Articles | Catégorie Patrimoine Céder, valoriser et financer votre PME Fri, 23 Oct 2026 12:32:40 +0000 fr-FR hourly 1 https://www.monprojetpme.fr/wp-content/uploads/2022/09/cropped-FAVICON_MPP-32x32.png Articles | Catégorie Patrimoine 32 32 Pacte Dutreil : transmettez votre PME familiale à moindre frais (règles 2026) https://www.monprojetpme.fr/pacte-dutreil-transmettez-votre-pme-familiale-a-moindre-frais/ Wed, 16 Sep 2026 08:00:00 +0000 http://www.monprojetpme.fr/?p=6206 Exonération de 75 %, engagements de conservation, nouveautés de la loi de finances 2026 et exemple chiffré : l’essentiel du pacte Dutreil pour votre PME.

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Le pacte Dutreil est un régime fiscal prévu par l’article 787 B du Code général des impôts qui exonère de droits de donation ou de succession 75 % de la valeur des titres d’une société transmise à titre gratuit, en contrepartie d’engagements de conservation des titres et de direction de l’entreprise. Seul le quart restant est taxé, après application des abattements habituels. Pour une donation en pleine propriété consentie par un dirigeant de moins de 70 ans, les droits ainsi calculés sont en outre réduits de moitié. Sur une PME valorisée 10 M€ transmise à deux enfants, la facture fiscale peut passer d’environ 3,4 M€ à environ 200 000 €.

Article mis à jour en 2026.

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Le pacte Dutreil : principe et avantages

Créé en 1999, le dispositif vise à éviter que le coût fiscal d’une transmission familiale contraigne les héritiers à vendre l’entreprise. Il s’applique aux donations (y compris donations-partages) comme aux successions, aux titres de sociétés (article 787 B du CGI) comme à l’entreprise individuelle (article 787 C).

Ses avantages se cumulent :

  • Exonération de 75 % de la valeur des titres transmis, sans plafond de montant ;
  • Abattements de droit commun appliqués sur la part restant taxable (100 000 € par parent et par enfant, renouvelable tous les 15 ans) ;
  • Réduction de 50 % des droits (article 790 du CGI) pour une donation en pleine propriété lorsque le donateur a moins de 70 ans ; cette réduction ne concerne ni les successions ni les donations en nue-propriété ;
  • Paiement différé et fractionné des droits restants : différé de 5 ans puis paiement en 10 ans (21 versements semestriels), à un taux d’intérêt réduit, notamment lorsque la transmission porte sur au moins 5 % du capital de la société.

Les conditions à respecter

L’engagement collectif de conservation

Avant la transmission, le dirigeant (seul, depuis 2019, ou avec d’autres associés) souscrit un engagement de conserver ses titres pendant au moins deux ans. Il doit porter sur au moins 17 % des droits financiers et 34 % des droits de vote d’une société non cotée (10 % et 20 % pour une société cotée). La transmission doit intervenir alors que cet engagement est en cours, et il doit être constaté par acte notarié ou acte sous seing privé enregistré.

Deux mécanismes permettent de s’en passer lorsque rien n’a été signé :

  • L’engagement réputé acquis : les titres sont détenus depuis au moins deux ans par le défunt ou le donateur, seul ou avec son conjoint, partenaire de Pacs ou concubin, dans le respect des seuils, et l’un d’eux exerce depuis plus de deux ans une fonction de direction dans la société ;
  • L’engagement post mortem : en cas de décès, les héritiers ou légataires peuvent conclure l’engagement collectif dans les six mois qui suivent le décès, entre eux ou avec d’autres associés.

L’engagement individuel de conservation

Chaque héritier, donataire ou légataire s’engage, dans l’acte de donation ou la déclaration de succession, à conserver les titres reçus pendant six ans à compter de la fin de l’engagement collectif. Cette durée était de quatre ans pour les transmissions antérieures au 21 février 2026. Un manquement individuel ne remet en cause que l’exonération du bénéficiaire concerné.

La fonction de direction

L’un des signataires de l’engagement collectif ou l’un des bénéficiaires doit exercer une fonction de direction dans la société (gérant, président, directeur général, président du conseil d’administration, etc., ou activité professionnelle principale dans une société de personnes) pendant toute la durée de l’engagement collectif et pendant les trois ans qui suivent la transmission.

L’activité éligible et le cas des holdings

La société doit exercer à titre principal une activité industrielle, commerciale, artisanale, agricole ou libérale. L’administration retient en pratique un double critère : au moins 50 % du chiffre d’affaires et au moins 50 % de l’actif brut relevant de l’activité éligible. Sont notamment exclues la gestion de son propre patrimoine mobilier ou immobilier et la location meublée.

Une holding animatrice, qui participe activement à la conduite de la politique du groupe et au contrôle de ses filiales opérationnelles, est elle-même éligible. L’engagement collectif peut également être pris par l’intermédiaire d’une holding interposée, dans la limite de deux niveaux d’interposition ; l’exonération est alors calculée à proportion de la valeur de la participation soumise à engagement dans l’actif de la holding.

Ce qui a changé récemment

La loi de finances pour 2025 n’a pas modifié le dispositif. La loi n° 2026-103 du 19 février 2026 de finances pour 2026 (article 8) l’a en revanche recentré, pour les transmissions intervenues à compter du 21 février 2026, sur deux points confirmés par l’administration fiscale dans le BOFiP du 10 août 2026 :

  1. Engagement individuel porté de quatre à six ans. Avec l’engagement collectif de deux ans, la durée minimale totale de conservation atteint désormais huit ans.
  2. Exclusion des biens dits « somptuaires ». La fraction de la valeur des titres représentative de certains actifs ne bénéficie plus de l’exonération de 75 %, sauf s’ils sont exclusivement affectés à l’activité de la société depuis au moins trois ans avant la transmission (ou depuis leur acquisition) et jusqu’au terme de l’engagement individuel. La liste est limitative : biens affectés à la chasse et à la pêche ; véhicules de tourisme, yachts, bateaux de plaisance et avions ; bijoux, métaux précieux, objets d’art et de collection ; chevaux de course ou de concours ; vins et alcools ; logements et résidences. La règle s’applique aussi aux actifs détenus par les filiales contrôlées.

Plusieurs propositions discutées pendant les débats n’ont pas été retenues : suppression de l’engagement réputé acquis, condition d’âge des bénéficiaires, clause anti-abus visant les opérations de family buy-out. Le taux de 75 % et la réduction de 50 % sont inchangés. De nouveaux ajustements restent possibles lors des prochaines lois de finances.

Exemple chiffré : donation d’une PME valorisée 10 M€

Hypothèses : un couple marié sous le régime de la communauté détient 100 % d’une société opérationnelle valorisée 10 M€, sans actif somptuaire. Les deux parents, âgés de 65 ans, donnent la totalité des titres en pleine propriété à leurs deux enfants, à parts égales, sans donation antérieure depuis 15 ans. Chaque enfant reçoit donc 2,5 M€ de chaque parent, soit quatre donations distinctes bénéficiant chacune de l’abattement de 100 000 €. Calcul au barème en ligne directe, hors frais d’acte ; montants arrondis.

Par donation (un parent vers un enfant) Sans Dutreil Avec Dutreil
Valeur des titres donnés 2 500 000 € 2 500 000 €
Exonération de 75 % – 1 875 000 €
Abattement 100 000 € 100 000 €
Base taxable 2 400 000 € 525 000 €
Droits au barème 842 400 € 103 200 €
Réduction de 50 % (donateur de moins de 70 ans) – 51 600 €
Droits dus 842 400 € 51 600 €
Total pour la famille (4 donations) Montant Taux effectif
Sans pacte Dutreil environ 3 370 000 € 33,7 %
Avec pacte Dutreil, donateurs de 70 ans ou plus environ 413 000 € 4,1 %
Avec pacte Dutreil, donateurs de moins de 70 ans environ 206 000 € 2,1 %

Si la société détenait une résidence non affectée à l’activité, la fraction correspondante de la valeur des titres serait taxée sans exonération. Tout repose par ailleurs sur la valeur retenue : une valorisation documentée et défendable limite le risque de rectification.

Céder des titres pendant l’engagement : le coût de la rupture

La date de la vente commande la réponse. L’engagement collectif, deux ans au minimum, doit être en cours au jour de la donation, et l’engagement individuel de six ans commence à son expiration. Le BOI-ENR-DMTG-10-20-40-20, version du 10 août 2026, consacre une subdivision à chacun des deux cas, au I-A et au I-B.

Un donataire qui vend pendant l’engagement collectif perd l’exonération sur la totalité des titres qu’il a reçus sous le régime, quel que soit le nombre de titres vendus : la vente rompt l’engagement collectif, et l’engagement individuel ne pourra plus être respecté. Vendre 5 % des titres reçus rend donc exigibles les droits sur 100 % d’entre eux (paragraphe 50).

Une vente faite plus tard, pendant le seul engagement individuel, rend exigibles le complément de droits et l’intérêt de retard sur l’ensemble de la participation transmise (paragraphe 60). Un cas y échappe, la donation consentie par le donataire à ses propres descendants, à condition qu’ils poursuivent l’engagement jusqu’à son terme (paragraphe 200, et i de l’article 787 B).

Le bénéficiaire paie le complément de droits de mutation sur la valeur retenue au jour de la donation, celle qui figure dans l’acte, quelle que soit la valeur de la société le jour de la revente. Il paie en plus l’intérêt de retard, 0,20 % par mois, soit 2,4 % par an (CGI, article 1727, III), couru du premier jour du mois suivant celui où les droits auraient dû être payés jusqu’au dernier jour du mois du paiement.

La majoration de 40 % de l’article 1729 suppose des indications inexactes fournies au moment de la transmission et un manquement délibéré établi. Un donataire qui vend en cours d’engagement sans avoir rien dissimulé au départ paie les droits rappelés et l’intérêt de retard, et rien d’autre.

Pendant l’engagement collectif, la cession ou la donation faite en faveur d’un autre associé limite la reprise aux seuls titres transmis. Le e ter de l’article 787 B entend par là un signataire de l’engagement, ou l’un de ses ayants cause à titre gratuit, c’est-à-dire celui qui tient ces titres de lui par donation ou par succession. Le donateur qui a signé l’engagement collectif et conserve des titres entre dans cette définition ; la société elle-même n’ayant rien signé, un rachat de ses propres titres pour les annuler ramène à la reprise totale. La règle vaut pour les opérations réalisées à compter du 1er janvier 2019.

L’identité de l’acheteur change donc l’étendue de la reprise plus que le nombre de titres vendus. La vente de 10 % à un tiers coûte l’exonération sur la totalité des titres reçus. Les mêmes 10 % cédés au père signataire, à la sœur qui tient ses titres du même donateur ou à l’associé qui a signé le même engagement ne la coûtent que sur eux-mêmes.

Du côté des autres signataires, la sortie de l’un d’eux laisse le régime en place tant que les seuils du 1 du b de l’article 787 B demeurent collectivement respectés jusqu’au terme de l’engagement collectif, soit 17 % des droits financiers et 34 % des droits de vote dans une société non cotée. Quand la cession fait passer sous ces planchers, l’exonération dont bénéficient les ayants cause des autres signataires tombe. Elle est maintenue si l’acheteur adhère lui-même à l’engagement à hauteur de tout ou partie des titres achetés et si l’engagement collectif est reconduit pour deux ans au moins.

L’apport des titres reçus à une holding ne rompt pas l’engagement, même quand il est partiellement rémunéré par la prise en charge d’une soulte de partage. Trois conditions y sont posées au f de l’article 787 B : les trois quarts du capital de la holding détenus par les engagés, la holding dirigée par l’un d’eux, et l’engagement de conservation poursuivi jusqu’à son terme.

Pour un bien qui cesse d’être affecté à l’activité après la transmission, un logement laissé au bilan par exemple, la reprise ne porte que sur la fraction de la valeur des titres que ce bien représente, appréciée à la date de la transmission (paragraphe 150). Une fusion ou une scission au sens de l’article 817 A du CGI laisse l’exonération en place tant que les titres reçus en échange sont conservés jusqu’au terme des engagements.

Une fois les engagements arrivés à leur terme, le donataire vend librement. Le point de départ des six ans dépend de la voie choisie. Avec un engagement collectif signé, ils courent à compter de son expiration, reconduction tacite comprise, de sorte que l’horizon vu du jour de la donation est de six ans plus ce qui reste à courir sur le collectif. En engagement réputé acquis, ils courent à compter de l’enregistrement de l’acte de donation, et l’immobilisation totale est donc de six ans (BOI-ENR-DMTG-10-20-40-10, paragraphe 370). La durée de six ans vaut pour les transmissions intervenues à compter du 21 février 2026, date d’entrée en vigueur de la loi n° 2026-103 du 19 février 2026, les transmissions antérieures restant sur quatre ans.

Le prix de revient du donataire pour le calcul de sa plus-value reste la valeur retenue dans l’acte de donation, que les engagements soient allés à leur terme ou non.

Quand la vente à un tiers est déjà envisagée à deux ou trois ans, la donation avant cession hors Dutreil et l’apport-cession de l’article 150-0 B ter répondent mieux, et nous les comparons dans notre article sur la fiscalité de la vente d’une entreprise. Une lettre d’intention signée avant l’acte de donation fait tomber l’antériorité de la donation.

Les erreurs à éviter

  • Signer l’engagement collectif trop tard ou laisser la transmission intervenir alors qu’il n’est plus en cours.
  • Négliger la fonction de direction dans les trois ans qui suivent la transmission.
  • Laisser au bilan des actifs non professionnels (logement, véhicule de prestige, œuvres d’art) sans anticiper la règle des trois ans.
  • Céder, apporter ou redonner des titres pendant les engagements sans vérifier que l’opération entre dans une exception.
  • Oublier de produire les attestations de conservation, notamment dans les trois mois suivant la fin de l’engagement individuel.
  • Croire que la réduction de 50 % s’applique aux successions ou aux donations en nue-propriété.
  • Mettre en place un pacte Dutreil alors qu’une vente de l’entreprise est déjà en préparation.

Questions fréquentes

Mon pacte a été signé avant février 2026 : l’engagement individuel est-il de quatre ou six ans ?

Selon l’administration, la durée de six ans s’applique aux transmissions intervenues à compter du 21 février 2026. Une donation antérieure reste soumise à quatre ans ; une donation postérieure relève des nouvelles règles, même si l’engagement collectif a été signé avant.

Le pacte Dutreil s’applique-t-il si le dirigeant décède sans avoir rien signé ?

Oui, sous conditions : soit l’engagement est réputé acquis (détention et direction depuis au moins deux ans), soit les héritiers concluent un engagement collectif dans les six mois du décès. La réduction de 50 % est en revanche réservée aux donations.

Peut-on donner seulement une partie des titres ?

Oui. Les seuils de 17 % et 34 % s’apprécient au niveau de l’engagement collectif, pas des titres donnés. Le paiement différé et fractionné suppose toutefois, pour une société non cotée, que la transmission porte sur au moins 5 % du capital.

Peut-on donner la nue-propriété et conserver l’usufruit ?

Oui, l’exonération de 75 % reste applicable, à condition que les droits de vote de l’usufruitier soient statutairement limités aux décisions relatives à l’affectation des bénéfices. La réduction de 50 % n’est en revanche pas ouverte aux donations démembrées.

Une holding peut-elle bénéficier du pacte Dutreil ?

Oui, si elle est animatrice de son groupe, ou via une holding interposée dans la limite de deux niveaux. L’exonération est alors limitée à la fraction de valeur représentative de la société opérationnelle, hors actifs somptuaires des filiales.

Avertissement : cet article fournit une information générale et ne constitue pas un conseil juridique ou fiscal. Faites valider votre situation par un notaire ou un avocat fiscaliste avant toute opération. L’équipe Mon Projet PME peut vous accompagner dans la préparation de votre transmission ou de votre cession : prenez contact avec nous.

Sources : Loi n° 2026-103 du 19 février 2026 de finances pour 2026 (Légifrance) ; BOFiP, actualité du 10 août 2026 sur l’article 8 de la loi de finances pour 2026 ; BOFiP BOI-ENR-DMTG-10-20-40-10 (conditions de l’exonération partielle) ; BOFiP BOI-ENR-DMTG-10-20-40-20, version du 10 août 2026 (remise en cause de l’exonération partielle) ; BOFiP, intérêt de retard de l’article 1727 du CGI ; BOFiP, réduction de droits de l’article 790 du CGI ; impots.gouv.fr, barème et abattements des droits de donation ; economie.gouv.fr, loi de finances 2026 : ce qui change pour les entreprises.

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Vendre son entreprise : quelle fiscalité en 2026 ? https://www.monprojetpme.fr/vendre-son-entreprise-a-quoi-s-attendre-en-termes-de-fiscalite/ Wed, 16 Sep 2026 08:00:00 +0000 https://www.monprojetpme.fr/?p=7443 Plus-value de cession en 2026 : PFU à 31,4 %, barème et abattements, abattement retraite, CEHR, CDHR et apport-cession durci, avec un exemple chiffré.

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En 2026, la plus-value réalisée lors de la vente des titres de votre société est imposée par défaut au prélèvement forfaitaire unique (PFU) de 31,4 % : 12,8 % d’impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux, en hausse de 1,4 point depuis la LFSS 2026. Sur option pour le barème progressif, des titres acquis avant 2018 peuvent bénéficier d’un abattement pour durée de détention allant jusqu’à 85 %, et un abattement fixe de 500 000 € existe en cas de départ à la retraite. Pour les cessions importantes s’ajoutent la contribution exceptionnelle sur les hauts revenus (3 % ou 4 %) et, le cas échéant, la contribution différentielle qui garantit une imposition minimale de 20 %. L’apport préalable des titres à une holding (article 150-0 B ter du CGI) permet de reporter l’impôt, mais ses conditions ont été durcies depuis le 21 février 2026.

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Le principe : l’imposition de la plus-value de cession de titres

Lorsque vous vendez les actions ou parts sociales de votre société, vous êtes imposé sur la plus-value : la différence entre le prix de cession, net des frais supportés par le vendeur, et le prix d’acquisition ou de souscription des titres. C’est donc le prix obtenu qui détermine votre facture fiscale, d’où l’intérêt de disposer tôt d’une estimation réaliste de la valeur de votre entreprise.

Cette plus-value supporte l’impôt sur le revenu (au PFU ou au barème) et les prélèvements sociaux de 18,6 %, toujours calculés sur la plus-value brute. S’y ajoutent, pour les revenus élevés, la CEHR et la CDHR. Le régime d’imposition et la structuration de l’opération se décident bien avant la signature, dans le cadre de la préparation de votre cession.

Reprenons notre exemple. M. B a créé la société A en 2005 en apportant 100 000 €. Il cède en 2026 100 % des titres pour 1 100 000 €, soit une plus-value de 1 000 000 €. Hypothèses : M. B est célibataire, perçoit par ailleurs 100 000 € de revenus imposables par an depuis plusieurs années et ne part pas à la retraite (sauf mention contraire). Nous utilisons le barème publié en 2026, celui des revenus 2026 devant être fixé par la loi de finances pour 2027.

Option 1 : le prélèvement forfaitaire unique (PFU)

Sans option de votre part, la plus-value est soumise au PFU, ou « flat tax ». Pour une cession réalisée en 2026, son taux global est de 31,4 % : 12,8 % d’impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux (CSG de 10,6 %, CRDS de 0,5 %, prélèvement de solidarité de 7,5 %). La hausse de CSG votée dans la LFSS 2026 vise les plus-values de cession de valeurs mobilières réalisées depuis 2025.

Le PFU est simple et prévisible, mais il exclut les abattements pour durée de détention et la CSG n’est pas déductible.

Pour M. B : 1 000 000 € × 12,8 % = 128 000 € d’impôt sur le revenu, et 1 000 000 € × 18,6 % = 186 000 € de prélèvements sociaux, avant contributions sur les hauts revenus.

Option 2 : le barème progressif et les abattements pour durée de détention

Vous pouvez opter pour le barème progressif (taux marginal de 45 %). Cette option est globale : elle s’applique à tous vos revenus et gains de capitaux mobiliers de l’année, dividendes et intérêts compris.

Son intérêt : pour les titres acquis ou souscrits avant le 1er janvier 2018, la plus-value imposable à l’impôt sur le revenu est réduite d’un abattement pour durée de détention :

  • Abattement de droit commun : 50 % pour une détention de 2 à 8 ans, 65 % au-delà de 8 ans.
  • Abattement renforcé, notamment pour les titres de PME souscrits ou acquis dans les 10 ans de la création de la société : 50 % entre 1 et 4 ans, 65 % entre 4 et 8 ans, 85 % au-delà de 8 ans.

Ces abattements ne réduisent ni les prélèvements sociaux, ni le revenu fiscal de référence qui sert d’assiette à la CEHR et à la CDHR. En revanche, l’option permet de déduire 6,8 % de CSG de votre revenu imposable de l’année suivante.

Pour M. B, dont les titres ont été souscrits à la création : abattement renforcé de 85 %. La plus-value imposable est de 150 000 €, ce qui génère environ 64 000 € d’impôt supplémentaire compte tenu de ses autres revenus. Les prélèvements sociaux restent de 186 000 €. La CSG déductible (68 000 €) pourra réduire l’impôt de l’année suivante d’environ 20 000 € si ses revenus restent comparables.

L’abattement fixe de 500 000 € pour départ à la retraite

Le dirigeant qui cède les titres de sa PME pour partir à la retraite peut bénéficier d’un abattement fixe de 500 000 € sur la plus-value (article 150-0 D ter du CGI), prorogé par la loi de finances pour 2025 pour les cessions réalisées jusqu’au 31 décembre 2031. Il s’applique au PFU comme au barème, quelle que soit la date d’acquisition des titres. Principales conditions :

  • la société est une PME au sens européen (moins de 250 personnes, chiffre d’affaires n’excédant pas 50 M€ ou total de bilan n’excédant pas 43 M€), soumise à l’IS et exerçant une activité opérationnelle depuis au moins 5 ans ;
  • vous l’avez dirigée de manière continue pendant les 5 ans précédant la cession et y déteniez au moins 25 % des droits de vote ou des droits financiers ;
  • vous cédez l’intégralité de vos titres (ou plus de 50 % des droits de vote), cessez toute fonction dans la société et faites valoir vos droits à la retraite dans les 2 ans précédant ou suivant la cession ;
  • vous ne détenez pas de participation dans la société acquéreuse.

L’abattement fixe ne se cumule pas avec les abattements pour durée de détention et ne réduit pas les prélèvements sociaux. Si M. B était éligible, son impôt sur le revenu au PFU tomberait à 500 000 € × 12,8 % = 64 000 €, soit 64 000 € d’économie par rapport à l’option 1.

Les contributions sur les hauts revenus : CEHR et CDHR

La contribution exceptionnelle sur les hauts revenus (CEHR) porte sur le revenu fiscal de référence, plus-value comprise, abattements inclus : pour une personne seule, 3 % entre 250 000 € et 500 000 €, puis 4 % au-delà ; pour un couple, 3 % entre 500 000 € et 1 000 000 €, puis 4 % au-delà. Un mécanisme de lissage l’atténue en cas de revenu exceptionnel, si vos revenus des deux années précédentes étaient sous ces seuils.

La contribution différentielle sur les hauts revenus (CDHR), créée par la loi de finances pour 2025, a été reconduite par la loi de finances pour 2026 jusqu’à ce que le déficit public repasse sous 3 % du PIB. Elle concerne les foyers dont le revenu de référence dépasse 250 000 € (personne seule) ou 500 000 € (couple) et garantit une imposition minimale de 20 %. Pour un cédant :

  • une plus-value qualifiée d’exceptionnelle (non récurrente et supérieure à la moyenne de vos revenus des trois années précédentes) n’est retenue que pour le quart de son montant, de même que l’impôt correspondant ;
  • l’abattement pour départ à la retraite est exclu du revenu de référence, mais pas les abattements pour durée de détention : la CDHR peut donc reprendre une partie de l’avantage du barème ;
  • un acompte de 95 % doit être versé spontanément entre le 1er et le 15 décembre de l’année de la cession.

Pour M. B, la CEHR lissée représente environ 23 000 €. La CDHR est estimée à environ 7 000 € au PFU et 23 000 € au barème.

Option 3 : l’apport-cession (article 150-0 B ter du CGI)

M. B peut apporter ses titres à une holding qu’il contrôle, qui cède ensuite la société A. La plus-value d’apport est placée en report d’imposition : aucun impôt n’est payé à la cession, et la holding, qui revend les titres à leur valeur d’apport, ne dégage pas de plus-value. Le prix est encaissé par la holding, pas par M. B.

Si la holding cède les titres moins de 3 ans après l’apport, le report est maintenu à condition de réinvestir. La loi de finances pour 2026 a durci les règles pour les cessions réalisées à compter du 21 février 2026 :

  • réinvestissement d’au moins 70 % du prix de cession (contre 60 %), dans un délai de 3 ans (contre 2 ans) ;
  • conservation des actifs réinvestis pendant au moins 5 ans (contre 12 mois pour la plupart des réinvestissements) ;
  • réinvestissements éligibles : moyens permanents d’exploitation, prise de contrôle ou souscription au capital de sociétés opérationnelles, parts de FCPR, FPCI, SLP ou SCR respectant un quota de 75 % ;
  • exclusions élargies, notamment pour certaines activités immobilières et financières.

Le report prend fin, et l’impôt devient exigible, en cas notamment de réinvestissement insuffisant, de cession des titres de la holding ou de transfert du domicile fiscal hors de France. L’imposition est alors établie selon les règles et taux de l’année de l’apport. En cas de donation des titres de la holding, l’impôt peut être effacé si les donataires les conservent 6 ans (11 ans en cas de réinvestissement dans des fonds).

Pour M. B, avec une cession moins de 3 ans après l’apport : aucun impôt immédiat, mais 770 000 € à réinvestir et une imposition latente d’environ 314 000 € (taux de 31,4 % de 2026). Les 330 000 € restants sont libres d’emploi dans la holding, mais leur distribution à M. B serait imposée comme un dividende. La nouvelle taxe sur les holdings patrimoniales vise certains actifs non professionnels (bateaux, véhicules, logements occupés par l’associé…), pas la trésorerie ni les placements financiers.

Comparaison des trois options pour M. B

Cession 2026, plus-value de 1 000 000 € Option 1 : PFU Option 2 : barème (abattement 85 %) Option 3 : apport-cession
Impôt sur le revenu 128 000 € 64 000 € 0 € (report)
Prélèvements sociaux (18,6 %) 186 000 € 186 000 € 0 € (report)
CEHR (avec lissage) 23 000 € 23 000 € 0 €
CDHR (estimation) 7 000 € 23 000 € 0 €
Total prélevé à la cession 344 000 € 296 000 € 0 €
Montant disponible 756 000 € à titre personnel 804 000 € à titre personnel, plus CSG déductible l’année suivante 1 100 000 € dans la holding, dont 770 000 € à réinvestir
Contraintes Aucune Option globale, titres acquis avant 2018 Réinvestissement de 70 % sous 3 ans, conservation 5 ans, impôt latent d’environ 314 000 €

Chiffres arrondis, hors frais de cession et hors impôt sur les autres revenus de M. B. En cas de départ à la retraite éligible, le PFU avec abattement fixe ramènerait le total à environ 273 000 €. Le bon choix dépend de votre situation familiale, de vos autres revenus, de la date d’acquisition des titres et de l’usage prévu du produit de la vente.

Les erreurs à éviter

  • Raisonner avec l’ancien taux de 30 % : le PFU sur les plus-values mobilières est désormais de 31,4 %.
  • Oublier que les abattements ne réduisent pas les prélèvements sociaux, ni l’assiette de la CEHR et de la CDHR.
  • Opter pour le barème sans simulation globale : l’option vaut pour tous vos revenus de capitaux mobiliers de l’année.
  • Signer avant d’avoir structuré : un apport à une holding ou une donation doit intervenir avant que la cession soit engagée.
  • Choisir l’apport-cession sans projet de réinvestissement compatible avec les règles de 2026.
  • Négliger la trésorerie fiscale : acompte de CDHR en décembre de l’année de la cession, solde de l’impôt l’année suivante.
  • Traiter la fiscalité en fin de parcours, alors qu’elle fait partie des étapes d’une cession réussie.

Questions fréquentes

Quel est le taux de la flat tax sur une plus-value de cession d’entreprise en 2026 ?

Le PFU est de 31,4 % : 12,8 % d’impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux. S’y ajoutent, selon votre revenu fiscal de référence, la CEHR (3 % ou 4 %) et éventuellement la CDHR.

Vaut-il mieux choisir le PFU ou le barème progressif ?

Le barème est surtout intéressant pour des titres acquis avant 2018 ouvrant droit à un abattement élevé, comme l’abattement renforcé de 85 %. Pour des titres acquis depuis 2018, le PFU est le plus souvent préférable. Une simulation intégrant CEHR, CDHR et autres revenus reste indispensable.

L’abattement de 500 000 € pour départ à la retraite existe-t-il toujours ?

Oui, jusqu’au 31 décembre 2031. Il suppose notamment d’avoir dirigé la PME pendant 5 ans, d’en détenir au moins 25 %, de céder l’intégralité de ses titres et de partir à la retraite dans les 2 ans avant ou après la cession. Il ne réduit pas les prélèvements sociaux.

L’apport-cession permet-il d’échapper à l’impôt ?

Non, il le reporte. Depuis le 21 février 2026, si la holding vend dans les 3 ans de l’apport, elle doit réinvestir 70 % du prix sous 3 ans dans des actifs éligibles conservés 5 ans. Le dispositif convient aux dirigeants qui ont un réel projet d’investissement.

Donner des titres à ses enfants avant la cession réduit-il l’impôt ?

Une donation antérieure à la cession peut effacer la plus-value sur les titres donnés, les donataires les revendant à leur valeur de donation. Elle doit être réelle et irrévocable, intervenir avant l’engagement de vente, et le donateur ne doit pas récupérer le prix, sous peine d’abus de droit. Des droits de donation restent dus ; pour une transmission familiale, un pacte Dutreil peut être étudié.

Cet article présente des informations générales à jour au 16 septembre 2026 et ne constitue pas un conseil fiscal. Faites valider votre projet par un avocat fiscaliste ou votre expert-comptable avant toute décision. Vous préparez la vente de votre entreprise ? Échangez avec l’équipe Mon Projet PME.

Sources : Service-Public.fr, plus-values sur valeurs mobilières ; Service-Public.fr, prélèvements sociaux sur les revenus du patrimoine ; impots.gouv.fr, abattement pour départ à la retraite ; BOFiP, contribution différentielle sur les hauts revenus ; BOFiP, report d’imposition de l’article 150-0 B ter ; Légifrance, loi n° 2026-103 du 19 février 2026 de finances pour 2026.

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Que faire après avoir cédé son entreprise ? Le guide 2026 https://www.monprojetpme.fr/que-faire-apres-avoir-cede-son-entreprise/ Wed, 16 Sep 2026 08:00:00 +0000 https://www.monprojetpme.fr/?p=8505 Accompagnement du repreneur, apport-cession durci en 2026, business angel, donation, transition personnelle : comment préparer l'après-cession avant de signer.

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Après avoir cédé son entreprise, un dirigeant dispose généralement de quatre grandes options, souvent combinées : accompagner le repreneur pendant une période de transition, réinvestir dans une ou plusieurs entreprises, gérer et transmettre le produit de la cession, ou se lancer dans un projet nouveau, associatif ou de conseil. Le bon choix dépend de votre âge, de votre famille, de vos besoins de revenus et de votre envie de rester entrepreneur. Surtout, la plupart de ces options se préparent avant la signature : un apport à une holding ou une donation de titres ne peuvent plus être mis en place une fois les titres vendus.

Article mis à jour en 2026.

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Anticiper l’après-cession avant de signer

La vente d’une PME prend souvent entre neuf et dix-huit mois (voir notre méthode pour vendre son entreprise en 5 étapes). Profitez-en pour répondre à trois questions :

  • De quels revenus aurez-vous besoin après la cession, et à quel horizon ?
  • Souhaitez-vous réinvestir dans des entreprises ou privilégier la sécurité et la transmission ?
  • Quelle place souhaitez-vous garder dans l’entreprise vendue : aucune, un accompagnement de quelques mois, un rôle plus long avec un complément de prix ?

Les réponses orientent des choix à arrêter avant l’engagement ferme de cession :

  1. Apporter tout ou partie de vos titres à une holding avant la vente, pour réinvestir en report d’imposition (régime de l’article 150-0 B ter du CGI, détaillé plus bas).
  2. Donner une partie des titres à vos enfants avant la cession, ce qui peut effacer la plus-value sur la part donnée si la donation précède la vente et que vous vous en dépouillez réellement et irrévocablement.
  3. Vérifier votre éligibilité à l’abattement fixe de 500 000 euros réservé au dirigeant qui part à la retraite dans les deux ans qui précèdent ou suivent la cession.
  4. Si vous hésitez entre vendre et transmettre en famille, comparer avec le pacte Dutreil, dont l’engagement individuel de conservation a été porté de quatre à six ans par la loi de finances pour 2026.

Point de départ indispensable : sans ordre de grandeur réaliste du prix net, aucun scénario patrimonial n’est fiable. Notre page valorisation présente notre approche.

Accompagner le repreneur (durée, rémunération, non-concurrence)

La plupart des acquéreurs demandent au cédant d’assurer une transition : présentation aux clients, transfert du savoir-faire, rassurance des équipes. La durée est librement négociée ; en pratique, de quelques mois à un ou deux ans, selon la dépendance de l’entreprise à son dirigeant.

Quel cadre juridique et quelle rémunération ?

Selon la CCI, cet accompagnement peut prendre la forme d’un contrat de travail à durée déterminée, d’une convention d’accompagnement ou de prestation de services, ou d’une simple disponibilité à la demande. Il se négocie avec le contrat de cession : missions, durée, présence, rémunération, fin anticipée. Une règle évite bien des tensions : le repreneur décide, le cédant conseille.

Earn-out : attention au lien avec votre présence

Un complément de prix (earn-out) indexé sur les résultats des années suivantes, souvent sur un à trois ans, peut combler un écart de valorisation. Il est imposé comme une plus-value l’année de son versement. Mais s’il dépend de votre maintien en fonction ou de votre travail, l’administration peut le requalifier en rémunération, imposée au barème et soumise à cotisations. Mieux vaut dissocier clairement le prix des titres et la rémunération de l’accompagnement.

La clause de non-concurrence

Presque toujours présente, elle n’est valable que si elle est limitée dans le temps, dans l’espace et quant aux activités visées, et proportionnée à l’intérêt légitime de l’acquéreur (protéger la clientèle et la valeur achetée). Si vous étiez salarié de la société au moment de votre engagement, la Cour de cassation exige en outre une contrepartie financière réelle, distincte du prix des titres (Cass. com., 5 novembre 2025, n° 23-16.431). Relisez-la au regard de votre projet suivant.

Réinvestir dans une ou plusieurs entreprises

La holding et l’apport-cession en 2026

Le schéma consiste à apporter vos titres, avant la vente, à une holding que vous contrôlez. La plus-value d’apport est placée en report d’imposition, puis la holding cède les titres sans plus-value significative. Si la holding vend moins de trois ans après l’apport, le report n’est maintenu qu’à condition de réinvestir une partie du prix dans une activité économique. La loi de finances pour 2026 (loi n° 2026-103 du 19 février 2026) a durci ces conditions pour les cessions réalisées depuis le 21 février 2026 :

Condition Avant 2026 Depuis le 21 février 2026
Part du prix à réinvestir 60 % 70 %
Délai de réinvestissement 2 ans 3 ans
Conservation des actifs acquis 12 mois (5 ans pour les fonds) 5 ans
Activités exclues Financières, gestion d’un patrimoine mobilier ou immobilier Exclusions élargies (notamment promotion et location immobilières, production d’énergie à tarif réglementé)

Restent éligibles notamment l’acquisition du contrôle d’une société, la souscription au capital de sociétés opérationnelles et, sous conditions, certains fonds de capital-investissement. Au-delà de trois ans entre l’apport et la cession, aucune obligation de réinvestissement ne s’applique. Évitez en revanche d’y loger des biens de jouissance : une taxe de 20 % vise certains actifs non professionnels des holdings patrimoniales d’au moins 5 millions d’euros, pour les exercices clos à compter du 31 décembre 2026.

Reprendre une autre PME

Beaucoup de cédants passent de l’autre côté de la table. Votre expérience rassure banques et vendeurs, et la holding peut porter l’acquisition. Définissez un secteur, une taille et un rôle compatibles avec votre énergie et votre clause de non-concurrence.

Devenir business angel

Investir à titre personnel au capital de PME non cotées ouvre droit à la réduction d’impôt IR-PME, dite « Madelin ». Pour les versements de 2026, son taux de droit commun est de 18 % (le taux de 25 % ne s’appliquait qu’à la fin de l’année 2025), dans la limite de 50 000 euros de versements pour une personne seule et 100 000 euros pour un couple, avec une conservation des titres de cinq ans et le plafonnement global des niches fiscales à 10 000 euros par an. Diversifiez vos tickets : le risque de perte en capital est élevé.

Gérer et transmettre le produit de la cession

La fiscalité de la plus-value en 2026

Pour une cession réalisée en 2026, la plus-value est taxée par défaut au prélèvement forfaitaire unique de 31,4 % : 12,8 % d’impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux, après la hausse de la CSG sur les revenus du capital votée par la loi de financement de la sécurité sociale pour 2026. Une option pour le barème progressif reste possible. S’y ajoutent, selon votre revenu, la contribution exceptionnelle sur les hauts revenus et la contribution différentielle qui garantit un taux d’imposition minimal de 20 % aux foyers dont le revenu dépasse 250 000 euros (500 000 euros pour un couple). L’abattement « retraite » de 500 000 euros, prorogé jusqu’à fin 2031, ne réduit que l’impôt sur le revenu, pas les prélèvements sociaux. Pour le détail, consultez notre article sur la fiscalité de la vente d’entreprise.

Allouer le patrimoine par horizon

Un produit de cession se gère mieux par poches, selon l’horizon des besoins :

Poche Objectif Exemples de supports
Disponibilités Impôts à venir, garantie d’actif et de passif, projets à moins de deux ans Comptes à terme, fonds monétaires
Revenus et moyen terme Compléter les revenus, lisser les risques Assurance-vie, obligations, immobilier diversifié
Long terme et entrepreneurial Faire croître le capital, rester actif Actions, non coté, participations directes

Un family office ou un conseiller en gestion de patrimoine indépendant peut coordonner banques, notaire et avocat. L’AMF recommande de vérifier l’immatriculation de tout conseiller (registre ORIAS) et de n’investir que dans ce que l’on comprend. Rappel : l’impôt sur la fortune immobilière ne concerne que l’immobilier non professionnel, y compris détenu via des parts de sociétés, au-delà de 1,3 million d’euros net ; les placements financiers n’y entrent pas.

Transmettre à vos enfants

Chaque parent peut donner jusqu’à 100 000 euros à chaque enfant en franchise de droits, abattement qui se renouvelle tous les quinze ans ; les grands-parents disposent de 31 865 euros par petit-enfant. Si vous avez réalisé un apport-cession, la donation des titres de holding peut effacer la plus-value en report, à condition que vos enfants conservent ces titres pendant une durée minimale, allongée en 2026.

Se lancer dans un nouveau projet

Votre expérience peut servir sans reprendre une direction opérationnelle :

  • Le mentorat entrepreneurial : Réseau Entreprendre réunit des chefs d’entreprise bénévoles qui accompagnent pendant deux ans des créateurs et repreneurs, avec des prêts d’honneur.
  • L’accompagnement de la transmission : l’association Cédants et Repreneurs d’Affaires (CRA), partenaire de Bpifrance, mobilise des bénévoles issus du monde de l’entreprise pour aider cédants et repreneurs.
  • Le conseil et la gouvernance : mandats d’administrateur indépendant, comité stratégique d’une PME, missions ponctuelles de conseil.
  • L’engagement associatif ou le mécénat.

Si vous êtes à la retraite, vérifiez les règles de cumul emploi-retraite avant de reprendre une activité rémunérée : elles changent au 1er janvier 2027. Selon les analyses publiées, les revenus réduiront la pension dès le premier euro avant l’âge légal, le cumul sera plafonné entre l’âge légal et 67 ans, puis intégral au-delà. Faites le point avec vos caisses.

Préparer la transition personnelle

La cession est aussi un « deuil » pour le dirigeant. Une étude publiée dans la Revue internationale P.M.E. (Boussaguet, De Freyman, Bah et Fromenty, 2016) montre que la cession externe expose le dirigeant à des risques psychosociaux spécifiques : stress pendant la négociation, troubles du sommeil, vulnérabilité accrue après la vente. Les auteurs identifient parmi les facteurs protecteurs le soutien de l’entourage, la capacité à se détacher de l’entreprise et l’existence d’un projet de réinvestissement.

Quelques pratiques aident à traverser cette période :

  • parler du projet tôt avec votre conjoint et vos proches, qui vivront aussi le changement de rythme ;
  • vous accorder quelques mois sans décision patrimoniale importante, hors obligations de réinvestissement datées ;
  • préparer un emploi du temps et des engagements concrets pour l’après ;
  • échanger avec d’anciens cédants.

Les erreurs à éviter

  • Signer avant d’avoir structuré : l’apport à une holding ou la donation préalable doivent intervenir avant l’engagement ferme de cession.
  • Réinvestir dans l’urgence pour tenir le délai de trois ans, dans un actif mal choisi ou exclu.
  • Accepter un earn-out lié à votre présence, au risque d’une requalification en salaire.
  • Négliger la clause de non-concurrence, qui peut bloquer votre projet suivant.
  • Oublier les incompatibilités : l’abattement retraite suppose de cesser toute fonction dans la société et de ne pas détenir de droits chez l’acquéreur, ce qui doit être articulé avec un accompagnement ou un réinvestissement minoritaire.
  • Sous-estimer la trésorerie nécessaire pour l’impôt et une éventuelle mise en jeu de la garantie d’actif et de passif.

Questions fréquentes

Combien de temps faut-il accompagner le repreneur ?

Aucune durée légale : en pratique, de quelques mois à un ou deux ans, formalisés dans un contrat de travail ou une convention d’accompagnement.

L’apport-cession est-il encore intéressant en 2026 ?

Oui, pour réinvestir dans des entreprises. Si la holding cède dans les trois ans de l’apport, elle doit réinvestir 70 % du prix sous trois ans et conserver ces actifs cinq ans. L’apport doit précéder la vente.

Quel est l’impôt sur la plus-value de cession en 2026 ?

Par défaut, 31,4 % (12,8 % d’impôt et 18,6 % de prélèvements sociaux), sauf option pour le barème, plus les éventuelles contributions sur les hauts revenus.

Peut-on travailler après avoir cédé son entreprise et pris sa retraite ?

Oui, dans les limites du cumul emploi-retraite, dont les règles changent au 1er janvier 2027. Reprendre une fonction dans la société cédée peut remettre en cause l’abattement retraite.

Faut-il donner à ses enfants avant ou après la cession ?

Donner des titres avant la cession peut effacer la plus-value sur la part donnée ; donner des liquidités après est plus simple mais n’efface pas l’impôt. Le choix dépend de vos besoins de revenus et s’étudie avec votre notaire.

Préparer la cession et l’après-cession ensemble

Les meilleurs « après » se construisent pendant la vente : prix, structure, accompagnement et réinvestissement sont liés. L’équipe Mon Projet PME accompagne les dirigeants de PME de 5 à 50 millions d’euros de chiffre d’affaires sur ces deux volets, en lien avec leurs conseils. Pour en parler en toute confidentialité, prenez contact avec nous.

Cet article est fourni à titre d’information générale et ne constitue pas un conseil fiscal, juridique ou patrimonial. Les règles citées, connues au 16 septembre 2026, peuvent évoluer : faites valider votre situation par un avocat fiscaliste ou un notaire.

Sources : loi de finances pour 2026 (n° 2026-103) et loi de financement de la sécurité sociale pour 2026 ; BOFiP (IR-PME, 27 août 2026) ; impots.gouv.fr et service-public.gouv.fr ; Cass. com., 5 novembre 2025, n° 23-16.431 ; CCI France ; AMF ; Réseau Entreprendre ; Bpifrance Transmission ; Boussaguet et al., Revue internationale P.M.E., 2016.

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Vendre une partie de sa PME et rester aux commandes : l’OBO en 2026 https://www.monprojetpme.fr/tout-savoir-sur-l-owner-buy-out-obo/ Thu, 09 Feb 2023 14:24:25 +0000 https://www.monprojetpme.fr/?p=8462 Un OBO permet d'encaisser une partie de la valeur de son entreprise sans la quitter. Ce que la holding peut vous payer, et à quelle fiscalité.

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Un owner buy-out, ou OBO, permet d’encaisser une partie de la valeur de son entreprise sans la quitter : vous vendez vos titres à une holding que vous contrôlez, et cette holding emprunte pour vous payer, parfois avec un fonds minoritaire à ses côtés. Vous négociez le prix sur un multiple, comme dans n’importe quelle cession. Le liquide que vous touchez, lui, dépend d’abord de ce que votre banque accepte de prêter à la holding au vu des dividendes que votre société peut faire remonter. Côté fiscalité, l’impôt frappe la part que vous vendez vraiment, et une fraction de vos intérêts d’emprunt vous est reprise pendant neuf exercices.

Article mis à jour en 2026.

Vous pensez à céder votre entreprise ?

Un premier échange confidentiel, sans engagement, pour faire le point sur votre projet, sur ce que vaut votre société aujourd’hui et sur les acquéreurs possibles.

Une holding que vous contrôlez rachète vos titres

Vous créez une holding, société dont l’objet est de détenir les titres de votre entreprise, vous lui apportez une partie de vos titres et vous lui vendez le reste contre de l’argent. Elle finance ce rachat par une dette bancaire, remboursée ensuite par les dividendes que votre société lui fait remonter. Beaucoup d’OBO se montent avec la seule dette bancaire. Quand un fonds minoritaire participe, il entre au capital de la holding, à côté de vous, et pas au capital de la société que vous dirigez.

C’est ce qui commande la déduction de vos intérêts. La holding déduit ses intérêts de son propre résultat, mais ce résultat ne contient guère autre chose que les dividendes qu’elle reçoit, exonérés à l’exception d’une quote-part de frais et charges par le régime des sociétés mères : elle n’a donc presque aucun bénéfice sur lequel les déduire. L’intégration fiscale sert à imputer ce déficit sur le bénéfice de votre société d’exploitation, et elle suppose que la holding tienne 95 % au moins du capital de manière continue au cours de l’exercice, condition posée au I de l’article 223 A du code général des impôts.

Vous ne fixez pas seul la valeur à laquelle vos titres entrent dans la holding. Un commissaire aux apports est désigné pour l’apprécier, par les associés à l’unanimité ou par le tribunal, et son rapport n’engage ni l’administration ni un futur acquéreur. Cette valeur d’apport commande la répartition du capital de la holding entre vous et votre investisseur. Le prix de la part que vous vendez, en revanche, ne figure dans aucun rapport : la pièce qui le justifie est une note d’évaluation datée, établie avant l’acte.

Dans une société familiale, le dirigeant ne détient pas toujours la totalité du capital, et le seuil de 95 % bloque. Jusqu’à 5 % du capital peuvent rester en dehors du groupe intégré, tous minoritaires confondus. Si 8 ou 10 % sont entre les mains d’associés qui ne veulent ni vendre ni apporter, rien ne les y oblige, et l’autre voie est la réduction de capital par rachat de leurs titres, soumise aux clauses d’agrément et de préemption de vos statuts. Le même article 223 A pose une exception qui sert souvent : pour le calcul du taux de détention, il est fait abstraction, dans la limite de 10 % du capital, des titres issus de stock-options, d’attributions gratuites d’actions ou d’un plan d’épargne d’entreprise. Les parts d’un cadre entrées par l’une de ces voies ne comptent donc pas contre vous, jusqu’à l’exercice au cours duquel il cède ses titres ou quitte la société.

Le chèque dépend de ce que votre société peut rembourser

La banque calcule le montant qu’elle prête à partir d’un plan de remboursement, comme dans tout LBO, et non à partir d’un pourcentage de votre valorisation. Sur un prêt amorti sur sept ans, chaque annuité doit être couverte par un dividende que votre société peut verser après avoir financé son matériel et son besoin en fonds de roulement et payé son impôt sur les sociétés. La banque refera ce calcul avec ses propres retraitements, et c’est sa version qui fixera le montant du prêt.

La banque retraite d’abord vos agrégats : votre rémunération, le loyer que vous facture votre SCI si les murs vous appartiennent, et le crédit-bail. Votre rémunération, si vous vous étiez payé en dessous du marché pendant des années, remonte au niveau d’un salaire de remplacement, ce qui réduit d’autant le dividende disponible. Le crédit-bail admet deux traitements défendables : soit la redevance reste en charge et l’encours ne vient pas en dette financière nette, soit on la réintègre dans l’excédent brut d’exploitation retraité et on porte le capital restant dû en dette financière nette, c’est-à-dire les dettes financières diminuées de la trésorerie, ce qui rend votre multiple comparable à celui d’un concurrent propriétaire de son parc. Mélanger les deux fausse le calcul. Le tableau de passage de la valeur d’entreprise au prix des titres dit lequel a été retenu.

L’apport met la plus-value en report, la vente la rend imposable

Les titres que vous apportez à la holding et ceux que vous lui vendez ne suivent pas le même chemin fiscal, et cela se décide avant la création de la holding. Ce que vous apportez bénéficie d’un report d’imposition, à condition que vous contrôliez la société bénéficiaire, ce contrôle étant présumé à partir de 33,33 % des droits de vote ou des droits aux bénéfices dès lors qu’aucun autre associé n’en détient davantage. Ce que vous vendez est imposé l’année de l’opération, au prélèvement forfaitaire unique ou au barème sur option, selon les règles de fiscalité de cession de droit commun. Le net après cet impôt est le chiffre à obtenir de votre expert-comptable avant de signer le term sheet de la banque, la lettre qui fixe les conditions du prêt.

Un apport peut être accompagné d’une soulte, c’est-à-dire d’une partie payée en liquide. Le report n’est conservé que si cette soulte reste dans la limite de 10 % de la valeur nominale des titres reçus, et la plus-value est alors imposée à hauteur de la soulte au titre de l’année de l’apport. La poche de liquide d’un OBO passe donc par la vente du solde de vos titres.

Vous faites un OBO cette année et vous vendez pour de bon deux ans plus tard. Si la holding cède les titres que vous lui avez apportés dans un délai de trois ans décompté de date à date, votre report tombe, sauf si elle s’engage à réinvestir 70 % au moins du produit dans les trois ans, en moyens permanents d’exploitation ou en participations de contrôle éligibles. Les biens ou titres acquis en remploi sont ensuite conservés cinq ans au moins à compter de leur inscription à l’actif. Ces règles figurent au I et au III de l’article 150-0 B ter, dans sa version en vigueur depuis le 21 février 2026.

Pourquoi vos intérêts d’emprunt ne seront pas tous déductibles

Un OBO supporte une reprise d’intérêts qu’un rachat par un tiers ne connaît pas. Quand la société qui achète les titres les achète aux personnes qui la contrôlent au sens de l’article L. 233-3 du code de commerce, ce qui est exactement votre situation, les charges financières déduites du résultat d’ensemble du groupe sont rapportées à ce résultat. Le sixième alinéa de l’article 223 B du code général des impôts porte cette règle, que la pratique appelle l’amendement Charasse. Elle ne vise que le résultat d’ensemble d’un groupe intégré, et l’arbitrage du montage se joue à cet endroit : avec intégration fiscale, vos intérêts s’imputent sur le bénéfice de l’exploitation mais une fraction en est reprise pendant neuf exercices ; sans intégration, aucune reprise, et des intérêts qui ne trouvent presque rien à déduire.

La reprise ne porte que sur une fraction des charges financières du groupe. On applique aux charges financières du groupe le rapport entre le prix d’acquisition des titres et le montant moyen des dettes des entreprises du groupe, pour chaque exercice. Un prix élevé et une dette de groupe modeste donnent une reprise lourde. La réintégration court sur l’exercice d’acquisition et les huit suivants.

La base de cette reprise peut être réduite, et la négociation a lieu avant la signature du term sheet. Le prix d’acquisition à retenir est diminué des fonds apportés à la société cessionnaire lors d’une augmentation de capital réalisée simultanément à l’acquisition, à condition qu’ils viennent d’une personne autre qu’une société du groupe. L’argent frais d’un fonds minoritaire diminue donc la base, et votre propre apport en numéraire aussi, avec une réserve de bon sens : réinjecter dans la holding l’argent qu’elle vient de vous verser est le premier montage auquel pense un vérificateur.

La reprise cesse au titre des exercices où la société rachetée n’est plus membre du groupe, sauf si elle en sort par fusion avec une autre société du groupe, ou de ceux où vous ne contrôlez plus la holding qui détient les titres. Votre conseil chiffre cette réintégration en même temps que le plan de remboursement : les deux figurent sur le même tableau.

Le départ en retraite et l’abattement de 500 000 euros

Vous avez prévu d’encaisser maintenant et de vendre le solde au moment de la retraite, avec l’abattement fixe de 500 000 euros de l’article 150-0 D ter du code général des impôts. Vérifiez à qui ce solde sera vendu avant de créer la holding. S’il part à votre propre holding, l’abattement est fermé. Vendu bien plus tard à un tiers, il reste ouvert, sous réserve des conditions de cessation de fonction et de départ en retraite.

L’abattement porte aussi une date de fin. Le C du VI de l’article 28 de la loi de finances pour 2018, qui l’a créé, dans sa rédaction prorogée par la loi de finances pour 2025, réserve son bénéfice aux cessions réalisées du 1er janvier 2018 au 31 décembre 2031, ainsi qu’aux compléments de prix afférents et perçus entre ces mêmes dates. Un OBO fait aujourd’hui et une vente définitive repoussée au-delà de cette borne, ou un complément de prix encaissé après elle, ne rencontreront pas le même texte qu’aujourd’hui.

L’abattement suppose que vous cessiez toute fonction dans la société cédée et que vous fassiez valoir vos droits à la retraite dans les deux ans qui suivent ou qui précèdent la cession. La loi vous interdit aussi de détenir des droits de vote ou des droits aux bénéfices dans la société cessionnaire, et elle laisse trois ans à l’administration pour le vérifier ; le BOFiP BOI-RPPM-PVBMI-20-40-10-40 du 14 novembre 2024, à ses paragraphes 330, 340 et 470 à 490, admet une tolérance de 1 % et rappelle que ces conditions s’interprètent strictement. Les autres conditions sont une direction effective pendant les cinq années précédentes, 25 % des droits de vote ou des droits aux bénéfices sur la même période, et une entreprise qui reste une PME au sens européen. Un dernier point se lit rarement dans les plaquettes : l’abattement ne joue que pour la détermination de l’impôt sur le revenu, les prélèvements sociaux restant calculés sur la totalité de la plus-value.

Dans un OBO, la société cessionnaire est votre holding et vous en détenez la majorité. L’arbitrage se fait donc sur votre calendrier de départ, dans les mêmes termes que pour un cédant qui reste après la vente, et il se fait avant la création de la holding. Le document à poser sur la table à ce moment-là est votre relevé de carrière.

Les objections d’une banque et d’un fonds

La banque pose ces questions au premier rendez-vous, et mieux vaut arriver avec les chiffres, ce à quoi sert un diagnostic préalable. Votre place dans l’entreprise vient en premier : le prêt repose sur une capacité de remboursement et des sûretés, mais votre présence en est une condition écrite, au moment même où vous encaissez une partie de votre patrimoine professionnel. Négociez les clauses de présence, la non-concurrence et la caution avant de signer le term sheet.

Les autres objections sont celles de tout dossier de crédit : la concentration de votre clientèle, un parc de matériel à renouveler, une activité cyclique. Une question est propre à l’OBO, celle du sort de vos concours bancaires courants et de votre affacturage, et de ce qui reste de capacité d’endettement une fois la dette d’acquisition empilée dessus. Lisez en entier les clauses de covenants, ces ratios financiers dont le non-respect rend le prêt exigible, et celle de nantissement de vos titres.

Quand un fonds entre au capital de la holding, il fait inscrire dans le pacte d’actionnaires son horizon de sortie, une obligation de liquidité, le droit de vous entraîner dans une vente et le sort de vos titres si vous partez avant terme. Aucun modèle de pacte ne traite le cas où, à l’horizon prévu, aucun acquéreur ne s’est présenté. C’est la clause à faire rédiger avant la signature.

Questions de dirigeants sur l’OBO

Je peux faire un OBO maintenant et vendre pour de bon dans trois ans ?

Oui, mais la date compte. Si votre holding cède les titres apportés dans les trois ans décomptés de date à date, votre report tombe, sauf si elle prend l’engagement de réinvestir 70 % au moins du produit dans les trois ans et conserve cinq ans les biens acquis en remploi. Passé ce délai de trois ans, cette cession-là ne remet plus en cause le report, ce qui ne veut pas dire qu’aucun autre événement n’y mette fin.

Combien je peux sortir en liquide ?

On part du dividende annuel que votre société peut verser après impôt, matériel et besoin en fonds de roulement. Ce dividende doit couvrir une annuité, et sur sept ans il détermine le montant de dette que la banque accepte. La dette ainsi calculée, plus l’argent frais du fonds, donnent la capacité de paiement de la holding. Votre propre apport en numéraire ne vous enrichit pas, puisque c’est votre argent qui entre pour vous être reversé : il sert à réduire la base de la réintégration des intérêts. Le net arrive après l’impôt sur la plus-value.

Je veux garder 10 % en direct dans ma société, c’est possible ?

Pas à 10 %, sauf cas particulier. L’intégration fiscale exige une détention de 95 % au moins du capital de la société de manière continue au cours de l’exercice, et sans elle le déficit de la holding ne s’impute pas sur le bénéfice de votre entreprise. Jusqu’à 5 % peuvent rester en dehors. Le cas particulier vise les titres détenus par vos salariés et issus de stock-options, d’attributions gratuites ou d’un plan d’épargne d’entreprise, dont il est fait abstraction dans la limite de 10 % du capital.

Mon fonds minoritaire va-t-il m’imposer de revendre dans cinq ans ?

Oui, s’il obtient une obligation de liquidité ou le droit de vous entraîner dans une vente. Le moment de la négociation est la signature du pacte, et le point le plus souvent oublié est la valeur à laquelle vos titres sortent si l’horizon est atteint sans acquéreur.

Est-ce que l’administration peut requalifier mon OBO ?

Elle peut écarter un acte dont le motif principal est d’éluder ou d’atténuer l’impôt par une application littérale des textes contraire aux objectifs de leurs auteurs, sur le fondement de l’article L. 64 A du livre des procédures fiscales, applicable aux rectifications notifiées depuis le 1er janvier 2021 sur des actes réalisés depuis le 1er janvier 2020. Elle peut aussi être consultée par écrit avant la signature, et son silence pendant six mois lui ferme alors cette procédure comme celle de l’article L. 64, selon l’article L. 64 B. Les pièces demandées en cas de contrôle sont un plan de développement écrit, une évaluation datée et un budget qui tient après le service de la dette.

Cet article décrit l’état des textes en 2026 et ne remplace pas l’avis d’un avocat fiscaliste ou de votre expert-comptable sur votre situation personnelle.

Sources : code général des impôts, articles 223 A (I), 223 B (sixième alinéa et suivants), 150-0 B ter (I et III) et 150-0 D ter (II et IV), versions en vigueur lues sur Legifrance ; loi n° 2017-1837 du 30 décembre 2017 de finances pour 2018, article 28 (VI, C), dans sa rédaction en vigueur ; code de commerce, article L. 233-3 ; livre des procédures fiscales, articles L. 64 A et L. 64 B ; BOFiP BOI-RPPM-PVBMI-20-40-10-40 du 14 novembre 2024, paragraphes 330, 340 et 470 à 490.

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Transmettre à l’enfant qui reprend, payer celui qui ne reprend pas https://www.monprojetpme.fr/les-bonnes-questions-a-se-poser-avant-de-transmettre-l-entreprise-familiale-a-ses-enfants/ Thu, 08 Sep 2022 14:16:35 +0000 http://www.monprojetpme.fr/?p=5717 La fiscalité vient après. Il faut d'abord savoir ce que recevront les enfants qui ne reprennent pas, car c'est cette réponse qui dicte s'il faut donner ou vendre.

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Vos enfants travaillent avec vous, les salariés les connaissent, et la suite semble écrite. La fiscalité vient après. Il faut d’abord savoir ce que recevront les enfants qui ne reprennent pas, parce que c’est cette réponse qui détermine s’il faut donner, vendre, ou les deux.

Le pacte Dutreil a été resserré par l’article 8 de la loi de finances pour 2026. L’engagement de conservation des donataires passe de quatre à six ans, et une partie du patrimoine logé dans la société sort de l’exonération. Rédaction en vigueur depuis le 21 février 2026.

Article mis à jour en 2026.

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Le partage avant le montage

La quotité disponible est de la moitié des biens avec un enfant, du tiers avec deux enfants, du quart avec trois ou plus (article 913 du code civil). Dépasser cette quotité ne rend pas la donation nulle. En donation-partage, les biens reçus par un réservataire présomptif s’imputent sur sa part de réserve, sauf stipulation expresse hors part (article 1077), et la libéralité n’est réductible que pour l’excédent. Avec deux enfants, celui qui reprend peut donc recevoir jusqu’aux deux tiers du patrimoine avant qu’une réduction soit concevable.

Le calcul lui-même intervient au décès, et sa base surprend. Les biens donnés sont fictivement réunis à la masse d’après leur état à l’époque de la donation et leur valeur à l’ouverture de la succession (article 922). Autrement dit, votre fille recevra des titres dont la valeur retenue sera celle du jour de votre décès, après quinze ans de son propre travail. C’est de là que naissent les contentieux entre frères et sœurs.

La donation-partage déplace cette date. Sauf convention contraire, les biens donnés sont évalués au jour de la donation-partage pour l’imputation et le calcul de la réserve, mais à des conditions cumulatives : tous les héritiers réservataires vivants ou représentés au décès ont reçu un lot dans le partage, chacun l’a expressément accepté, et aucune réserve d’usufruit ne porte sur une somme d’argent (article 1078). L’enfant qui n’a pas concouru à l’acte, ou qui a reçu moins que sa réserve, garde l’action en réduction de l’article 1077-1.

Un enfant majeur peut y renoncer d’avance, au profit d’une ou de plusieurs personnes déterminées. L’acte est lourd à dessein : acte authentique spécifique reçu par deux notaires, signé séparément par chaque renonçant en présence des seuls notaires, mentionnant précisément ses conséquences futures, et nul si ces formes ne sont pas respectées (articles 929 et 930).

Le financement de la soulte arrive ensuite. Celui qui reçoit l’entreprise verse une somme à ceux qui reçoivent le reste, et elle ne sort pas de la trésorerie de la société mais de son patrimoine à lui, ou d’un prêt personnel. Les titres reçus peuvent aussi être apportés à une holding qui prend en charge tout ou partie de cette soulte, sans que l’exonération Dutreil tombe. Le f de l’article 787 B pose pour cela quatre conditions : l’actif brut de la holding doit être composé à plus de 50 % de participations dans la société engagée, depuis l’apport et jusqu’au terme des engagements ; les trois quarts au moins de son capital et des droits de vote doivent appartenir aux personnes tenues à ces engagements ; elle doit être dirigée directement par l’une d’elles ; et chacune conserve jusqu’au terme les titres reçus en échange.

L’immobilier logé dans une SCI, l’assurance-vie et l’abattement de 100 000 euros par parent et par enfant, renouvelable tous les quinze ans, entrent dans la même balance, avant qu’on parle de pacte Dutreil.

Qui dirige, et qui possède

L’acte de donation dit qui possède, les statuts disent qui décide. Un enfant peut recevoir du capital sans jamais occuper de fonction, un autre diriger en ne détenant qu’une minorité. Posez la question à chacun seul. Devant la famille réunie, l’enfant qui préférerait de l’argent ne le dira pas, et les conjoints, qui vivront la dette et les années sans dividende, ne parleront pas du tout.

Si vous n’êtes pas seul au capital, le premier document à sortir n’est pas la déclaration de donation, ce sont les statuts à jour et le pacte signé. Notre article sur le pacte d’actionnaires décrit une par une les clauses qui peuvent interdire ou retarder la donation que vous préparez.

Donner : l’engagement de conservation s’allonge

L’exonération du pacte Dutreil porte sur l’assiette, pas sur les droits. Trois quarts de la valeur des titres sortent de la base taxable, et comme le barème des droits de mutation est progressif, l’allègement de la facture dépasse les 75 %. S’y ajoute une réduction de moitié des droits, réservée aux donations en pleine propriété qui remplissent les conditions du régime et consenties avant les soixante-dix ans du donateur (article 790). Notre article sur le pacte Dutreil détaille les conditions d’éligibilité, à commencer par l’activité opérationnelle exigée de la société.

Sans pacte signé, l’engagement collectif peut être réputé acquis. Il l’est quand les titres que vous détenez depuis deux ans au moins, seul ou avec votre conjoint, atteignent les seuils requis, soit 17 % des droits financiers et 34 % des droits de vote d’une société non cotée, et que vous exercez dans la société depuis deux ans au moins votre activité professionnelle principale ou une fonction de direction. Un dirigeant installé de longue date peut donc donner sous ce régime sans avoir jamais rien signé.

Encore faut-il franchir les 34 % de droits de vote, et c’est là que s’arrête le dirigeant d’une société familiale partagée entre frères et sœurs. Celui qui détient 29 % n’atteint pas le seuil seul, car les titres de ses frères et sœurs n’entrent pas dans ce calcul, à la différence de ceux de son conjoint ou de son partenaire de PACS. Il doit alors signer un engagement collectif avec un ou plusieurs associés, qui s’engagent sur la même durée que lui. Ce qu’il leur concède en échange de cette signature se négocie avant la donation, pas après.

La fonction de direction attendue n’est pas celle qu’on imagine. La liste est limitative et ne connaît que des mandats sociaux, gérant statutaire, associé en nom, président, directeur général, président du conseil de surveillance ou membre du directoire (article 975, III, 1, 1°). Un directeur commercial ou un directeur d’exploitation n’en relève pas. En sens inverse, et contrairement à l’abattement du dirigeant partant à la retraite, le pacte Dutreil n’impose aucune condition de rémunération à celui qui dirige.

Ce qui a bougé en février 2026 touche la durée et le périmètre. Chaque donataire s’engage maintenant à conserver ses titres six ans à compter de l’expiration de l’engagement collectif, contre quatre ans jusque-là. Quand un engagement collectif a été signé, ces six ans courent à compter de son expiration, et comme le texte exige seulement qu’il soit en cours au jour de la donation, l’immobilisation totale de huit ans se compte depuis la signature du pacte et non depuis la donation. Quand il est réputé acquis, les six ans courent à compter de l’acte de donation lui-même, et l’immobilisation s’arrête donc à six ans (BOFiP BOI-ENR-DMTG-10-20-40-10, paragraphe 370).

Le périmètre, lui, a été rogné. La fraction de valeur des titres qui correspond aux logements et résidences, aux véhicules de tourisme et aux autres biens de loisir quitte l’exonération dès lors que la société ne les affecte pas exclusivement à son activité pendant les trois années qui précèdent la transmission, ou depuis leur acquisition, et jusqu’au terme de l’engagement. Un appartement ou deux voitures au bilan doivent donc sortir trois ans avant la donation, et cette sortie a elle-même un coût fiscal à chiffrer.

Personne ne demande ce que coûte une rupture avant de signer. Le donataire qui cède ses titres pendant l’engagement rembourse les droits dont il avait été dispensé, majorés d’un intérêt de retard de 0,20 % par mois. La majoration de 40 % ne s’ajoute qu’en cas de manquement délibéré établi, et n’est donc pas le prix ordinaire d’un pacte rompu. La reprise est en outre totale et non proportionnelle, de sorte que vendre un dixième des titres reçus coûte l’exonération sur la totalité. Elle est limitée aux seuls titres cédés quand l’acheteur est lui-même un autre associé de l’engagement collectif (e ter de l’article 787 B). D’où l’intérêt de faire adhérer l’acheteur à l’engagement avant de signer.

Donner la nue-propriété en gardant l’usufruit reste éligible au régime, à deux conditions. Les statuts doivent limiter les droits de vote de l’usufruitier aux seules décisions d’affectation des bénéfices, et l’administration exige que ces donations fassent nécessairement l’objet d’un écrit, là où un don manuel suffit en pleine propriété. L’exonération s’applique alors à la valeur de la nue-propriété, déterminée par le barème de l’article 669 du code général des impôts, qui varie avec votre âge. Le prix de ce confort est chiffrable, puisque la réduction de moitié des droits de l’article 790 exige la pleine propriété. Garder l’usufruit conserve donc le Dutreil et perd les 50 %.

Vendre à ses enfants : le financement, puis l’abattement

Vendre ne supprime pas la question de l’égalité, puisque le prix entre dans votre patrimoine et que le partage se posera à votre décès. Vendre la déplace vers le financement. La banque prête au repreneur, par une holding qu’il constitue pour l’occasion, et les dividendes de l’entreprise remontent pour rembourser au lieu de financer les machines. Le prix doit donc tenir dans la capacité de remboursement sur la durée du crédit, cinq à sept ans, et non dans ce que la famille a toujours dit que l’affaire valait. Notre page sur la valorisation décrit la mécanique. Entre parents et enfants, un prix minoré expose de surcroît à une requalification en donation déguisée, d’où l’intérêt d’un rapport de valorisation daté et motivé, annexé à l’acte.

Une vente dégage une plus-value, et l’article 150-0 D ter du code général des impôts ouvre alors au dirigeant un abattement fixe de 500 000 euros, qui s’applique à l’ensemble des gains portant sur les titres d’une même société et ne se fractionne donc pas entre deux ventes successives. Ses conditions portent sur les cinq années qui précèdent la cession : fonction de direction effective et normalement rémunérée, cette rémunération représentant plus de la moitié de vos revenus professionnels, et 25 % des droits de vote ou des droits aux bénéfices détenus sans interruption. La cession doit porter sur l’intégralité de vos titres ou sur plus de la moitié des droits de vote.

La société doit aussi répondre à la définition européenne de la petite ou moyenne entreprise, et la phrase du règlement mérite d’être lue mot pour mot. Elle vise les entreprises qui occupent moins de 250 personnes et dont le chiffre d’affaires annuel n’excède pas 50 millions d’euros ou le total de bilan 43 millions. Les deux seuils financiers sont alternatifs, et une société de 180 personnes qui réalise 56 millions avec un bilan de 30 millions reste donc une PME. Un associé détenant 25 % ou plus rend la société partenaire, et une quote-part de ses données s’ajoute aux vôtres, ce qui change le calcul quand un fonds figure à votre capital. La condition s’apprécie à la clôture des deux derniers exercices précédant la cession.

Le délai de retraite joue dans les deux sens : vous devez cesser toute fonction et faire valoir vos droits dans les deux années qui suivent ou qui précèdent la cession, soit une fenêtre de quatre ans. Et lorsque l’acheteur est une société, vous ne devez y détenir aucun droit de vote ni aucun droit aux bénéfices, ni directement ni indirectement, à la signature comme pendant les trois années suivantes. Garder 5 % de la holding de vos enfants pour suivre les comptes suffit à faire tomber l’abattement, y compris deux ans plus tard.

Le régime n’est pas permanent, ce que notre article sur la fiscalité de la cession replace dans l’ensemble du calcul. Il couvre les cessions réalisées jusqu’au 31 décembre 2031, et un complément de prix doit lui aussi être perçu avant cette date pour en bénéficier.

Après la donation, votre nom reste engagé

La donation ne vous décharge pas des cautions que vous avez signées. Pour le crédit d’investissement comme pour le bail des locaux, il faut que le créancier accepte de vous libérer ou de substituer le nouveau dirigeant, et il décide au vu de la surface du repreneur. Le crédit-bailleur est celui qu’on oublie, alors qu’il cumule une caution, une clause de changement de contrôle et des levées d’option à venir.

Votre compte courant d’associé est une créance sur la société, à rembourser, à abandonner ou à laisser en place, et c’est aussi une partie de vos revenus futurs. Même remarque pour le loyer de la SCI familiale et pour un mandat rémunéré résiduel, qui fait tomber la condition de cessation de fonctions de l’abattement. L’annexe des comptes annuels recense les engagements donnés par la société, pas les cautions que vous avez signées en votre nom, et celles-là se reprennent une par une avec la banque, le crédit-bailleur et le bailleur.

En rendez-vous, les mêmes questions reviennent

Aucun de mes enfants ne veut reprendre, qu’est-ce que je fais de mes titres ?

La reprise par l’encadrement est la piste la plus courte quand un directeur est en place depuis des années, et plus encore quand des cadres figurent déjà au capital. Vous pouvez aussi vendre une partie de vos titres à une holding que vous contrôlez encore, pour encaisser sans quitter les commandes, en sachant que ce schéma et l’abattement de 500 000 euros s’excluent. La troisième voie est la cession à un groupe du secteur ou à un acquéreur adossé à un fonds. Dans tous les cas le calendrier commande, avec cinq ans de fonctions et de détention pour l’abattement et deux ou trois exercices pour présenter des comptes lisibles.

Un de mes enfants peut-il renoncer d’avance à contester la donation ?

Oui, par la renonciation anticipée décrite plus haut. Elle n’engage le renonçant qu’à compter du jour où vous l’acceptez, et elle peut viser toute la réserve, une fraction seulement, ou la seule réduction d’une libéralité portant sur un bien déterminé. Elle ne règle en revanche pas la question du paiement : un enfant qui renonce à contester peut parfaitement vouloir être payé, et c’est alors la soulte ou un autre actif qui répond.

Je ne détiens pas tout le capital, puis-je donner mes titres à mes enfants ?

Cela dépend de vos statuts et de votre pacte, pas du droit des successions. Une clause d’agrément peut soumettre la donation à l’accord des autres associés, un droit de préemption peut leur permettre de se porter acquéreurs, et un fonds minoritaire négocie des droits propres sur les mouvements de titres. Ce point passe avant tout autre, parce qu’il peut condamner le schéma d’entrée.

L’abattement de 500 000 euros efface-t-il tout l’impôt sur la vente ?

Non. Il ne joue que pour l’impôt sur le revenu, les prélèvements sociaux restant dus sur la totalité de la plus-value. Sur une cession d’un montant significatif, la contribution exceptionnelle sur les hauts revenus peut en outre s’ajouter. Le chiffre de 500 000 euros ne doit donc pas être lu comme un montant encaissé net.

Faut-il attendre d’avoir liquidé ma retraite pour transmettre ?

Non, et l’erreur inverse est plus fréquente. Pour l’abattement, la cessation de fonctions et la liquidation de la retraite doivent intervenir dans les deux ans qui suivent la cession ou dans les deux ans qui la précèdent. Pour une donation sous pacte Dutreil, l’exigence est différente, et elle n’est pas la même dans les deux voies. Avec un engagement collectif signé, un signataire comme un donataire peut exercer la fonction de direction pendant l’engagement et les trois années suivant la transmission, donc vous pouvez rester aux commandes. En réputé acquis, l’administration l’attend de l’un des donataires : faute d’avoir signé un engagement, le donateur qui dirige seul ne satisfait pas la condition (BOFiP BOI-ENR-DMTG-10-20-40-10, paragraphe 395).

Cet article décrit l’état des textes au 23 octobre 2026. Un schéma de transmission familiale s’arrête avec votre notaire et votre avocat fiscaliste, au vu de votre situation patrimoniale, de vos statuts et de votre pacte. Un diagnostic de cession permet de chiffrer la valeur et de comparer les voies avant d’engager l’un ou l’autre.

Sources : code civil, article 913 (Legifrance), articles 922, 929 et 930 (Legifrance), articles 1076 à 1078 (Legifrance) ; code général des impôts, article 787 B, version en vigueur depuis le 21 février 2026 (Legifrance) ; code général des impôts, articles 790 et 975 (Legifrance) ; code général des impôts, article 150-0 D ter, version en vigueur depuis le 21 février 2026 (Legifrance) ; loi n° 2026-103 du 19 février 2026 de finances pour 2026, article 8 ; article 28, VI, C de la loi n° 2017-1837 du 30 décembre 2017 de finances pour 2018, pour la borne du 31 décembre 2031 ; annexe I du règlement (UE) n° 651/2014 du 17 juin 2014, articles 2 à 6, pour la définition de la PME ; BOFiP BOI-ENR-DMTG-10-20-40-10 et BOI-ENR-DMTG-10-20-40-20, version du 10 août 2026 ; BOFiP BOI-RPPM-PVBMI-30-20, version du 18 août 2025 ; articles 1727 et 1729 du code général des impôts.

Avant d’arrêter un schéma, faites-le relire par quelqu’un qui n’est ni votre notaire ni votre banquier. Échangeons en toute confidentialité.

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