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Comment vendre son cabinet de courtage en assurance en 2026 ?

« Si je vends, est-ce que mes codes compagnies suivent ? » C’est souvent la première question d’un dirigeant de cabinet de courtage, et elle est juste. Tout dépend de ce que l’on cède. En cession de titres, la société immatriculée à l’ORIAS garde ses conventions avec les assureurs, sous réserve des clauses de changement de contrôle. En cession de portefeuille, l’acheteur rachète un droit de présentation à la clientèle et doit reconstruire le reste. Entre les deux, le prix se joue sur une seule question : quelle part des commissions sera encore là trois ans après votre départ ?

Article mis à jour en 2026.

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Ce que l’on vend vraiment quand on cède un cabinet de courtage

Le courtier n’est pas un agent général. Il est le mandataire de son client, pas de l’assureur, et la clientèle lui appartient. C’est ce qui permet de la céder. Mais les contrats qui font vivre ce portefeuille ne se transmettent pas tous de la même façon.

Cession de titres ou cession de portefeuille

Dans une cession de titres, rien ne change pour l’entité. Le numéro ORIAS, les codes ouverts chez les assureurs, les protocoles de rémunération, les délégations de gestion et les mandats clients restent attachés à la société. C’est pourquoi les consolidateurs privilégient en général le rachat de titres. Le point à vérifier se trouve dans les protocoles eux-mêmes. Certains prévoient une information préalable de l’assureur, voire une faculté de résiliation en cas de changement de contrôle, notamment pour les délégations de souscription ou de gestion de sinistres.

La cession de portefeuille est plus fréquente pour les petites structures ou lorsqu’un cabinet ne veut céder qu’une branche. L’acheteur paie alors un droit de présentation : le cédant s’engage à présenter son successeur à ses clients et à ne pas les reprendre. En pratique, l’acquéreur doit disposer de sa propre immatriculation, faire reconnaître sa qualité d’intermédiaire par les assureurs sur chaque contrat et obtenir de nouveaux codes. Chaque étape est une occasion de perdre des clients. Nous déconseillons ce schéma quand la société peut être cédée en titres, sauf raison fiscale ou passif à isoler.

Des métiers qui ne se valorisent pas pareil

IARD entreprises, collectives santé-prévoyance, assurance des particuliers, affinitaire : sous le même code NAF, les modèles économiques divergent. Un portefeuille de flottes et de multirisques industrielles vit au rythme des renouvellements annuels et de la relation avec le chargé de clientèle. Un contrat collectif santé-prévoyance est souvent plus stable, mais il peut basculer lors d’un appel d’offres. L’affinitaire dépend d’un petit nombre de partenaires distributeurs.

Qui rachète les cabinets de courtage en France

La consolidation s’est accélérée avec l’entrée de fonds au capital des principaux groupes. Voici ceux dont nous avons vérifié les opérations récentes.

Les plateformes adossées à des fonds

Kereis est passé sous le contrôle d’Advent International fin 2025, après cinq ans aux côtés de Bridgepoint. Il a repris Granier Assurances, à Avignon, en avril 2026, puis Jadis Assurances (Le Raincy), Burgos (près de Nantes) et LBA (Grenoble) au début de l’été. Surtout, l’Autorité de la concurrence a autorisé le 17 juillet 2026 sa prise de contrôle du groupe Santiane, qui distribue aussi en marque grossiste sous le nom Néoliane.

Diot-Siaci a recomposé son capital en 2025. Ardian en est devenu l’actionnaire de référence, avec 45 % des titres, aux côtés du groupe Burrus et du management. En mai 2026, le groupe a finalisé la prise de contrôle de La Réunion Aérienne & Spatiale, spécialiste de l’assurance aviation. En mars 2026, sa filiale outre-mer est entrée en négociations exclusives pour acquérir SAAR-Intersud, courtier en risques d’entreprise à La Réunion.

Ascora, courtier de Levallois-Perret spécialisé dans l’IARD et les assurances de personnes des entreprises ainsi que dans l’immobilier, a ouvert son capital en décembre 2025 à IK Partners, devenu majoritaire. L’opération organise la transmission du fondateur.

April, courtier grossiste repris par CVC Capital Partners fin 2019, a annoncé fin août 2026 l’acquisition d’Alexis Assurances, cabinet de la région lyonnaise, pour créer un pôle de spécialités IARD.

Les courtiers internationaux

Ardonagh a finalisé le 1er octobre 2025 le rachat de Groupe Leader Insurance, courtier grossiste multispécialiste très présent en outre-mer. En mars 2026, ses dirigeants ont annoncé vouloir accélérer fortement les rachats en France, dès quelques millions d’euros de chiffre d’affaires.

Marsh France a annoncé en janvier 2026 l’acquisition de Finassur, courtier de Croix (Nord) en risques d’entreprise et protection sociale, rebaptisé Marsh Finassur.

Les groupes familiaux et indépendants

Filhet-Allard, courtier de Mérignac, a porté à 100 % sa participation dans AIR Courtage Assurances au 1er janvier 2026 pour structurer une filière aéronautique. Le groupe Adélaïde, maison mère de Verlingue, qui revendique un modèle indépendant et familial, est devenu majoritaire en 2025 chez Angelus Courtage et a pris une participation dans Antoma Courtage.

Les courtiers régionaux et les cabinets voisins restent aussi des acheteurs sérieux, parfois les meilleurs pour un petit portefeuille.

Comment se forme la valeur d’un cabinet de courtage

La méthode de fond reste celle de toute PME, un EBE retraité de la rémunération du dirigeant et des éléments non récurrents, puis un passage de la valeur d’entreprise au prix des titres. Voir notre article sur les agrégats financiers regardés lors d’une cession. Le marché raisonne aussi en multiple de commissions, surtout pour les petits portefeuilles. Nous ne donnons pas de fourchette, faute de source publique fiable.

Ce qui fait réellement bouger le prix se lit dans la structure du chiffre d’affaires.

  • La nature des commissions. Une commission récurrente, versée chaque année tant que le contrat vit, vaut plus qu’une commission précomptée. Le précompte gonfle le chiffre d’affaires de l’année de souscription et s’accompagne souvent d’une reprise en cas de résiliation rapide.
  • La concentration assureurs. Un cabinet qui place la majeure partie de sa production chez un seul porteur de risque dépend de sa politique tarifaire et de ses conditions de rémunération.
  • La concentration clients. En IARD entreprises comme en collectives, un gros compte perdu en appel d’offres peut effacer une année de croissance.
  • Le taux de rétention historique, par branche et par chargé de clientèle.
  • Les délégations. Une délégation de gestion ou de souscription apporte une marge supplémentaire, mais c’est aussi la partie la plus exposée à une clause de changement de contrôle.
  • La répartition du portefeuille entre les collaborateurs. Si le dirigeant porte lui-même les principaux clients, l’acquéreur le paiera en partie par un complément de prix.

Pour un premier ordre de grandeur, vous pouvez utiliser notre outil de valorisation, à confronter ensuite à l’analyse fine du portefeuille.

Ce que l’acquéreur audite avant de signer

Le socle réglementaire

L’immatriculation à l’ORIAS dans la catégorie courtier en assurance ou en réassurance (COA) conditionne l’activité. Elle suppose une capacité professionnelle de niveau I pour les dirigeants, obtenue par diplôme, expérience ou stage de 150 heures, une assurance de responsabilité civile professionnelle et, le cas échéant, une garantie financière. Depuis la réforme du courtage entrée en vigueur le 1er avril 2022, issue de la loi du 8 avril 2021, le courtier doit aussi adhérer à une association professionnelle agréée par l’ACPR. Le Conseil constitutionnel a validé cette obligation en octobre 2022. L’association vérifie notamment l’honorabilité, la compétence, les garanties et la formation de ses membres.

Point souvent oublié : un changement de dirigeant doit être déclaré à l’ORIAS, avec la preuve de capacité professionnelle du nouveau dirigeant, dans le mois qui précède la modification ou au plus tard dans le mois qui suit. Si le cédant est le seul à détenir la capacité, le calendrier de sa sortie doit en tenir compte.

La conformité de la distribution

Depuis la directive sur la distribution d’assurances (DDA), l’acquéreur s’attend à trouver des recueils des exigences et besoins signés, un devoir de conseil documenté, une gestion des conflits d’intérêts et le suivi de la formation continue, fixée à 15 heures par an pour les personnes concernées. Des dossiers clients incomplets ne sont pas rédhibitoires, mais l’acheteur en fera un sujet de garantie d’actif et de passif. Pour les cabinets qui démarchent des particuliers par téléphone, l’enregistrement des appels et le recueil du consentement sont examinés de près.

Les contrats avec les assureurs et les clients

Protocoles de commissionnement, conventions de délégation, contrats de partenariat en affinitaire, lettres de mission des grands comptes : tout passe en data room. Un point revient souvent en audit, l’absence de document écrit avec un assureur ou un partenaire historique. Mieux vaut régulariser avant la mise en vente.

Préparer la cession sans fragiliser le portefeuille

Un cabinet de courtage se prépare idéalement deux à trois exercices avant la vente. Les étapes que nous recommandons :

  • Cartographier le chiffre d’affaires par assureur, par client, par branche et par type de commission, en isolant le précompte.
  • Relire chaque protocole et chaque délégation pour repérer les clauses de changement de contrôle et d’intuitu personae.
  • Faire auditer la conformité DDA et le suivi de formation, puis corriger les écarts.
  • Répartir la relation client entre plusieurs collaborateurs et, si possible, faire monter un second dirigeant disposant de la capacité professionnelle.
  • Choisir entre cession de titres et cession de portefeuille avec votre conseil fiscal. Notre article sur la fiscalité de la vente d’une entreprise pose les bases.
  • Approcher plusieurs familles d’acquéreurs sous accord de confidentialité. Dans un métier où tout le monde se parle, la discrétion protège la valeur. Nous détaillons cette phase dans vendre sa PME en toute confidentialité.
  • Informer les salariés au bon moment. Depuis la loi n° 2026-403 du 26 mai 2026, applicable aux cessions conclues à partir de fin juillet 2026, les entreprises de moins de 50 salariés doivent les informer au plus tard un mois avant la cession, et celles dotées d’un CSE passent par son information-consultation. Voir aussi comment annoncer la cession à ses salariés.

De la lettre d’intention au closing, voir les grandes étapes d’un process de cession.

Là où la valeur s’évapore

L’attrition après le départ du dirigeant est le risque que les acheteurs redoutent le plus. Un client IARD fidèle à une personne peut suivre un ancien chargé d’affaires chez un concurrent. C’est souvent là que la négociation se tend, avec un complément de prix indexé sur la rétention du portefeuille et une période d’accompagnement longue. À notre avis, un earn-out sur la rétention est acceptable s’il porte sur une durée courte et des critères que le cédant peut réellement influencer.

Le précompte est un autre piège. Un cabinet qui a beaucoup produit en santé ou prévoyance individuelle dans les derniers mois peut afficher une belle croissance, suivie de reprises de commissions si les contrats sont résiliés.

Une clause de changement de contrôle découverte tard, une délégation retirée avant le closing, des départs après une annonce prématurée : ces incidents coûtent cher en garanties et en séquestre. Enfin, négocier avec un seul consolidateur prive le cédant de toute comparaison. C’est l’une des raisons pour lesquelles il est utile de se faire accompagner dans la cession de sa PME.

Les questions que nous posent les dirigeants de cabinets

Combien vaut un cabinet de courtage en assurance ?

La valeur dépend de l’EBE retraité, de la part de commissions récurrentes, de la rétention historique et de la dépendance au dirigeant.

J’ai un cabinet de courtage à vendre, dois-je d’abord prévenir mes assureurs ?

Pas au début. Relisez d’abord vos protocoles pour savoir ce qu’ils imposent en cas de changement de contrôle. L’information des assureurs se prépare avec l’acquéreur retenu, au moment prévu par les contrats, pour éviter qu’une rumeur ne fragilise vos codes ou votre équipe.

Mes codes compagnies sont-ils transférés à l’acheteur ?

En cession de titres, les codes restent attachés à votre société et ne sont donc pas transférés à proprement parler. Seules les clauses de changement de contrôle peuvent les remettre en cause. En cession de portefeuille, l’acheteur doit obtenir ses propres codes et faire reconnaître sa qualité de courtier sur les contrats repris.

Puis-je vendre seulement mon portefeuille de particuliers et garder l’IARD entreprises ?

Oui, par une cession partielle de portefeuille. C’est plus lent et plus exposé à l’attrition qu’une cession de titres. Filialiser la branche au préalable peut simplifier l’opération.

Faut-il rester après la vente ?

Presque toujours, au moins quelques mois. Les consolidateurs veulent sécuriser la transmission des relations clients et, souvent, le temps de faire valider la capacité professionnelle d’un nouveau dirigeant. Sa durée se négocie dès la LOI.

Sources : ORIAS ; ACPR ; Actu-Juridique ; Eloa ; Henner ; Malatiré ; France Transactions ; Fidal ; Advent International ; CFNEWS ; News Assurances Pro ; Autorité de la concurrence ; Kereis ; Zonebourse ; Atlas Magazine ; Valther ; Ardonagh ; La Tribune de l’Assurance ; Marsh ; Groupe Adélaïde ; L’Argus de l’assurance (opérations citées).

Vous dirigez un cabinet de courtage et vous voulez savoir ce que vaut votre portefeuille, ou comment le céder sans perdre vos clients ni vos codes ? L’équipe Mon Projet PME accompagne les dirigeants de PME dans la préparation de leur cession. Échangeons en toute confidentialité.

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