Vendre son entreprise d'électricité en 2026 : le guide
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Comment vendre son entreprise d’électricité (génie électrique) en 2026 ?

À chiffre d’affaires égal, deux entreprises d’électricité ne valent pas le même prix. L’écart tient surtout à la part du chiffre qui revient d’une année sur l’autre sans qu’on aille la chercher : contrats de maintenance, vérifications périodiques, astreinte, marchés à bons de commande. Un acheteur paie plus cher ce récurrent qu’un carnet de commandes à refaire tous les ans.

Au premier rendez-vous, nous demandons toujours si l’entreprise tourne quand le dirigeant n’est pas là. Dans beaucoup de PME du génie électrique, c’est encore lui qui chiffre les devis importants, qui connaît les donneurs d’ordre de longue date et qui signe les attestations de conformité. La réponse à cette question pèse sur le prix.

Article mis à jour en 2026.

Vous pensez à céder votre entreprise ?

Un premier échange confidentiel, sans engagement, pour faire le point sur votre projet, sur ce que vaut votre société aujourd’hui et sur les acquéreurs possibles.

Affaires ponctuelles et contrats récurrents

Une entreprise qui vit d’appels d’offres vend sa capacité à les regagner l’an prochain. Si elle entretient un parc de sites tertiaires, elle vend autre chose : des contrats d’entretien, des visites réglementaires, de l’astreinte. Le code APE est le même, les deux dossiers ne se valent pas.

En pratique, nous coupons le chiffre d’affaires en deux blocs avant même de parler de prix. Sur les affaires ponctuelles, nous regardons la marge qui reste une fois les aléas de chantier absorbés, chantier par chantier quand la comptabilité le permet. Sur le récurrent, la durée résiduelle des contrats, les clauses de résiliation et le taux de renouvellement des derniers exercices.

Même travail sur le mélange fourniture et main-d’œuvre. Une entreprise qui facture beaucoup de matériel gonfle son chiffre d’affaires et écrase son taux de marge apparent. Un acheteur industriel ramène la marge brute à l’heure productive, et ce calcul sera refait pendant l’audit. Autant qu’il figure déjà dans le dossier de présentation.

Qui rachète les PME d’électricité en France

Les groupes de génie électrique à réseau d’agences sont les acheteurs les plus visibles. Fauché, groupe installé à Montauban, a repris en juin 2025 le poitevin Lumelec et ses sociétés Genet, Lumelec Océan et Thelina, 130 salariés pour 24,6 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2024, avant de transformer l’ensemble en direction régionale. Le même groupe a annoncé en mai 2026 l’acquisition d’EIB, installée près d’Angers depuis 1996, pour ajouter le génie climatique et la plomberie à ses savoir-faire des Pays de la Loire. Le capital de Fauché lui-même a été repris en 2021 par son management associé au fonds EMZ Partners, qui a racheté la participation de Parquest Capital. Plusieurs de ces réseaux ont un fonds à leur capital, avec un horizon de sortie qui pèse sur leur rythme d’acquisition.

Les majors du BTP achètent aussi. GCC a repris en février 2026 le groupe SME et sa filiale SME Industrie, intégrateur en génie électrique de la basse à la très haute tension installé à Vitrolles, près de cinquante collaborateurs, avec un bureau d’études intégré et une activité d’automatismes industriels. Les mêmes noms reviennent quand on regarde qui achète en génie climatique ou du côté des bureaux d’études techniques, ces groupes cherchant à couvrir plusieurs lots techniques sur un même chantier.

Sur les réseaux de distribution, les acheteurs ne sont pas les mêmes. Le groupe Synelis a repris en janvier 2026 la société bretonne Restech, une quarantaine de personnes sur deux agences dans le Morbihan et le Finistère, qui construit et entretient les réseaux de distribution pour les gestionnaires de réseaux et les syndicats d’électrification. Squiban Group, dont le capital avait été ouvert à Unigrains, Epopée Gestion, Unexo et Bpifrance à l’été 2024, a racheté GR Énergies en janvier 2025 sur le créneau des énergies renouvelables installées chez les agriculteurs. Ces acheteurs viennent chercher une implantation et des agréments déjà obtenus.

Le repreneur personne physique reste une option sérieuse à cette taille. En avril 2026, Jolive Elec, une trentaine de collaborateurs près de Rennes sur l’électricité tertiaire et le logement collectif, a été cédée à un cadre dirigeant venu des travaux publics, à l’issue d’un processus concurrentiel. L’un des deux fondateurs est resté salarié sur la partie technico-commerciale. Un repreneur individuel paie souvent moins qu’un groupe, et il accepte en échange des conditions qu’un groupe refuse, sur l’accompagnement ou sur le calendrier. Nous comparons ailleurs ce que chaque profil d’acquéreur achète vraiment.

Les pièces que l’acquéreur regarde d’abord

Les situations de travaux sortent avant les liasses fiscales. On veut voir, affaire par affaire, l’avancement, les travaux supplémentaires acceptés ou non, les pénalités encourues et les réserves levées. Un bon résultat annuel n’exclut pas un chantier en perte qui n’a pas encore été provisionné.

L’attestation de conformité se vérifie ensuite pièce par pièce. CONSUEL la vise avant la mise en service, et elle doit être achetée et remplie par l’auteur des travaux, qui engage sa responsabilité sur le chantier en la signant. Depuis le 1er janvier 2025, en application de l’article D. 342-19 du code de l’énergie, CONSUEL met l’attestation visée à disposition du gestionnaire de réseau pour toute première mise en service. Une installation mise sous tension sans visa est un point d’audit à part entière.

Sur la décennale, c’est le contrat d’assurance qui est lu ligne par ligne. Une installation électrique encastrée compte comme un élément d’équipement indissociable du bâtiment, donc couverte par la garantie décennale, et les constructeurs ont l’obligation de souscrire une assurance de responsabilité civile décennale avant l’ouverture du chantier. Seuls les travaux déclarés au contrat sont garantis. Beaucoup d’entreprises ont glissé vers le photovoltaïque, les bornes de recharge ou la production d’énergie sans mettre à jour leurs déclarations d’activité. Le risque finit alors en ligne de la garantie d’actif et de passif.

Sur les qualifications, il faut s’y prendre tôt. L’électricité est une activité artisanale réglementée, qui suppose une qualification professionnelle ou trois ans d’expérience validés par la chambre de métiers, avec une condition d’honorabilité contrôlable tout au long de l’activité. Chez Qualifelec, le certificat et le compte de l’entreprise sont rattachés à un numéro de SIRET, et toute modification du SIRET, de l’adresse de l’établissement ou de l’identification du dirigeant passe par un contrôle du service administratif de l’organisme, attestation sur l’honneur à l’appui. Une qualification arrivée à échéance est suspendue automatiquement, avec quatre mois pour régulariser avant radiation. Nous vérifions ces échéances avant d’ouvrir les discussions, parce qu’une qualification suspendue en cours d’opération oblige à reprendre les autres pièces administratives une par une.

Préparer la vente quand tout passe par le dirigeant

La dépendance au dirigeant est la première décote que nous constatons dans ce métier. On peut la réduire, mais pas en quelques mois. Il faut un chargé d’affaires qui chiffre seul les devis au-dessus d’un certain montant et qui aille aux rendez-vous clients. Et qui soit connu des bureaux de contrôle comme des donneurs d’ordre publics. Une délégation de signature écrite et un organigramme à jour font partie des pièces demandées en audit.

Une comptabilité analytique par affaire, même sommaire, tenue sur deux exercices, montre d’où vient votre rentabilité. Sans elle, vous défendrez un résultat global que l’acquéreur décomposera à votre place, avec ses hypothèses. C’est ce que nous regardons dans un diagnostic de cession, avant le lancement.

Ensuite, il y a le rangement du dossier. Contrats de maintenance à jour, baux transférables, outillage inventorié, habilitations électriques valides, attestations de vigilance des sous-traitants. Un dossier complet évite les allers-retours pendant l’audit, et il évite surtout les questions qui en appellent d’autres.

Les points qui font baisser le prix

Le besoin en fonds de roulement revient dans presque tous les dossiers. Entre les approvisionnements de matériel, les délais de paiement des majors et les retenues de garantie de 5 % que la loi du 16 juillet 1971 ne libère qu’un an après la réception des travaux, une entreprise d’électricité en croissance consomme de la trésorerie. Ce point se négocie sur un besoin en fonds de roulement normatif, calculé sur une moyenne de plusieurs mois. Quand le vendeur ne l’a jamais calculé, la méthode retenue est celle de l’acheteur, au moment précis où l’on passe de la valeur d’entreprise au prix des titres.

Quand un donneur d’ordre pèse plus du tiers de l’activité, ce client devient le premier sujet de négociation. Attendez-vous à un complément de prix conditionné à son maintien, ou à une garantie spécifique. On ne corrige cela qu’en diversifiant, sur plusieurs exercices.

L’article R. 2194-6 du code de la commande publique autorise la substitution du titulaire d’un marché en cas de cession, sous conditions et sans modification substantielle. La continuité est donc possible, à condition de la préparer avec l’acheteur public. Si le sujet n’est ouvert qu’en cours d’audit, l’administration prend son temps et le calendrier glisse.

Dernier point de calendrier, l’information des salariés. La loi n° 2026-403 du 26 mai 2026 impose, dans les entreprises de moins de cinquante salariés, d’informer les salariés au plus tard un mois avant la cession, et d’organiser une information-consultation là où il existe un comité social et économique, pour les cessions conclues à partir de la fin juillet 2026. Nous inscrivons cette échéance au rétroplanning dès la lettre d’intention, et nous préparons avec le dirigeant la façon d’annoncer la vente aux équipes en pleine saison de chantiers.

Les questions que nous posent les dirigeants d’entreprises d’électricité

Combien vaut une entreprise d’électricité comme la mienne ?

On nous cite souvent des multiples de secteur. Nous nous en méfions. Nous partons de l’excédent brut d’exploitation retraité, corrigé de la rémunération du dirigeant et des charges non récurrentes, puis nous l’ajustons selon la part de récurrent et la dépendance au dirigeant, en regardant ce que l’exploitation immobilise en trésorerie.

Combien de temps ça prend, une cession ?

Quand l’entreprise est préparée, il faut compter plusieurs mois entre le premier contact et le versement du prix, rarement moins de six. Les dossiers qui vont vite sont ceux où les comptes analytiques, les contrats et les assurances étaient en ordre avant le lancement. Les autres passent l’audit à reconstituer des pièces, et l’offre est alors révisée.

Est-ce que mes qualifications suivent l’entreprise ?

Cela dépend de la structure de l’opération. Une cession de titres laisse la société en place, avec son numéro de SIREN, ses contrats et ses qualifications, sous réserve de déclarer à Qualifelec le changement de dirigeant et les modifications administratives. Une cession de fonds de commerce est une autre affaire, car les qualifications et une partie des marchés ne suivent pas automatiquement. Ce choix se fait avant de recevoir le premier acquéreur.

Est-ce que je dois rester après la vente ?

La plupart des acquéreurs demandent un accompagnement, le temps de transférer les relations clients et le chiffrage. Négociez la durée, et aussi ce que vous ferez pendant cette période : un mandat de conseil quelques jours par mois n’a rien à voir avec un contrat de travail à plein temps. Les fondateurs qui restent le font en général sur un périmètre précis, technique ou commercial.

Groupe régional ou réseau national ?

Un grand réseau apporte des moyens et des marchés. En échange, l’entreprise entre dans son organisation et l’enseigne finit souvent par disparaître. Un groupe régional laisse plus d’autonomie et paie généralement moins. Nous conseillons de recevoir les deux et de comparer la durée d’accompagnement et les compléments de prix autant que le prix affiché.

Sources : La Lettre M, « Le groupe Fauché rachète Lumelec », 25 juin 2025 ; communiqué Fauché, « Fauché fait l’acquisition d’EIB en Maine-et-Loire », 6 mai 2026 ; communiqué GCC, « GCC acquiert le groupe SME », 10 février 2026 (relayé par Fusacq) ; Fusacq, cession de Restech au groupe Synelis, 14 janvier 2026 ; Fusacq, cession de GR Énergies au Squiban Group, 15 janvier 2025 ; Fusacq, cession de Jolive Elec, 14 avril 2026 ; Fusacq, reprise du groupe Fauché par son management avec EMZ Partners, 16 novembre 2021 ; CONSUEL, parcours de l’attestation de conformité et article D. 342-19 du code de l’énergie ; Entreprendre Service Public, fiche F2034 « Garantie décennale des constructeurs », vérifiée le 10 avril 2026 (article 1792 du code civil, article L. 241-1 du code des assurances) ; Entreprendre Service Public, fiche F38552 « Électricien », vérifiée le 21 février 2026 ; Qualifelec, espace professionnel, vie de la qualification et aide en ligne ; loi n° 71-584 du 16 juillet 1971, article 2 (retenue de garantie libérée un an après la réception, sauf opposition motivée) ; article R. 2194-6 du code de la commande publique ; loi n° 2026-403 du 26 mai 2026.

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