission constitue elle aussi un délit puni de 4 500 euros d’amende. Les trois derniers bilans sont rapprochés de la comptabilité.

Sortez le dernier rapport d’audit qualité, les non-conformités relevées, le plan d’action et la date de fin de validité du certificat. Si l’audit de surveillance tombe dans les mois qui suivent la signature, le maintien du certificat fait l’objet d’une clause de garantie particulière. Côté commercial, il faut la liste des clients avec leur chiffre sur trois exercices et les marchés publics avec leurs échéances, puis les conventions de partenariat et de sous-traitance et la part des sessions assurées par des intervenants non salariés.

Faites ce tri avant le premier contact, avec notre diagnostic de cession comme point de départ, pour voir ce qui est encore rattrapable en un ou deux exercices. Nous déconseillons de lancer une consultation avant d’avoir en main le certificat qualité à jour, les conventions d’habilitation et les contrats des formateurs permanents.

Les mauvaises surprises que révèle l’audit

Exclusivité, planning imposé, support fourni, adresse de messagerie interne : réunis, ces indices exposent un formateur indépendant à une requalification en salarié, avec les rappels de cotisations. Le sujet finit dans la garantie d’actif et de passif, ou dans le prix.

Le remboursement des sommes indûment perçues est la sanction la plus courante d’un contrôle qui conclut qu’une action ne relevait pas de la formation professionnelle continue, et le code du travail prévoit en plus des sanctions pénales. Les pièces à produire sont les dossiers de prise en charge, les feuilles d’émargement et les attestations de fin de formation.

Vient le sujet du financeur unique. Quand le chiffre repose sur un programme régional en fin de cycle, les offres arrivent sous le prix espéré, ou avec un complément de prix adossé au renouvellement du marché. Même situation quand une seule certification porte la majorité des inscriptions.

Un vacataire travaille souvent pour plusieurs organismes du même bassin, et une rumeur de vente y circule vite. L’information des salariés est pourtant obligatoire, et c’est la date de cette annonce qu’il faut caler sur le calendrier de signature. La loi n° 2026-403 du 26 mai 2026 réserve cette information préalable aux sociétés qui n’ont pas l’obligation de mettre en place un comité social et économique exerçant les attributions du deuxième alinéa de l’article L. 2312-1 du code du travail : information un mois au moins avant la vente, et information-consultation du comité social et économique au-dessus de ce seuil, pour les ventes conclues à partir de fin juillet 2026.

Ce que vous nous demandez le plus souvent

Sur quelle base va-t-on chiffrer mon organisme de formation ?

On part de l’excédent brut d’exploitation des trois derniers exercices, retraité de votre rémunération et des charges qui ne se reproduiront pas. Le multiple monte avec la part de clients privés qui paient eux-mêmes et la part de recyclages obligatoires. Il baisse quand un dispositif public porte la plus grosse part du chiffre. La dépendance au dirigeant qui anime encore ses sessions se traite à part, en décote.

Ma certification Qualiopi passe-t-elle à l’acheteur ?

Elle est rattachée à votre numéro de déclaration d’activité, lui-même rattaché à votre SIREN. Si le repreneur achète vos titres, la société conserve les deux et le certificat reste valable, sous réserve de déclarer le changement de dirigeant dans les trente jours. S’il rachète le fonds ou une branche d’activité, la structure d’accueil doit obtenir son propre numéro d’enregistrement. Le sort du certificat est alors à traiter avec votre organisme certificateur avant la signature.

Mes formateurs indépendants posent-ils un problème ?

Travailler avec un vivier d’intervenants n’est pas un défaut en soi. On regarde leur exclusivité et leur remplaçabilité. Un formateur qui assure une large part de vos sessions sous votre seule enseigne pose les deux problèmes à la fois, requalification et départ. Un contrat de prestation écrit et une facturation régulière limitent la discussion. Ils ne l’évitent pas.

Mon référencement sur Mon Compte Formation suit-il la vente ?

Il suit l’entité qui porte le numéro de déclaration d’activité et la certification qualité, donc il reste en place dans une cession de titres. En cas de reprise de l’activité par une autre société, le référencement est à reconstituer, avec l’intitulé exact des certifications visées et les habilitations correspondantes. Les inscriptions de la rentrée partent avant la signature. Décidez dans la lettre d’intention qui les porte.

Dois-je en parler à mon équipe, et quand ?

Le délai est fixé par la loi. L’ordre, vous le choisissez : d’abord les deux ou trois personnes dont la signature sera demandée, responsable pédagogique ou responsable qualité, puis le reste de l’équipe dans le délai légal. La première question sera de savoir si vous restez après la vente, et pour combien de temps.

Cet article donne une information générale et ne remplace pas l’avis de votre conseil juridique ou de votre organisme certificateur.

Sources : Centre Inffo, participation forfaitaire au financement des formations éligibles au compte personnel de formation, 5 janvier 2026 (arrêté du 30 décembre 2025) ; Centre Inffo, cadre réglementaire de l’habilitation de partenaires, 11 juin 2025 (décret n° 2025-500 du 6 juin 2025, articles R. 6113-16 et suivants du code du travail) ; Drieets Île-de-France, déclaration d’activité des prestataires de formation professionnelle, mise à jour du 21 juillet 2026 ; Dreets Centre-Val de Loire, la déclaration d’activité des organismes de formation, mise à jour du 17 février 2026 ; Dreets Grand Est, le contrôle de la formation professionnelle, mise à jour du 13 août 2026 ; Questions-Réponses Certification qualité des prestataires d’actions concourant au développement des compétences, version 2 du 1er septembre 2023 (article L. 6316-1 du code du travail) ; Fusacq Buzz, GO! Formations et le groupe Bouquinet (5 septembre 2025), GO! Formations et Artois Formation (25 août 2026), Pilocap et No Risk Formation (12 mai 2026), Vivalians et Alcevi Formation (2 juin 2026) ; Auris Finance, bilan des fusions-acquisitions 2025 en éducation et formation (19 février 2026), SI Groupe et Valto, Socialys et le groupe Desegur (12 mars 2026), Unify Group et Ed’Learn (19 juin 2026).

Si la question de la vente se pose chez vous, envoyez-nous votre bilan pédagogique et financier, votre certificat qualité et vos trois derniers exercices. Nous vous dirons dans quelle fourchette vous êtes et quels acheteurs sont actifs sur votre créneau. Échangeons en toute confidentialité.

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Votre acquéreur est un groupe, son actionnaire est un fonds https://www.monprojetpme.fr/acquereur-adosse-a-un-fonds/ Mon, 05 Oct 2026 09:40:00 +0000 https://www.monprojetpme.fr/?p=9432 Comité d'investissement, rythme des build-up, réinvestissement dans la holding : ce qui change quand l'acheteur de votre PME est détenu par un fonds.

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Un groupe de votre métier vous appelle pour racheter votre société. Ce qui compte à cet instant, c’est qui détient ce groupe. L’homme en face de vous dirige une entreprise de votre secteur, le chèque et le calendrier dépendent d’un investisseur qui ne viendra pas au rendez-vous. Endrix, groupe lyonnais d’expertise comptable, a annoncé le 18 septembre 2026 le rapprochement de trois cabinets le même jour, « avec le soutien des partenaires financiers du groupe, Bpifrance et IK Partners ».

Article mis à jour en 2026.

Vous pensez à céder votre entreprise ?

Un premier échange confidentiel, sans engagement, pour faire le point sur votre projet, sur ce que vaut votre société aujourd’hui et sur les acquéreurs possibles.

Reconnaître une plateforme avant le premier rendez-vous

On appelle plateforme la société d’un secteur qu’un fonds a rachetée pour en faire la tête d’un groupe, et qu’il finance ensuite pour acheter ses concurrentes. Le Kbis de la holding donne sa date d’immatriculation, souvent récente. Les communiqués, eux, citent le nom de la société de gestion, et les opérations y arrivent les unes après les autres, comme chez Numeris, fondé en 2024, qui a repris le cabinet varois ACE Conseil le 15 juillet 2026 « avec le soutien de Strada Partners ».

La présence d’un investisseur au capital de l’acheteur ne dit rien de son poids. Une société de gestion qui contrôle la holding dans un LBO n’a pas le même pouvoir qu’un minoritaire entré aux côtés des dirigeants, et le pourcentage figure dans les statuts déposés au greffe. SADE, filiale du cycle de l’eau du groupe NGE, a racheté le 25 septembre 2026 Font TP Martinaud, entreprise de réseaux du Rhône créée en 1920 et pesant 5 M€ de chiffre d’affaires. Chez NGE, les salariés détiennent la majorité du capital, et le fonds Montefiore 28 %.

Rien n’empêche de poser la question du nom de l’actionnaire au premier rendez-vous. Vendre à un fonds et vendre à un industriel sont deux cas différents, que compare notre article sur le choix entre un fonds et un industriel, et une plateforme tient des deux à la fois. Les communiqués des groupes cités plus haut nomment leur actionnaire en toutes lettres.

Pourquoi ces groupes achètent plusieurs sociétés la même année

GO! Formations, spécialiste de la formation à la conduite d’engins, a vu Activa entrer à son capital au début de 2024. Le rachat de Gerard Formation, annoncé le 19 août 2024, est présenté comme sa « première opération de croissance externe depuis la prise de participation d’Activa début 2024 ». Deux ans plus tard, le communiqué du 25 août 2026 sur Artois Formation, dans le Pas-de-Calais, parle de la « huitième acquisition complémentaire réalisée par GO ! Formations en un peu plus de deux ans ».

Ces rachats sont financés par les actionnaires du groupe. Pour acheter le polonais Radpol Pipes, le groupe isérois Elydan indiquait le 22 septembre 2026 que son pool d’investisseurs historiques réinvestissait à ses côtés : Bpifrance, Crédit Mutuel Equity, Siparex Territoires et IXO Private Equity.

Au-delà d’un certain montant, l’opération repasse donc devant l’actionnaire du groupe, et la lettre d’intention porte alors une condition d’accord de son comité d’investissement. Votre dossier n’est pas le seul sur la table non plus, et le calendrier qu’on vous annonce dépend des autres opérations en cours. L’éditeur allemand cisbox a présenté sa prise de majorité dans le français Oxalys, le 15 septembre 2026, comme sa « troisième acquisition depuis son partenariat avec Main Capital Partners ».

Le réinvestissement qu’on vous propose ne porte pas sur votre société

Chez Artois Formation, le fondateur Jean-François Poiteaux « reste en charge des opérations du centre et réinvestit, aux côtés de l’équipe de direction, dans le capital social de GO ! Formations ». Les titres qu’il reçoit sont ceux de la holding du groupe, pas ceux du centre qu’il a créé en 2009.

Vous entrez au capital d’un ensemble que vous ne dirigez pas. Sa valeur dépendra de rachats décidés sans vous, et vous ne vendrez vos titres que le jour où le fonds vendra les siens. À ce stade, le pacte d’associés n’existe pas toujours ; ce qui existe, c’est une annexe à la lettre d’intention qui fixe la valeur d’entrée, la méthode de calcul à la sortie et les cas de bon et de mauvais départ, et votre avocat la lit avant signature.

Le réinvestissement touche aussi l’abattement retraite. L’abattement fixe de 500 000 euros du dirigeant qui part à la retraite suppose de ne pas détenir, dans la société cessionnaire, plus de 1 % des droits de vote ou des droits dans les bénéfices sociaux, à la date de la cession et pendant les trente-six mois qui suivent. Si la société qui vous achète est aussi celle dont vous recevez des titres, cette condition de 1 % entre en jeu, et le montage exact décide, votre expert-comptable tranchant sur pièces, comme le rappelle notre article sur la présence du cédant après la vente. La règle et ses nuances sont au BOFiP, sous la référence BOI-RPPM-PVBMI-20-40-10-40, paragraphes 470 à 490.

Titres, actifs ou marque : le périmètre que l’acheteur retient

Le 15 septembre 2026, cisbox a pris « une participation majoritaire » dans Oxalys, éditeur de La Garenne-Colombes qui « conserve sa présence et son organisation en France ». Le même jour, NetR, société constituée pour l’occasion, était présentée comme créée « spécifiquement pour reprendre la marque et les actifs » de l’opérateur bisontin Netalis, en redressement judiciaire depuis le 24 avril 2026 ; son fondateur a quitté la direction.

Les agréments, les qualifications professionnelles et les certifications ne suivent pas le même chemin selon le montage. En rachat de titres, ils restent au nom de la société, même si plusieurs organismes demandent à être informés d’un changement de contrôle et peuvent réinstruire le dossier. En rachat d’actifs, tout est à redemander, et l’instruction peut bloquer un référencement client ou un chantier. Sur les métiers réglementés, ces délais se comptent en mois, et notre guide sur la cession d’un cabinet d’expertise comptable donne l’exemple des règles de l’Ordre. Le montage figure dans la lettre d’intention, à l’article qui décrit l’objet de l’opération.

Ces acheteurs arrivent avec leur propre documentation. Le projet de garantie d’actif et de passif qu’ils soumettent a déjà servi plusieurs fois, et il a été écrit pour un acheteur qui enchaîne les dossiers. Les trois lignes à reprendre en premier sont la durée, le plafond et la franchise.

Comment ces groupes calculent le prix

Ces acquéreurs appliquent un multiple à l’excédent brut d’exploitation retraité des trois derniers exercices. Les contrats récurrents et les habilitations difficiles à obtenir tirent ce multiple vers le haut. Un client qui pèse une part trop lourde du chiffre d’affaires le tire vers le bas, de même qu’un parc de matériel à renouveler. Pendant l’audit, l’acquéreur redemande les contrats, les baux et le détail des charges reprises.

Les économies d’intégration ne sont pas payées au vendeur. Le groupe qui basculera votre paie et vos achats sur ses propres contrats garde cette économie pour lui. Les trois cabinets repris par Endrix pesaient 11,5 M€, 4 M€ et 2,6 M€ de chiffre d’affaires, pour un ensemble porté à 160 M€ après les opérations.

Les communiqués disent assez bien ce qui est acheté. Font TP Martinaud « conservera son implantation et ses équipes opérationnelles » : le groupe achète un carnet de commandes et des équipes en place. Nous déconseillons d’aller au premier rendez-vous sans avoir fait chiffrer la valeur de la société seule, hors synergies, ce que permet un diagnostic de cession. Le calcul part de vos trois dernières liasses fiscales.

Les questions que les dirigeants nous posent sur ces acquéreurs

Mon acheteur est un groupe de mon métier, pourquoi me parler du fonds derrière lui ?

Parce qu’il décide de l’enveloppe et du calendrier. Le dirigeant du groupe négocie, son actionnaire valide et apporte tout ou partie de l’argent. La lettre d’intention porte alors une condition d’accord du comité d’investissement.

Est-ce qu’un groupe de ce type paie plus cher qu’un autre acheteur ?

Il paie plus cher une habilitation, un territoire ou une équipe technique qui lui manquent et qu’il ne peut pas recréer rapidement. Sur le reste, le prix reste celui du marché, appliqué à l’excédent brut d’exploitation retraité de vos trois derniers exercices.

On me demande de réinvestir une partie du prix, puis-je refuser ?

Oui, c’est un point de négociation comme le prix. En contrepartie, le groupe reviendra sur le montant proposé ou sur la durée d’accompagnement qu’il vous demande, le réinvestissement servant aussi à vous garder dans l’entreprise après la vente. Demandez la valeur retenue pour les titres de holding que vous recevez et la méthode qui servira à la recalculer à votre sortie : cette méthode doit figurer par écrit, formule et paramètres compris.

Que se passe-t-il quand le fonds revend le groupe ?

Le groupe change d’actionnaire et vos titres suivent les clauses signées, sortie conjointe ou cession forcée. Aucun des groupes cités plus haut n’en est encore là : Activa est entré au capital de GO! Formations au début de 2024 et n’a pas revendu.

Comment savoir qui détient le groupe qui m’approche ?

La lettre d’intention est signée par la société qui achète, et la raison sociale qui y figure n’est pas toujours celle de l’enseigne que vous connaissez. Demandez l’organigramme capitalistique jusqu’à la société de tête : ce document existe chez l’acheteur, il a servi à ses rachats précédents.

Cet article donne une information générale et ne remplace pas la lecture des engagements signés par votre avocat, ni l’avis de votre expert-comptable sur le traitement fiscal de votre cession.

Sources : Fusacq, « Endrix poursuit sa stratégie de consolidation avec trois nouveaux rapprochements », 18 septembre 2026 ; Fusacq, « ACE Conseil rejoint le groupe Numeris dans le Var », 27 août 2026 ; Fusacq, « SADE acquiert Font TP Martinaud dans le Rhône », 25 septembre 2026 ; Fusacq, « GO! Formations s’implante dans les Hauts-de-France avec le rachat d’Artois Formation », 25 août 2026 ; Fusacq, « Gerard Formation rejoint le groupe GO Formations », 19 août 2024 ; Fusacq, « Elydan acquiert le polonais Radpol Pipes », 22 septembre 2026 ; Fusacq, « Oxalys rejoint le groupe européen cisbox », 15 septembre 2026 ; Fusacq, « L’opérateur telecom franc-comtois Netalis change de mains », 15 septembre 2026 ; BOFiP, BOI-RPPM-PVBMI-20-40-10-40, version du 14 novembre 2024, paragraphes 470 à 490.

Si un groupe de votre secteur vous a contacté, nous regardons avec vous qui le détient et ce que vaut votre société hors synergies. Échangeons en toute confidentialité.

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L’acquéreur veut que je reste deux ans après la vente https://www.monprojetpme.fr/rester-apres-la-vente-de-son-entreprise/ Wed, 30 Sep 2026 14:35:00 +0000 https://www.monprojetpme.fr/?p=9427 L'acquéreur demande deux ans de présence : la forme juridique de cet accompagnement décide de votre abattement retraite et du versement de votre pension.

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L’acquéreur a fait son offre, et il y a ajouté une ligne : vous restez deux ans. Avant de discuter la durée, regardez sous quelle forme juridique cette présence va être écrite. Un contrat de travail avec la société que vous venez de vendre fait tomber l’abattement fixe de 500 000 euros réservé au dirigeant qui part à la retraite. Le même travail facturé en mission de consultant ne le fait pas tomber. L’administration le précise au paragraphe 350 du BOI-RPPM-PVBMI-20-40-10-40, dans sa version du 14 novembre 2024.

Article mis à jour en 2026.

Vous pensez à céder votre entreprise ?

Un premier échange confidentiel, sans engagement, pour faire le point sur votre projet, sur ce que vaut votre société aujourd’hui et sur les acquéreurs possibles.

Quatre mois pour transmettre, deux ans pour garantir

Quatre mois servent à passer les dossiers, deux ans à tenir les résultats. Une mission courte se résume à quelques gestes concrets. Être présenté aux clients, montrer comment vous chiffrez un devis, dire ce que chaque fournisseur accepte, solder les affaires en cours. Sur deux ans, l’acquéreur vise les résultats des exercices suivants.

Cette demande longue arrive souvent avec un complément de prix. Une partie du prix est alors payée plus tard, selon la performance des exercices suivants, et votre présence devient une condition du versement. Nous déconseillons cet assemblage, pour la raison que détaille notre article sur l’earn-out : un complément de prix qui rémunère le travail du cédant peut être imposé comme un salaire, et non comme une plus-value.

Quand le dirigeant est aussi le commercial de la maison, l’acquéreur demande plus de temps et négocie peu ce point. Deux guides du site, sur la cession d’un cabinet d’expertise comptable et celle d’un bureau d’études techniques, décrivent la même situation : la clientèle suit une personne.

Un contrat de travail fait tomber l’abattement de 500 000 euros

L’article 150-0 D ter du code général des impôts accorde au dirigeant qui vend ses titres pour partir à la retraite un abattement fixe de 500 000 euros sur sa plus-value. Il ne joue que pour l’impôt sur le revenu, les prélèvements sociaux restant dus sur la totalité du gain. Le dispositif devait s’arrêter fin 2024, l’article 70 de la loi de finances pour 2025 l’a prolongé jusqu’en 2031.

Une des conditions porte sur les fonctions exercées après la vente. Dans les vingt-quatre mois qui suivent ou qui précèdent la cession, le cédant doit cesser toute fonction dans la société dont les titres sont cédés. Le BOFiP range sous le mot fonction les fonctions de direction, « ainsi que toute activité salariée au sein de la société concernée ».

Un poste de directeur commercial à mi-temps dans la société vendue entre donc dans l’interdiction. Un contrat de travail signé avec la société vendue, même à temps partiel, coûte l’abattement. Au taux forfaitaire de 12,8 %, cela représente 64 000 euros d’impôt sur le revenu en plus.

Le BOFiP ouvre cette doctrine en citant une décision du Conseil d’État du 10 décembre 2014 : les conditions de l’article 150-0 D ter doivent être interprétées strictement.

Consultant ou tuteur, ce que le BOFiP autorise

Le même document règle le cas de l’accompagnement, quelques paragraphes plus loin. Après la cession, et sous réserve des règles du cumul emploi-retraite, le cédant peut exercer une activité non salariée auprès de la société dont il a vendu les titres, le texte citant comme exemples le consultant et le tuteur. Il peut aussi travailler dans une autre société, y compris chez l’acquéreur.

Le BOFiP raisonne sur le statut du contrat, sans fixer ni plafond de rémunération ni durée maximale. Une convention de prestation de services facturée par le cédant ou par sa société de conseil reste hors du champ de l’interdiction tant qu’elle n’est pas requalifiable en contrat de travail.

Le cumul emploi-retraite ajoute un délai. Une activité reprise auprès du dernier employeur ne peut l’être qu’au moins six mois après l’admission à la retraite, et la fiche service-public.gouv.fr vérifiée le 1er janvier 2026 précise que ce délai vaut aussi pour une activité non salariée exercée avec cet ancien employeur. Plus tôt, la pension de base cesse d’être versée jusqu’au dernier jour du sixième mois qui suit l’admission à la retraite.

Ces règles changent au 1er janvier 2027. La loi de financement de la sécurité sociale pour 2026 refond le cumul emploi-retraite pour les assurés dont la première pension de base entre en jouissance à compter de cette date, et les décrets d’application n’étaient pas parus fin septembre 2026. Si votre départ à la retraite et votre mission tombent de part et d’autre du 1er janvier 2027, faites confirmer le calendrier par votre caisse avant la signature.

Entrer au capital du repreneur annule le même avantage

Réinvestir une partie du prix aux côtés du repreneur est une demande fréquente des fonds, cas décrit dans notre comparaison entre vendre à un fonds ou à un industriel. Ce réinvestissement fait perdre l’abattement.

Le texte interdit au cédant de détenir des droits de vote ou des droits aux bénéfices dans l’entreprise qui achète ses titres. L’administration admet 1 % au maximum, apprécié à la date de la cession et pendant les trente-six mois suivants. Un dépassement à un moment quelconque de ces trois années entraîne la remise en cause de l’abattement au titre de l’année du manquement.

Le choix se fait à la lettre d’intention, et notre diagnostic de cession gratuit sert à poser ce calcul avant les premières discussions. À 10 % de la holding de reprise, l’abattement est perdu.

Écrire la convention d’accompagnement avant de signer le protocole

Une convention d’accompagnement tient en quelques lignes. Ce que la mission couvre, le nombre de jours par mois, la durée, le tarif. Mettez-les dans un document distinct de l’acte de cession, avec une rémunération qui ne dépend pas du prix des titres.

Un consultant à qui l’on donne un bureau et des horaires fixes s’expose à une requalification en contrat de travail, et l’abattement retraite tombe avec elle. Gardez la main sur votre agenda et facturez vos journées.

Côté formalités, la société qui vous paie comme prestataire doit réclamer votre attestation de vigilance à la conclusion du contrat dès 5 000 euros hors taxes, puis tous les six mois jusqu’à son terme. Le donneur d’ordre qui néglige cette pièce répond solidairement des cotisations dues en cas de travail dissimulé chez son prestataire, selon la fiche Entreprendre Service Public vérifiée le 3 juillet 2026.

Il y a aussi vos équipes. Sans titre précis ni pouvoir de décision, vos salariés continueront de venir vous voir, et l’autorité du repreneur s’installera mal. Le sujet rejoint celui de l’annonce de la vente aux salariés, et deux points se tranchent avant le closing, qui signe les devis et qui valide les embauches.

Les questions que les dirigeants nous posent

Combien de temps vais-je devoir rester dans l’entreprise ?

Aucune durée n’est imposée par un texte. La demande va de quelques mois, le temps de présenter les clients et de passer les dossiers en cours, à deux ans quand l’acquéreur adosse un complément de prix à votre présence. La durée fait partie de la négociation, au même titre que le prix. Si la mission s’étire, facturez-la à part.

Puis-je rester salarié de la société que je vends ?

Oui, si vous ne demandez pas l’abattement de 500 000 euros. Cette condition de cessation des fonctions ne vise que le dirigeant qui cède pour partir à la retraite, les autres régimes étant repris dans notre article sur la fiscalité de la vente. Un dirigeant qui vend sans partir à la retraite et qui reste directeur général salarié ne perd rien : sa plus-value est imposée dans les conditions de droit commun.

Est-ce qu’on met l’accompagnement dans le protocole ?

Le principe, oui. La durée, le volume et la rémunération font partie de l’équilibre économique de l’opération, donc des accords signés le jour de la vente. Le détail des missions a sa place dans une convention séparée, qu’on peut modifier sans rouvrir l’acte de cession.

Puis-je garder une participation chez le repreneur ?

Pas au-delà de 1 % des droits de vote ou des droits aux bénéfices si vous demandez l’abattement retraite, et ce plafond doit tenir pendant les trente-six mois qui suivent la cession.

Combien vaut ma société si je pars tout de suite ?

Moins que si elle tourne sans vous, et l’écart correspond à ce que l’acquéreur devra remplacer. La valeur part de l’excédent brut d’exploitation retraité des derniers exercices, auquel s’applique un multiple qui dépend des revenus récurrents, des barrières à l’entrée et de votre place dans l’affaire. Notre page valorisation décrit cette mécanique, et plus la production et la relation client sont déléguées, moins l’acquéreur a de raison d’exiger votre présence.

Cet article donne une information générale et ne remplace pas l’avis d’un avocat fiscaliste ou de votre expert-comptable, seuls à même d’examiner votre situation personnelle.

Sources : BOFiP, BOI-RPPM-PVBMI-20-40-10-40, version du 14 novembre 2024 (article 150-0 D ter du CGI, conditions tenant au cédant) ; impots.gouv.fr, fiche « Dirigeant de société, je cède mes parts pour partir en retraite », modifiée le 16 juin 2026 ; service-public.gouv.fr, « Cumul emploi-retraite du salarié », vérifiée le 1er janvier 2026 ; Entreprendre Service Public, « Sanctions de l’employeur en cas de travail illégal », vérifiée le 3 juillet 2026 ; Bpifrance Création, « Cumul d’un mandat social et d’un contrat de travail », août 2026.

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Comment vendre son laboratoire d’analyses en 2026 ? https://www.monprojetpme.fr/comment-vendre-son-laboratoire-d-analyses/ Wed, 30 Sep 2026 08:30:00 +0000 https://www.monprojetpme.fr/?p=9422 L'accréditation Cofrac n'est pas cessible : vendre les titres ou vendre l'activité ne donne pas le même résultat pour un laboratoire d'analyses.

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Une accréditation Cofrac ne se vend pas. Le Cofrac écrit qu’elle est propre à chaque entité juridique, qu’elle n’est pas cessible, et qu’elle devient caduque dès que les activités concernées passent à une autre société (GEN PROC 20, révision 05 de décembre 2024, applicable depuis le 1er janvier 2025). Conséquence pratique pour un laboratoire : si le repreneur achète les titres, la société garde son accréditation. S’il achète le fonds ou une branche, elle tombe et il doit demander un transfert.

Nous parlons ici des laboratoires d’essais et d’analyses qui travaillent pour l’agroalimentaire, l’eau, l’environnement, l’hygiène et les matériaux. La biologie médicale suit d’autres règles et d’autres acheteurs. Un acquéreur de ce métier demande l’attestation d’accréditation et son annexe technique avant la liasse fiscale : liste des couples paramètre-matrice couverts, date de fin de validité.

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L’accréditation reste attachée à la société, pas au fonds

Le paragraphe 7.5 de la procédure GEN PROC 20 du Cofrac, « Situations à signaler au Cofrac et transfert d’accréditation », ajoute une conséquence que beaucoup de cédants découvrent tard : le vendeur doit cesser de faire référence à son accréditation, pour les activités cédées, à compter de la date d’effet de la vente.

Un repreneur qui achète une activité et non une société n’hérite donc de rien automatiquement. Il peut déposer une demande de transfert, instruite sur dossier, avec une évaluation sur site possible. La procédure prévient que des changements significatifs dans les moyens affectés aux activités accréditées ne permettent pas de donner une suite favorable, et que l’examen est facturé quelle que soit la décision.

Quand un transfert aboutit, l’historique du dossier suit : rapports d’évaluation précédents, écarts encore ouverts, échéance de validité de l’entité qui cède. Si l’acquéreur est déjà accrédité, l’opération prend la forme d’une extension de portée. Sinon le Cofrac attribue un numéro d’accréditation distinct.

Le paragraphe 6.1 de la même procédure demande de signaler certaines opérations avant leur réalisation effective, dont la cession de tout ou partie des activités accréditées et le changement de numéro SIREN impliquant un changement d’entité juridique. Un déménagement de site doit être annoncé au moins trois mois avant, avec une analyse d’impact et un plan d’actions.

Une vente de titres n’ouvre aucune de ces démarches, la société restant la même. Nous déconseillons donc l’apport d’activité à un dirigeant de laboratoire accrédité, sauf motif fiscal ou patrimonial solide. Pendant l’instruction d’un transfert, un industriel sous plan de contrôle a besoin de résultats couverts par une accréditation, et s’il ne les obtient plus il fait analyser ailleurs.

Carso, Clean Cells, Mérieux : qui achète des laboratoires en France

Fin juillet 2025, le groupe Carso a repris Bactéries et Aliments, à Saint-Nolff dans le Morbihan, 20 salariés, spécialiste des analyses microbiologiques appliquées à l’hygiène agroalimentaire, à l’environnement, à la cosmétique et à la pharmacie. Carso, installé à Saint-Fons dans le Rhône, accrédité Cofrac, tourne autour de 230 millions d’euros de chiffre d’affaires et annonçait alors six acquisitions sur le seul premier semestre 2025 (Fusacq, 13 août 2025).

Le mois suivant, le même groupe rachetait le laboratoire AQMC, à Saint-Aunès près de Montpellier, qui fait de la microbiologie et de la recherche d’allergènes pour l’agroalimentaire, la cosmétique et l’environnement, et accompagne ses clients sur l’HACCP et l’ISO 22000. L’opération a été annoncée le 9 septembre 2025, conduite côté acquéreur par la banque d’affaires P2C-Partners.

Sur le contrôle des produits biologiques, Clean Cells, du groupe Clean Biologics installé à Montaigu-Vendée et détenu par Archimed, a signé trois dossiers en 2026 : Stem Genomics, à Grabels près de Montpellier, dont les 17 collaborateurs ont conservé leur poste (19 juin 2026), Anaquant à Lyon sur la bioanalyse par spectrométrie de masse (30 juillet 2026), et Xegen à Gémenos près de Marseille sur l’analyse de données de séquençage (11 septembre 2026).

Un cédant gagne à lire les deux derniers communiqués de près. Ils décrivent le rachat d’un périmètre, marque, propriété intellectuelle, plateforme analytique, équipements, clientèle et locaux, et non l’achat de la société.

Mérieux NutriSciences, dont le siège français est à Tassin-la-Demi-Lune, a annoncé le 22 septembre 2026 l’entrée de Peugeot Invest et de Continental Grain Company à son capital, aux côtés de l’Institut Mérieux, pour financer son acquisition de Certified Group en Amérique du Nord. Eurofins a de son côté vendu son activité de tests électriques et électroniques MET Labs à UL Solutions (Fusacq, 14 avril 2026).

Un fonds et un industriel n’ont ni les mêmes délais ni les mêmes attentes sur l’accompagnement du cédant, et nous avons comparé les deux profils d’acquéreur dans un article séparé. Dans les communiqués cités plus haut, l’acheteur décrit d’abord la portée d’accréditation, la plateforme analytique et les sites repris.

Ce qui fait le prix d’un laboratoire

Faire accréditer un paramètre nouveau suppose une validation de méthode, un passage en évaluation et un dossier Cofrac. Racheter un laboratoire qui le pratique déjà va plus vite. C’est sur les matrices difficiles et les seuils bas qu’un acquéreur paie le plus cher une portée déjà en place.

Les plans de contrôle annuels des industriels, les marchés à bons de commande des collectivités et les contrats d’autosurveillance ne repartent pas de zéro chaque année. À chiffre d’affaires égal, un acquéreur ne les paie pas comme de la facturation au coup par coup. Le tableau qui sert de base à la discussion sort du logiciel de gestion : un client par ligne, le nombre d’échantillons des trois derniers exercices, la marge par famille d’analyses. Nous y recalculons l’excédent brut d’exploitation retraité, avec les autres agrégats qu’un acheteur regarde.

Le parc analytique joue en sens inverse. Âge des chromatographes et des spectromètres, taux d’utilisation, contrats de maintenance, crédits-baux en cours. Un renouvellement identifié pendant l’audit finit déduit du prix, ou traité dans la dette financière nette selon la mécanique décrite dans notre page sur la valorisation d’une PME. Demandez le devis de remplacement au fournisseur avant l’ouverture de l’audit.

À marge égale, le prix monte quand les techniciens habilités restent. Ce taux de rotation, sur trois exercices, fait partie des pièces du dossier de présentation.

L’audit commence par les écarts du dernier examen Cofrac

L’audit d’acquisition d’un laboratoire commence par le dossier qualité : rapports d’évaluation, liste des écarts et leur statut, décisions d’accréditation avec leurs conditions, historique des suspensions. Un écart encore ouvert sur une méthode qui porte du chiffre d’affaires devient une condition suspensive du protocole.

Les agréments ministériels forment un deuxième jeu de pièces, distinct de l’accréditation. Pour les analyses dans le domaine de l’eau et des milieux aquatiques au titre du code de l’environnement, l’agrément est délivré par le ministre chargé de l’environnement pour cinq ans au maximum, les dossiers sont instruits par l’Office français de la biodiversité, et les laboratoires passent par le téléservice LABEAU (arrêté du 26 juin 2023, repris par le référentiel Cofrac LAB REF 18). L’accréditation est un prérequis de l’agrément.

Chaque contrat client est ensuite relu pour sa clause de changement de contrôle, et les marchés publics demandent un traitement à part. L’article R. 2194-6 du code de la commande publique permet la substitution du titulaire en cas de cession, sous conditions, mais aucun marché ne bascule sans l’accord de l’acheteur public. Les bureaux d’études techniques, souvent concurrents des laboratoires sur les mêmes appels d’offres, connaissent le même sujet.

Le LIMS passe ensuite à l’audit technique : traçabilité des résultats et des validations, conservation des données brutes, méthodes documentées ailleurs que dans la mémoire d’un chef de service.

Préparer la vente sans fragiliser l’accréditation

Vérifiez que l’attestation couvre bien la société qui sera vendue, et tous les sites exploités. Il arrive que les activités accréditées soient réparties entre deux sociétés, ou que des locaux en service ne figurent pas sur l’attestation. Seules les opérations réalisées sur les sites mentionnés peuvent être rapportées sous accréditation, et la mise à jour passe par une déclaration au Cofrac.

Le fondateur d’un laboratoire de PME est souvent responsable technique, référent qualité, interlocuteur du Cofrac et signataire des rapports. Documenter les habilitations, nommer des suppléants et faire monter un adjoint sur les revues de direction prend des mois. Nous listons ces points dans le diagnostic de cession que nous remettons au dirigeant. Une fois le dossier ouvert devant des acquéreurs, il est trop tard.

Lancer un déménagement de site pendant les discussions revient à ajouter une procédure Cofrac à une négociation. Un changement de représentant légal, lui, doit être signalé sans délai.

La loi n° 2026-403 du 26 mai 2026, applicable aux cessions conclues à partir de la fin juillet 2026, impose dans les entreprises de moins de cinquante salariés une information des salariés au plus tard un mois avant la cession, et une information-consultation quand il existe un comité social et économique. Nous écrivons ce courrier avec le dirigeant avant tout envoi, selon le déroulé de notre article sur la communication auprès des équipes, et la date de remise est consignée.

Les dossiers qui s’arrêtent en cours de route

Il faut trancher entre cession de titres et cession d’activité avant la lettre d’intention. L’acquéreur qui voulait éviter de reprendre la société, pour des raisons de passif, découvre en route que l’accréditation tombera à la date d’effet. Il faut alors rouvrir le prix et la structure en même temps.

Un donneur d’ordre industriel qui pèse une part importante des échantillons, sans contrat écrit ou avec un préavis de résiliation court, fait reculer les offres. La réponse habituelle est une garantie ou un complément de prix.

Quand le bâtiment appartient au dirigeant ou à une SCI familiale, le bail doit être écrit, daté et à un loyer de marché avant l’audit, sans quoi la charge est retraitée dans l’excédent brut d’exploitation. Les équipements en crédit-bail posent la même question, leurs contrats prévoyant souvent l’accord du bailleur en cas de changement de contrôle.

Les techniciens se connaissent d’un laboratoire à l’autre, et les fournisseurs livrent les deux maisons. Une liste courte d’acquéreurs, un accord de confidentialité signé avant toute donnée nominative et une information des équipes calée sur le calendrier légal suffisent le plus souvent, méthode que détaille notre article sur la vente d’une PME sans fuite. Le nom du laboratoire n’apparaît qu’après signature de cet accord.

Les questions que soulève la vente d’un laboratoire

Combien vaut mon laboratoire d’analyses ?

Nous partons de l’excédent brut d’exploitation retraité des derniers exercices, auquel s’applique un multiple. Ce multiple monte avec la part de chiffre sous contrat et avec l’étendue de la portée d’accréditation, il baisse quand tout tient au dirigeant ou quand le parc analytique est à renouveler. La fourchette se donne après lecture de l’attestation, du tableau de contrats et des comptes.

Est-ce que mon accréditation suit l’acheteur ?

Elle suit la société : oui s’il rachète les titres, non s’il rachète l’activité ou les actifs. Dans ce second cas, elle devient caduque à la date d’effet, et le repreneur doit demander un transfert au Cofrac, instruit sur dossier, qui peut être refusé si les moyens affectés aux activités changent trop.

Vaut-il mieux vendre les titres ou l’activité ?

Pour un laboratoire accrédité, la vente des titres évite la caducité de l’accréditation et la reprise des agréments. La vente d’activité garde un intérêt pour ne céder qu’une ligne d’analyses en conservant le reste. Le délai d’instruction du transfert par le Cofrac entre alors dans le calendrier de l’opération.

Qui peut racheter un laboratoire de ma taille ?

Trois profils regardent ces dossiers : les groupes français en consolidation comme Carso ou Clean Cells, les acteurs internationaux de l’inspection et des essais, et des fonds qui construisent une plateforme autour d’un premier laboratoire. Un laboratoire dont la portée complète celle de l’acheteur intéresse plus de monde, et les écarts entre offres portent autant sur le sort des équipes et des sites que sur le prix.

Mes marchés publics passent-ils au repreneur ?

Ils ne se transfèrent pas de plein droit. L’article R. 2194-6 du code de la commande publique autorise la substitution du titulaire à la suite d’une cession, sous conditions : il faut identifier les marchés concernés, regarder leurs échéances et engager la démarche auprès de chaque acheteur public.

Sources : Cofrac, GEN PROC 20 « Situations à signaler au Cofrac et transfert d’accréditation », révision 05 de décembre 2024, applicable au 1er janvier 2025 ; Cofrac, LAB REF 18, révision 02 applicable au 1er novembre 2024, et arrêté du 26 juin 2023 relatif aux modalités d’agrément des laboratoires du domaine de l’eau et des milieux aquatiques ; Fusacq, Carso et Bactéries et Aliments (13 août 2025), Carso et AQMC avec P2C-Partners (9 septembre 2025), Clean Cells et Stem Genomics (19 juin 2026), Anaquant (30 juillet 2026) et Xegen (11 septembre 2026), Mérieux NutriSciences et l’entrée de Peugeot Invest et Conti (22 septembre 2026), Eurofins et MET Labs (14 avril 2026) ; code de la commande publique, article R. 2194-6 ; loi n° 2026-403 du 26 mai 2026.

Si vous dirigez un laboratoire et que la question se pose, nous pouvons regarder votre attestation d’accréditation, votre tableau de contrats et vos trois derniers exercices, puis vous dire quels acquéreurs sont en face et ce qu’il faut reprendre avant de les approcher. Échangeons en toute confidentialité.

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Comment vendre son entreprise d’électricité (génie électrique) en 2026 ? https://www.monprojetpme.fr/comment-vendre-son-entreprise-d-electricite-genie-electrique/ Tue, 29 Sep 2026 11:25:00 +0000 https://www.monprojetpme.fr/?p=9412 Guide de cession d'une entreprise d'électricité en 2026 : acquéreurs actifs, formation du prix, points d'audit, préparation et erreurs à éviter.

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À chiffre d’affaires égal, deux entreprises d’électricité ne valent pas le même prix. L’écart tient surtout à la part du chiffre qui revient d’une année sur l’autre sans qu’on aille la chercher : contrats de maintenance, vérifications périodiques, astreinte, marchés à bons de commande. Un acheteur paie plus cher ce récurrent qu’un carnet de commandes à refaire tous les ans.

Au premier rendez-vous, nous demandons toujours si l’entreprise tourne quand le dirigeant n’est pas là. Dans beaucoup de PME du génie électrique, c’est encore lui qui chiffre les devis importants, qui connaît les donneurs d’ordre de longue date et qui signe les attestations de conformité. La réponse à cette question pèse sur le prix.

Article mis à jour en 2026.

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Affaires ponctuelles et contrats récurrents

Une entreprise qui vit d’appels d’offres vend sa capacité à les regagner l’an prochain. Si elle entretient un parc de sites tertiaires, elle vend autre chose : des contrats d’entretien, des visites réglementaires, de l’astreinte. Le code APE est le même, les deux dossiers ne se valent pas.

En pratique, nous coupons le chiffre d’affaires en deux blocs avant même de parler de prix. Sur les affaires ponctuelles, nous regardons la marge qui reste une fois les aléas de chantier absorbés, chantier par chantier quand la comptabilité le permet. Sur le récurrent, la durée résiduelle des contrats, les clauses de résiliation et le taux de renouvellement des derniers exercices.

Même travail sur le mélange fourniture et main-d’œuvre. Une entreprise qui facture beaucoup de matériel gonfle son chiffre d’affaires et écrase son taux de marge apparent. Un acheteur industriel ramène la marge brute à l’heure productive, et ce calcul sera refait pendant l’audit. Autant qu’il figure déjà dans le dossier de présentation.

Qui rachète les PME d’électricité en France

Les groupes de génie électrique à réseau d’agences sont les acheteurs les plus visibles. Fauché, groupe installé à Montauban, a repris en juin 2025 le poitevin Lumelec et ses sociétés Genet, Lumelec Océan et Thelina, 130 salariés pour 24,6 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2024, avant de transformer l’ensemble en direction régionale. Le même groupe a annoncé en mai 2026 l’acquisition d’EIB, installée près d’Angers depuis 1996, pour ajouter le génie climatique et la plomberie à ses savoir-faire des Pays de la Loire. Le capital de Fauché lui-même a été repris en 2021 par son management associé au fonds EMZ Partners, qui a racheté la participation de Parquest Capital. Plusieurs de ces réseaux ont un fonds à leur capital, avec un horizon de sortie qui pèse sur leur rythme d’acquisition.

Les majors du BTP achètent aussi. GCC a repris en février 2026 le groupe SME et sa filiale SME Industrie, intégrateur en génie électrique de la basse à la très haute tension installé à Vitrolles, près de cinquante collaborateurs, avec un bureau d’études intégré et une activité d’automatismes industriels. Les mêmes noms reviennent quand on regarde qui achète en génie climatique ou du côté des bureaux d’études techniques, ces groupes cherchant à couvrir plusieurs lots techniques sur un même chantier.

Sur les réseaux de distribution, les acheteurs ne sont pas les mêmes. Le groupe Synelis a repris en janvier 2026 la société bretonne Restech, une quarantaine de personnes sur deux agences dans le Morbihan et le Finistère, qui construit et entretient les réseaux de distribution pour les gestionnaires de réseaux et les syndicats d’électrification. Squiban Group, dont le capital avait été ouvert à Unigrains, Epopée Gestion, Unexo et Bpifrance à l’été 2024, a racheté GR Énergies en janvier 2025 sur le créneau des énergies renouvelables installées chez les agriculteurs. Ces acheteurs viennent chercher une implantation et des agréments déjà obtenus.

Le repreneur personne physique reste une option sérieuse à cette taille. En avril 2026, Jolive Elec, une trentaine de collaborateurs près de Rennes sur l’électricité tertiaire et le logement collectif, a été cédée à un cadre dirigeant venu des travaux publics, à l’issue d’un processus concurrentiel. L’un des deux fondateurs est resté salarié sur la partie technico-commerciale. Un repreneur individuel paie souvent moins qu’un groupe, et il accepte en échange des conditions qu’un groupe refuse, sur l’accompagnement ou sur le calendrier. Nous comparons ailleurs ce que chaque profil d’acquéreur achète vraiment.

Les pièces que l’acquéreur regarde d’abord

Les situations de travaux sortent avant les liasses fiscales. On veut voir, affaire par affaire, l’avancement, les travaux supplémentaires acceptés ou non, les pénalités encourues et les réserves levées. Un bon résultat annuel n’exclut pas un chantier en perte qui n’a pas encore été provisionné.

L’attestation de conformité se vérifie ensuite pièce par pièce. CONSUEL la vise avant la mise en service, et elle doit être achetée et remplie par l’auteur des travaux, qui engage sa responsabilité sur le chantier en la signant. Depuis le 1er janvier 2025, en application de l’article D. 342-19 du code de l’énergie, CONSUEL met l’attestation visée à disposition du gestionnaire de réseau pour toute première mise en service. Une installation mise sous tension sans visa est un point d’audit à part entière.

Sur la décennale, c’est le contrat d’assurance qui est lu ligne par ligne. Une installation électrique encastrée compte comme un élément d’équipement indissociable du bâtiment, donc couverte par la garantie décennale, et les constructeurs ont l’obligation de souscrire une assurance de responsabilité civile décennale avant l’ouverture du chantier. Seuls les travaux déclarés au contrat sont garantis. Beaucoup d’entreprises ont glissé vers le photovoltaïque, les bornes de recharge ou la production d’énergie sans mettre à jour leurs déclarations d’activité. Le risque finit alors en ligne de la garantie d’actif et de passif.

Sur les qualifications, il faut s’y prendre tôt. L’électricité est une activité artisanale réglementée, qui suppose une qualification professionnelle ou trois ans d’expérience validés par la chambre de métiers, avec une condition d’honorabilité contrôlable tout au long de l’activité. Chez Qualifelec, le certificat et le compte de l’entreprise sont rattachés à un numéro de SIRET, et toute modification du SIRET, de l’adresse de l’établissement ou de l’identification du dirigeant passe par un contrôle du service administratif de l’organisme, attestation sur l’honneur à l’appui. Une qualification arrivée à échéance est suspendue automatiquement, avec quatre mois pour régulariser avant radiation. Nous vérifions ces échéances avant d’ouvrir les discussions, parce qu’une qualification suspendue en cours d’opération oblige à reprendre les autres pièces administratives une par une.

Préparer la vente quand tout passe par le dirigeant

La dépendance au dirigeant est la première décote que nous constatons dans ce métier. On peut la réduire, mais pas en quelques mois. Il faut un chargé d’affaires qui chiffre seul les devis au-dessus d’un certain montant et qui aille aux rendez-vous clients. Et qui soit connu des bureaux de contrôle comme des donneurs d’ordre publics. Une délégation de signature écrite et un organigramme à jour font partie des pièces demandées en audit.

Une comptabilité analytique par affaire, même sommaire, tenue sur deux exercices, montre d’où vient votre rentabilité. Sans elle, vous défendrez un résultat global que l’acquéreur décomposera à votre place, avec ses hypothèses. C’est ce que nous regardons dans un diagnostic de cession, avant le lancement.

Ensuite, il y a le rangement du dossier. Contrats de maintenance à jour, baux transférables, outillage inventorié, habilitations électriques valides, attestations de vigilance des sous-traitants. Un dossier complet évite les allers-retours pendant l’audit, et il évite surtout les questions qui en appellent d’autres.

Les points qui font baisser le prix

Le besoin en fonds de roulement revient dans presque tous les dossiers. Entre les approvisionnements de matériel, les délais de paiement des majors et les retenues de garantie de 5 % que la loi du 16 juillet 1971 ne libère qu’un an après la réception des travaux, une entreprise d’électricité en croissance consomme de la trésorerie. Ce point se négocie sur un besoin en fonds de roulement normatif, calculé sur une moyenne de plusieurs mois. Quand le vendeur ne l’a jamais calculé, la méthode retenue est celle de l’acheteur, au moment précis où l’on passe de la valeur d’entreprise au prix des titres.

Quand un donneur d’ordre pèse plus du tiers de l’activité, ce client devient le premier sujet de négociation. Attendez-vous à un complément de prix conditionné à son maintien, ou à une garantie spécifique. On ne corrige cela qu’en diversifiant, sur plusieurs exercices.

L’article R. 2194-6 du code de la commande publique autorise la substitution du titulaire d’un marché en cas de cession, sous conditions et sans modification substantielle. La continuité est donc possible, à condition de la préparer avec l’acheteur public. Si le sujet n’est ouvert qu’en cours d’audit, l’administration prend son temps et le calendrier glisse.

Dernier point de calendrier, l’information des salariés. La loi n° 2026-403 du 26 mai 2026 impose, dans les entreprises de moins de cinquante salariés, d’informer les salariés au plus tard un mois avant la cession, et d’organiser une information-consultation là où il existe un comité social et économique, pour les cessions conclues à partir de la fin juillet 2026. Nous inscrivons cette échéance au rétroplanning dès la lettre d’intention, et nous préparons avec le dirigeant la façon d’annoncer la vente aux équipes en pleine saison de chantiers.

Les questions que nous posent les dirigeants d’entreprises d’électricité

Combien vaut une entreprise d’électricité comme la mienne ?

On nous cite souvent des multiples de secteur. Nous nous en méfions. Nous partons de l’excédent brut d’exploitation retraité, corrigé de la rémunération du dirigeant et des charges non récurrentes, puis nous l’ajustons selon la part de récurrent et la dépendance au dirigeant, en regardant ce que l’exploitation immobilise en trésorerie.

Combien de temps ça prend, une cession ?

Quand l’entreprise est préparée, il faut compter plusieurs mois entre le premier contact et le versement du prix, rarement moins de six. Les dossiers qui vont vite sont ceux où les comptes analytiques, les contrats et les assurances étaient en ordre avant le lancement. Les autres passent l’audit à reconstituer des pièces, et l’offre est alors révisée.

Est-ce que mes qualifications suivent l’entreprise ?

Cela dépend de la structure de l’opération. Une cession de titres laisse la société en place, avec son numéro de SIREN, ses contrats et ses qualifications, sous réserve de déclarer à Qualifelec le changement de dirigeant et les modifications administratives. Une cession de fonds de commerce est une autre affaire, car les qualifications et une partie des marchés ne suivent pas automatiquement. Ce choix se fait avant de recevoir le premier acquéreur.

Est-ce que je dois rester après la vente ?

La plupart des acquéreurs demandent un accompagnement, le temps de transférer les relations clients et le chiffrage. Négociez la durée, et aussi ce que vous ferez pendant cette période : un mandat de conseil quelques jours par mois n’a rien à voir avec un contrat de travail à plein temps. Les fondateurs qui restent le font en général sur un périmètre précis, technique ou commercial.

Groupe régional ou réseau national ?

Un grand réseau apporte des moyens et des marchés. En échange, l’entreprise entre dans son organisation et l’enseigne finit souvent par disparaître. Un groupe régional laisse plus d’autonomie et paie généralement moins. Nous conseillons de recevoir les deux et de comparer la durée d’accompagnement et les compléments de prix autant que le prix affiché.

Sources : La Lettre M, « Le groupe Fauché rachète Lumelec », 25 juin 2025 ; communiqué Fauché, « Fauché fait l’acquisition d’EIB en Maine-et-Loire », 6 mai 2026 ; communiqué GCC, « GCC acquiert le groupe SME », 10 février 2026 (relayé par Fusacq) ; Fusacq, cession de Restech au groupe Synelis, 14 janvier 2026 ; Fusacq, cession de GR Énergies au Squiban Group, 15 janvier 2025 ; Fusacq, cession de Jolive Elec, 14 avril 2026 ; Fusacq, reprise du groupe Fauché par son management avec EMZ Partners, 16 novembre 2021 ; CONSUEL, parcours de l’attestation de conformité et article D. 342-19 du code de l’énergie ; Entreprendre Service Public, fiche F2034 « Garantie décennale des constructeurs », vérifiée le 10 avril 2026 (article 1792 du code civil, article L. 241-1 du code des assurances) ; Entreprendre Service Public, fiche F38552 « Électricien », vérifiée le 21 février 2026 ; Qualifelec, espace professionnel, vie de la qualification et aide en ligne ; loi n° 71-584 du 16 juillet 1971, article 2 (retenue de garantie libérée un an après la réception, sauf opposition motivée) ; article R. 2194-6 du code de la commande publique ; loi n° 2026-403 du 26 mai 2026.

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