Articles | Catégorie Confidentialité Céder, valoriser et financer votre PME Wed, 07 Oct 2026 16:20:00 +0000 fr-FR hourly 1 https://www.monprojetpme.fr/wp-content/uploads/2022/09/cropped-FAVICON_MPP-32x32.png Articles | Catégorie Confidentialité 32 32 Vendre sa PME en toute confidentialité : est-ce vraiment possible ? https://www.monprojetpme.fr/vendre-sa-pme-en-toute-confidentialite/ Wed, 16 Sep 2026 08:00:00 +0000 http://www.monprojetpme.fr/?p=5244 NDA, secret des affaires, teaser anonyme, data room, clean team et nouvelles règles d'information des salariés : comment vendre votre PME en toute discrétion.

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Oui, il est possible de vendre sa PME en toute confidentialité, à condition d’organiser le processus en conséquence plutôt que de compter sur la discrétion de chacun. Concrètement, cela repose sur trois leviers : un filtrage strict des acquéreurs, une divulgation des informations par paliers, protégée à chaque étape par un accord de confidentialité, et un calendrier maîtrisé qui repousse l’information des salariés, des clients et des partenaires au moment où la loi ou l’opération l’exigent. Le risque zéro n’existe pas, mais une méthode rigoureuse le réduit fortement et permet, en cas de fuite, de disposer de recours juridiques.

Article mis à jour en 2026.

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Pourquoi la confidentialité est décisive

Un projet de cession qui s’ébruite trop tôt peut dégrader l’entreprise avant même qu’un acquéreur ne se soit engagé. Les risques sont concrets :

  • Les clients peuvent suspendre un renouvellement ou consulter d’autres fournisseurs.
  • Les salariés, en particulier les cadres clés, peuvent redouter un changement de direction et répondre à des sollicitations extérieures.
  • Les concurrents peuvent exploiter l’incertitude auprès de vos clients et de vos équipes, ou tenter d’accéder à vos informations stratégiques en se présentant comme acquéreurs.
  • Les banques et fournisseurs peuvent revoir leurs conditions face à un changement de contrôle incertain.
  • La valeur, enfin, en pâtit : un chiffre d’affaires qui fléchit ou un départ clé pendant le processus pèse directement sur le prix.

La confidentialité est donc une condition de préservation de la valeur, qui s’organise dès la préparation. Pour le déroulé d’ensemble, voir Comment vendre son entreprise en 5 étapes.

Les outils juridiques

L’accord de confidentialité (NDA)

Avant toute information identifiante, chaque candidat signe un accord de confidentialité (non-disclosure agreement, NDA). Certes, l’article 1112-2 du Code civil engage déjà la responsabilité de celui qui divulgue ou utilise une information confidentielle obtenue lors des négociations, mais l’écrit précise les obligations et facilite la preuve. Un NDA de cession prévoit généralement :

  • une définition précise des informations confidentielles, y compris l’existence même du projet de cession ;
  • l’interdiction de divulguer ou d’utiliser les informations à d’autres fins que l’étude de l’opération ;
  • la liste des personnes autorisées (dirigeants, conseils, financeurs), tenues aux mêmes obligations ;
  • la restitution ou destruction des documents si les discussions s’arrêtent ;
  • la durée de l’engagement ;
  • une clause pénale et, souvent, une clause de non-sollicitation.

Durée. Les engagements perpétuels étant prohibés (article 1210 du Code civil), l’obligation a une durée déterminée qui survit à l’arrêt des discussions : souvent 5 ou 10 ans selon Bpifrance Création, parfois 2 à 3 ans en cession. Tout dépend de la durée de vie de vos informations sensibles.

Pénalité. Sans clause pénale, il faut prouver la violation et chiffrer le préjudice, ce qui est difficile. La clause pénale fixe à l’avance une somme forfaitaire. Le juge peut toutefois la modérer ou l’augmenter si elle est manifestement excessive ou dérisoire (article 1231-5 du Code civil) : mieux vaut un montant significatif mais défendable.

Le secret des affaires

Depuis la loi n° 2018-670 du 30 juillet 2018, les articles L. 151-1 et suivants du Code de commerce protègent les informations qui ne sont pas généralement connues, qui ont une valeur commerciale du fait de leur caractère secret et qui font l’objet de mesures de protection raisonnables. Le NDA, les accès nominatifs à la data room et la traçabilité des consultations aident à les démontrer. En cas d’obtention, d’utilisation ou de divulgation illicite, une action civile est possible, dans un délai de cinq ans à compter des faits.

La non-sollicitation

La clause de non-sollicitation interdit au candidat de débaucher vos salariés, voire de démarcher vos clients, pendant une période définie. La Cour de cassation (chambre commerciale, 27 mai 2021) exige qu’une telle clause soit proportionnée aux intérêts légitimes à protéger : limitée dans le temps, ciblée sur les personnes réellement exposées, cohérente avec l’objet de l’accord. La rédaction de ces actes relève de votre avocat, l’un des intervenants clés d’une cession.

Une divulgation par paliers

Le principe est simple : chaque candidat ne reçoit que les informations nécessaires à l’étape où il se trouve, et le cercle se resserre à mesure que la sensibilité augmente. Les termes techniques (teaser, mémorandum, LOI, data room) sont définis dans notre petit lexique de la cession d’entreprise.

Étape Informations communiquées À qui
1. Teaser anonyme Secteur, zone géographique large, fourchette de chiffre d’affaires, niveau de rentabilité, atouts, motif de la cession. Aucun nom, aucun client identifiable. Une liste restreinte d’acquéreurs présélectionnés
2. Mémorandum d’information Identité de l’entreprise, historique, comptes, organisation, marché, clients présentés de façon agrégée ou anonymisée. Les seuls candidats ayant signé l’accord de confidentialité et dont le sérieux a été vérifié
3. Rencontres avec le dirigeant Stratégie, perspectives, rôle des équipes clés, réponses aux questions. Un nombre réduit de candidats sérieux, avant remise des offres
4. Data room après lettre d’intention Contrats, clients nominatifs, données sociales détaillées, litiges, éléments techniques. L’acquéreur retenu et ses conseils, par accès nominatifs ; les données les plus sensibles via une clean team s’il s’agit d’un concurrent
5. Avant la signature Information des salariés ou consultation du CSE, puis annonce aux clients et partenaires clés. Selon les obligations légales et le calendrier convenu avec l’acquéreur

Un calendrier resserré limite aussi la durée d’exposition : plus le processus s’étire, plus les occasions de fuite se multiplient.

Le cas particulier des concurrents

Un concurrent est souvent l’acquéreur le plus intéressé, parfois le mieux-disant, mais aussi le plus risqué : si l’opération échoue, il repart en connaissant vos prix, vos clients et vos marges.

Le droit de la concurrence vous protège ici : les échanges d’informations stratégiques entre concurrents sont encadrés par l’article 101 du TFUE et l’article L. 420-1 du Code de commerce. Les lignes directrices de la Commission européenne sur les accords de coopération horizontale (2023) citent comme informations commercialement sensibles les prix, les coûts, les capacités, les parts de marché, les clients ou les projets d’entrée et de sortie de marchés. Elles mentionnent les clean teams, typiquement utilisées en fusions-acquisitions, pour que ces informations ne circulent qu’en fonction du besoin et sous forme agrégée.

En pratique, face à un concurrent :

  • ne communiquez les informations sensibles qu’après la lettre d’intention, et si elles sont nécessaires ;
  • privilégiez des données agrégées ou anonymisées (chiffre d’affaires par segment plutôt que par client, grilles tarifaires moyennes) ;
  • réservez le détail à une clean team : conseils externes ou personnes de l’acquéreur sans fonction commerciale ou opérationnelle, liées par un engagement spécifique et qui ne restituent à leur mandant que des conclusions de synthèse ;
  • documentez le besoin de chaque information demandée.

Si l’opération relève du contrôle des concentrations, l’acquéreur ne peut pas non plus prendre la main sur votre gestion avant l’autorisation (article L. 430-8 du Code de commerce).

Salariés : concilier confidentialité et obligation d’information

L’obligation légale d’information intervient tard dans le processus. La loi n° 2026-403 du 26 mai 2026 de simplification de la vie économique a allégé le dispositif pour les cessions conclues à compter du 27 juillet 2026, pour la vente d’un fonds de commerce ou d’une participation majoritaire dans une entreprise de moins de 250 salariés :

  • moins de 50 salariés, ou 50 salariés et plus sans CSE : information des salariés au plus tard un mois avant la conclusion de la vente, contre deux mois auparavant ;
  • 50 salariés et plus dotés d’un CSE : l’information individuelle est remplacée par l’information-consultation du CSE, qui dispose d’un mois pour rendre son avis ;
  • en cas de manquement, l’amende civile est plafonnée à 0,5 % du prix de vente, contre 2 % auparavant.

Les salariés informés sont tenus à une obligation de discrétion ; un manquement peut justifier une sanction disciplinaire. Les membres du CSE sont, eux, tenus à la discrétion sur les informations présentées comme confidentielles par l’employeur (article L. 2315-3 du Code du travail).

Avant ce stade, vous n’avez aucune obligation d’annoncer le projet. Un ou deux collaborateurs clés (direction financière notamment) devront souvent être associés plus tôt pour préparer les données : encadrez-le par un engagement de confidentialité individuel, qui complète l’exécution de bonne foi du contrat de travail (article L. 1222-1 du Code du travail). Pour la méthode et un modèle de lettre, voir Cession d’entreprise : comment communiquer auprès de ses salariés.

Le rôle du conseil en cession

Le conseil en cession est le premier rempart de la confidentialité, parce qu’il s’interpose entre vous et le marché :

  • Filtre des acquéreurs : il qualifie chaque candidat (capacité financière, projet réel, historique) avant tout envoi, et écarte ceux qui cherchent surtout à collecter de l’information.
  • Anonymat : il approche les acquéreurs en son nom, avec un teaser qui ne permet pas d’identifier l’entreprise, et ne révèle votre identité qu’après signature du NDA et accord de votre part.
  • Data room sécurisée : accès nominatifs et révocables, droits différenciés par candidat, consultation sans téléchargement ni impression pour les documents sensibles, filigrane et journal des consultations. Ces pratiques rejoignent les recommandations du guide de la CNIL sur la sécurité des données (gestion des habilitations, authentification multifacteur, chiffrement des échanges, traçabilité). Les données personnelles des salariés y sont communiquées de façon minimisée, par exemple pseudonymisées, tant que le détail n’est pas indispensable.
  • Rythme : un calendrier tenu et des échanges centralisés évitent la multiplication des interlocuteurs et des versions de documents.

Les erreurs à éviter

  1. Diffuser une annonce ou un teaser identifiable : une localisation précise, un chiffre d’affaires exact ou un savoir-faire unique suffisent parfois à vous reconnaître.
  2. Transmettre des chiffres avant la signature du NDA, même « pour se faire une idée ».
  3. Signer un NDA type sans l’adapter : pas de clause pénale, durée floue, personnes autorisées non listées.
  4. Ouvrir la data room complète trop tôt ou à trop de candidats en même temps.
  5. Donner à un concurrent vos données clients détaillées sans clean team.
  6. Multiplier les intermédiaires qui présentent chacun le dossier à leur façon.
  7. Laisser traîner le processus ou organiser les rendez-vous dans les locaux de l’entreprise.
  8. Oublier le calendrier social : une information des salariés ou une consultation du CSE improvisée en fin de parcours retarde la signature.

Questions fréquentes

Un acquéreur peut-il refuser de signer un accord de confidentialité ?

Il peut en négocier la durée ou la pénalité. Un refus de principe est un signal d’alerte : sans NDA, aucune information identifiante n’est transmise.

Combien de temps dure un accord de confidentialité ?

Une durée déterminée, les engagements perpétuels étant prohibés : de 2 à 3 ans après les discussions jusqu’à 5 ou 10 ans pour des informations durablement sensibles.

Que faire si une fuite se produit malgré tout ?

Conservez les preuves (journal de la data room, échanges), faites constater la violation et mettez le candidat en demeure : la clause pénale n’est en principe encourue qu’après mise en demeure. Votre avocat peut aussi agir sur le fondement du secret des affaires.

Dois-je informer mes salariés dès le début du projet ?

Non. L’information des salariés, ou la consultation du CSE, intervient avant la conclusion de la vente (un mois avant pour les cessions conclues depuis le 27 juillet 2026). Seuls quelques collaborateurs clés sont associés plus tôt, sous engagement de confidentialité.

Peut-on vendre à un concurrent sans lui ouvrir tous ses dossiers ?

Oui : informations sensibles communiquées tardivement, agrégées ou réservées à une clean team, comme le droit de la concurrence l’impose d’ailleurs.

Échangeons en toute confidentialité

Vendre sa PME sans que le marché le sache est une question de méthode : filtrer, séquencer, encadrer juridiquement et tenir le calendrier. Si vous réfléchissez à une cession, même à un horizon de plusieurs années, commencez par estimer la valeur de votre entreprise avec notre outil de valorisation : vos données restent confidentielles. Vous pouvez aussi demander un premier échange avec l’équipe Mon Projet PME : il est confidentiel, sans engagement, et nous permet d’examiner avec vous la façon de protéger votre projet dès le départ.

Sources : Code civil (art. 1112-2, 1210, 1231-5) ; Code de commerce (art. L. 151-1 s., L. 420-1, L. 430-8) ; Code du travail (art. L. 1222-1, L. 2315-3) ; loi n° 2026-403 du 26 mai 2026 ; Service-Public Entreprendre (fiche mise à jour le 22 juillet 2026) ; economie.gouv.fr ; Bpifrance Création (fiches NDA et transmission) ; Commission européenne, lignes directrices horizontales (2023) ; Cass. com., 27 mai 2021 ; CNIL, Guide de la sécurité des données personnelles (2024).

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Se faire accompagner pour vendre sa PME : rôle, coût, choix du conseil https://www.monprojetpme.fr/pourquoi-choisir-de-se-faire-accompagner-dans-la-cession-de-sa-pme/ Wed, 16 Sep 2026 08:00:00 +0000 http://www.monprojetpme.fr/?p=5738 Faut-il se faire accompagner pour vendre sa PME ? Apports d'un conseil en cession, honoraires, cas où il n'est pas utile et check-list pour bien le choisir.

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Rien ne vous oblige légalement à vous faire accompagner pour vendre votre entreprise, mais une cession de PME mobilise des compétences que peu de dirigeants réunissent seuls : valorisation, recherche d’acquéreurs, négociation, documentation juridique et fiscalité. Un conseil en cession (banque d’affaires ou cabinet de fusions-acquisitions) se justifie surtout lorsque plusieurs acquéreurs sont envisageables, que les enjeux financiers sont significatifs et que vous devez continuer à diriger pendant le processus. À l’inverse, si l’acquéreur est déjà connu et que l’opération est simple, un avocat, votre expert-comptable et une évaluation indépendante peuvent suffire.

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Ce qu’apporte un conseil en cession

Une cession ne se résume pas à trouver un acheteur. Bpifrance Création rappelle que la préparation de l’entreprise peut prendre un à deux ans et que la négociation, « l’étape la plus délicate », peut durer 12 à 18 mois. L’apport d’un conseil se mesure sur cinq plans.

  • La valeur. Le conseil construit une fourchette de valorisation défendable, identifie les retraitements que les acquéreurs feront de toute façon et présente l’entreprise dans un mémorandum d’information structuré. Surtout, il organise une mise en concurrence : c’est la présence de plusieurs candidats, plus que les arguments, qui soutient le prix et les conditions. Pour les méthodes, voir notre page valorisation.
  • Le temps. Questions des candidats, visites, data room : un conseil absorbe ce travail pour que vous puissiez continuer à piloter l’activité, dont la dégradation en cours de processus se retrouve presque toujours dans le prix.
  • La confidentialité. Présentation anonyme dans un premier temps, accord de confidentialité avant toute information sensible, liste d’acquéreurs validée avec vous : le conseil filtre les contacts et limite le risque de fuite auprès des salariés, clients ou concurrents. Nous détaillons ces précautions dans l’article vendre sa PME en toute confidentialité.
  • La négociation. Le conseil sert d’interlocuteur tampon : il compare des offres rarement comparables (part payée au closing, complément de prix, crédit vendeur, réinvestissement, garantie d’actif et de passif).
  • La sécurisation. Il tient le calendrier, coordonne avocats, experts-comptables et auditeurs, et anticipe les points qui font échouer une opération tardivement : écart de chiffres en due diligence, conditions de financement de l’acquéreur, ajustement de prix.

Un conseil M&A ne remplace ni l’avocat ni l’expert-comptable : il pilote l’ensemble et prépare le terrain pour chacun. Vous restez décisionnaire à chaque étape.

Qui fait quoi ? Les intervenants d’une cession

Le tableau ci-dessous résume la répartition habituelle des rôles. Nous l’avons développée dans l’article quels sont les intervenants lors d’une cession de PME.

Intervenant Rôle principal Moment clé
Conseil M&A ou banque d’affaires Valorisation, mémorandum, recherche et approche des acquéreurs, conduite du processus et de la négociation De la préparation au closing
Avocat d’affaires Accord de confidentialité, lettre d’intention, protocole ou contrat de cession, garantie d’actif et de passif, pacte d’associés en cas de réinvestissement Surtout à partir de la lettre d’intention, idéalement plus tôt
Expert-comptable Comptes fiables et lisibles, situations intermédiaires, données financières demandées par les acquéreurs En amont et pendant les audits
Auditeur (vendor due diligence) Audit financier, voire fiscal et social, commandé par le vendeur et communiqué aux acquéreurs Avant l’ouverture du processus
Notaire Acte authentique si les parties le choisissent, transmission familiale, dimension patrimoniale ; la cession de titres peut aussi se faire par acte sous seing privé Selon l’opération, souvent en fin de parcours
Conseil patrimonial ou fiscal Structuration en amont (donation, holding, réinvestissement), fiscalité du cédant, placement du produit de cession Plusieurs mois avant la signature, puis après

Selon l’Autorité des marchés financiers (position DOC-2018-03), le conseil aux entreprises en matière de fusions et de rachat d’entreprises poursuivant un objectif entrepreneurial relève des services connexes, dont la prestation est libre : un conseil M&A n’a donc pas à être immatriculé comme conseiller en investissements financiers (CIF). Ce statut, avec inscription à l’ORIAS et adhésion à une association agréée par l’AMF comme la CNCEF, concerne en revanche le conseil en placements, par exemple pour le réinvestissement de votre produit de cession.

Combien coûte l’accompagnement ?

Il n’existe pas de barème réglementé. La plupart des conseils combinent deux composantes, que Bpifrance Création décrit comme « un forfait initial couvrant les premières étapes comme l’audit et la valorisation et une rémunération au succès ».

  • Les honoraires fixes (retainer), versés à la signature du mandat ou mensuellement, rémunèrent la préparation du dossier et engagent les deux parties.
  • La commission de succès (success fee), due uniquement si l’opération se réalise, calculée en pourcentage du prix ou de la valeur d’entreprise, souvent avec un montant minimum.
  • Les barèmes dégressifs, dont la référence historique est la formule de Lehman, née aux États-Unis dans les années 1970 : 5 % du premier million, 4 % du deuxième, 3 % du troisième, 2 % du quatrième et 1 % au-delà. En pratique, les conseils français adaptent librement ces tranches.
  • Les primes de surperformance, qui augmentent le pourcentage au-delà d’un prix cible convenu à l’avance et alignent les intérêts du conseil sur les vôtres.

Les ordres de grandeur publiés sont rares et doivent être lus avec prudence. Infocession, dans un article mis à jour en février 2022, indique une répartition d’environ 10 % d’honoraires fixes et 90 % de rémunération au succès, et des honoraires totaux de l’ordre de 7,5 % de la valeur d’entreprise pour une valeur de 2 M€, 5 % pour 5 M€, 3 % pour 15 M€ et 1,5 % pour 50 M€. La même source estime le coût d’une vendor due diligence « le plus souvent entre 15 et 60 k€ » pour une PME simple, et les honoraires d’avocats à environ 20 % de ceux du conseil M&A. Ces chiffres, issus d’une seule source, restent indicatifs et négociables.

Deux précisions comptent autant que le taux : l’assiette (valeur d’entreprise, prix des titres, compléments de prix inclus ou non) et le traitement fiscal des honoraires selon qu’ils sont supportés par la société ou par vous, à examiner avec votre conseil fiscal (voir vendre son entreprise : à quoi s’attendre en termes de fiscalité). Enfin, pour les plus petites entreprises, l’association Cédants et Repreneurs d’Affaires (CRA) propose un accompagnement par des délégués bénévoles et précise qu’aucune commission n’est à verser, ni par l’acheteur, ni par le vendeur.

Quand peut-on s’en passer ?

Un conseil en cession n’est pas toujours la meilleure dépense, notamment dans les cas suivants.

  • L’acquéreur est déjà identifié et légitime : associé, cadres dirigeants, salariés, membre de la famille ou partenaire de longue date, avec une relation de confiance et des bases de prix cohérentes. Un avocat, l’expert-comptable et une évaluation indépendante couvrent alors l’essentiel.
  • La transmission est familiale : les enjeux sont d’abord juridiques, fiscaux et patrimoniaux, et relèvent du notaire, de l’avocat et du conseil patrimonial.
  • La taille de l’opération rend les honoraires disproportionnés : pour un fonds de commerce ou une très petite entreprise, les réseaux consulaires (CCI, CMA) et associatifs comme le CRA sont souvent plus adaptés.
  • Vous avez vous-même l’expérience des opérations et le temps de conduire un processus, entouré de conseils juridiques et financiers solides.

Une nuance importante : recevoir une offre spontanée n’est pas une raison suffisante pour se passer de conseil. Sans point de comparaison, il est difficile de savoir si le prix proposé est celui du marché. Une mission limitée, par exemple une évaluation et un accompagnement à la négociation rémunérés au forfait, peut être un compromis.

Comment choisir son conseil

Rencontrez deux ou trois conseils et comparez leurs propositions écrites sur ces critères.

  • Références : opérations réellement menées jusqu’au closing, et possibilité d’échanger avec d’anciens clients cédants.
  • Taille des opérations : un cabinet habitué à votre ordre de grandeur, pour que votre dossier soit à la fois crédible auprès des acquéreurs et prioritaire.
  • Connaissance du secteur : compréhension de vos métiers, de vos indicateurs et des acquéreurs actifs.
  • Réseau d’acquéreurs : demandez comment la liste sera construite (industriels, fonds, acquéreurs étrangers) et qui décidera des candidats contactés.
  • Disponibilité de l’associé : qui mènera concrètement le dossier au quotidien, et avec quelle charge de mandats en parallèle ?
  • Réalisme de la valorisation : une estimation flatteuse destinée à remporter le mandat se paie plus tard, en cours de négociation.
  • Conflits d’intérêts : le conseil travaille-t-il aussi pour des acquéreurs de votre secteur ou pour des fonds qu’il pourrait solliciter ? La charte de déontologie de la Compagnie nationale des conseils en fusions et acquisitions (CNCFA) demande à ses membres de refuser deux rémunérations issues de lettres de mission simultanées acquéreur et cédant sur la même affaire. Exigez la même règle par écrit.
  • Mandat exclusif ou non : l’exclusivité est la règle pour un processus coordonné et confidentiel, car plusieurs intermédiaires présentant le même dossier le dévalorisent. Vérifiez en contrepartie la durée, les conditions de résiliation, la clause de suite (commission due après la fin du mandat avec un acquéreur présenté pendant celui-ci) et l’exclusion des contacts que vous aviez déjà.

Le mandat relève du Code civil (articles 1984 et suivants) : tout se joue dans sa rédaction. Faites-le relire par votre avocat avant signature.

Les erreurs à éviter

  1. Choisir le conseil qui annonce la valorisation la plus haute plutôt que celui qui justifie la sienne.
  2. Se lancer sans préparation : le CRA constate que les dirigeants qui le contactent arrivent « le plus souvent mal préparés ». Comptes lisibles et dépendances identifiées pèsent autant que la négociation.
  3. Signer un mandat sans en lire les clauses sur l’assiette des honoraires, la durée et la clause de suite.
  4. Contacter soi-même des acquéreurs en parallèle, sans accord de confidentialité ni coordination avec son conseil.
  5. Laisser l’activité décrocher pendant le processus : un trimestre décevant en pleine due diligence peut remettre en cause le prix.
  6. Traiter la fiscalité et le patrimoine à la fin, alors que certaines options doivent être mises en place bien avant la signature.

Questions fréquentes

Comment me faire accompagner pour vendre mon entreprise ?

Commencez par clarifier vos objectifs (prix, calendrier, rôle après la cession, profil d’acquéreur souhaité), puis faites réaliser une première évaluation. Rencontrez ensuite plusieurs conseils, comparez leurs propositions écrites et associez votre avocat et votre expert-comptable dès le départ. Les grandes étapes sont décrites dans notre article comment vendre son entreprise en 5 étapes.

Combien coûte un conseil en cession pour une PME ?

La rémunération combine généralement des honoraires fixes et une commission de succès, dégressive avec la taille de l’opération. Les ordres de grandeur publiés par Infocession en 2022 vont d’environ 7,5 % de la valeur d’entreprise pour 2 M€ à 1,5 % pour 50 M€, mais chaque mandat se négocie.

Faut-il signer un mandat exclusif ?

Pour un processus structuré, l’exclusivité est généralement préférable : elle garantit un seul interlocuteur face aux acquéreurs et protège la confidentialité. Encadrez-la par une durée limitée, des conditions de sortie claires et une clause de suite raisonnable.

Banque d’affaires, cabinet M&A ou expert-comptable : quelle différence ?

Banques d’affaires et cabinets M&A conduisent l’ensemble du processus de vente, de la valorisation au closing. L’expert-comptable intervient surtout sur la fiabilité des comptes et les données financières. Ces acteurs travaillent ensemble plutôt qu’en concurrence.

Quand faut-il contacter un conseil ?

Le plus tôt possible. Bpifrance Création recommande de réaliser l’évaluation de l’entreprise au moins un an avant l’échéance et indique que la préparation peut prendre un à deux ans. Un échange en amont laisse le temps de corriger les points faibles.

Échanger sur votre projet

Si vous vous interrogez sur l’opportunité de vous faire accompagner, ou sur le type d’accompagnement adapté à votre entreprise, l’équipe Mon Projet PME peut en parler avec vous lors d’un premier échange confidentiel et sans engagement, y compris pour conclure qu’un conseil n’est pas nécessaire. Vous pouvez nous écrire depuis la page prise de contact.

Sources : Bpifrance Création (fiches « Les intermédiaires en cession et acquisition d’entreprise », « Pourquoi anticiper la transmission ? » et « La signature de l’acte de cession définitif ») ; Cédants et Repreneurs d’Affaires (fiche cédant et page sur l’accompagnement des cédants ; synthèse de l’étude Bpifrance Le Lab et CRA) ; Autorité des marchés financiers, position DOC-2018-03 ; Bpifrance Création, fiche « Conseiller en investissements financiers » ; CNCFA, charte de déontologie ; Code civil, articles 1984 et suivants ; Infocession, « Comment négocier ses honoraires de cession ? » (mise à jour du 16 février 2022) ; présentation de la formule de Lehman (Wikipedia, article « Lehman Formula »).

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Si vous restez au capital, le pacte d’actionnaires fixe votre sortie https://www.monprojetpme.fr/qu-est-ce-que-le-pacte-d-actionnaires/ Mon, 09 Jan 2023 16:25:13 +0000 https://www.monprojetpme.fr/?p=8262 Vous cédez la majorité et vous gardez une part du capital. Le pacte d'actionnaires fixe la formule de prix, la date de sortie et le sort de votre part.

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Vous cédez la majorité de vos titres à un groupe et vous gardez une part du capital. Le prix de la part vendue est payé au closing. Ce que vaudra la part conservée dépend d’un contrat signé le même jour, qui ne sera pas déposé au greffe : le pacte d’actionnaires. Y figurent la formule de calcul de votre prix de sortie, la date à laquelle cette sortie s’ouvre et le traitement réservé à votre départ selon son motif. Avant de signer la lettre d’intention, réclamez les statuts à jour déposés au greffe et le projet de contrat de cession.

Article mis à jour en 2026.

Vous pensez à céder votre entreprise ?

Un premier échange confidentiel, sans engagement, pour faire le point sur votre projet, sur ce que vaut votre société aujourd’hui et sur les acquéreurs possibles.

Qui calcule le prix de votre part, et quand vous la touchez

Deux dates portent de l’argent, celle où votre sortie s’ouvre et celle de l’arrêté de comptes qui servira de base au prix. Si la formule figure au pacte, le prix s’en déduit le jour venu. Sinon, il faudra un accord avec le majoritaire, et un expert ne vous sera imposable que dans deux situations précises.

Pour faire désigner un expert malgré l’autre partie, il faut tomber dans l’une des deux situations de l’article 1843-4 du code civil : la loi y renvoie elle-même pour fixer le prix d’une cession ou d’un rachat, ou les statuts prévoient cette cession sans que la valeur soit déterminée ni déterminable. À défaut d’accord des parties sur le nom de l’expert, le président du tribunal judiciaire ou du tribunal de commerce le désigne, par un jugement que le texte dit rendu sans recours possible.

L’expert, quand il est désigné, applique les règles de détermination de la valeur prévues par les statuts ou par toute convention liant les parties. Votre pacte s’impose donc à lui. Il ne permet pas, à lui seul, de le faire désigner. Une formule utilisable nomme l’agrégat de référence, c’est-à-dire la ligne de compte sur laquelle le multiple s’applique, le multiple lui-même, le traitement de la dette nette, l’exercice retenu et la date d’arrêté des comptes. Entre un résultat d’exploitation et un excédent brut d’exploitation retraité, le prix de votre part n’est pas le même.

Un cédant qui garde une part du capital veut savoir combien il touche si tout va mal, et demande une promesse d’achat à prix minimum. L’objection opposée à ces promesses est la clause léonine, nom de la stipulation qui exonère un associé de la totalité des pertes et que le deuxième alinéa de l’article 1844-1 du code civil répute non écrite. Le montant promis ne suffit donc pas, c’est la rédaction qui tient : une promesse enfermée dans une fenêtre d’exercice datée, qui organise une sortie sans vous mettre à l’abri des pertes tant que vous détenez vos titres, est plus solide qu’un plancher ouvert. Faites écrire cette clause par votre avocat plutôt que de reprendre le modèle de l’acheteur. La révocation d’une promesse unilatérale pendant le temps laissé au bénéficiaire pour opter n’empêche pas la formation du contrat promis, aux termes de l’article 1124 du code civil. Le nom du promettant et la trésorerie dont il dispose comptent autant que la clause elle-même.

Sur les dates, votre pacte a une fin et le fonds qui détient le groupe a son propre calendrier. Un pacte sans durée reste valable, mais chacun peut y mettre fin en respectant le préavis prévu ou, à défaut, un délai raisonnable, les engagements perpétuels étant prohibés par les articles 1210 et 1211 du code civil. Avec une durée fixe, nul ne peut exiger le renouvellement, de sorte qu’un pacte de cinq ans signé avec un investisseur qui détiendra sa participation plus longtemps laisse le minoritaire sans clause de liquidité au moment où la revente se prépare. Demandez le millésime du fonds et sa durée de vie restante, puis posez cette échéance en face de la date de fin du pacte.

Bon sortant, mauvais sortant : le motif du départ change le prix

C’est la clause la plus chère du pacte, et celle que les projets expédient en trois lignes. Les rédacteurs classent les départs en bon sortant, catégorie où l’on trouve le décès, l’invalidité, la retraite et le terme convenu, et en mauvais sortant, qui vise la démission avant une certaine date et la révocation pour faute. Les projets que vous recevrez emploieront les termes anglais, good leaver et bad leaver. Chaque catégorie renvoie à une base de calcul différente, et c’est la base qu’il faut lire, pas l’étiquette.

Le mauvais sortant est parfois payé à la valeur nominale des titres, qui ne représente que le capital souscrit, parfois à leur valeur comptable, c’est-à-dire la quote-part de capitaux propres. Entre ces deux bases et la formule du bon sortant, l’écart porte sur le même nombre d’actions. Regardez aussi ce qui fait basculer d’une catégorie à l’autre : une révocation de mandat social décidée par le majoritaire peut y suffire, dans un groupe où vous ne détenez qu’une fraction du capital. Demandez au rédacteur quel prix est versé dans chacun des cas de départ listés, et sur quel exercice.

Votre argent part dans la holding de l’acheteur

Avant de discuter les clauses, demandez dans quelle société vous remettez votre argent. Quand l’acheteur est un groupe détenu par un fonds, la part réinvestie porte sur une holding de ce groupe et non sur l’entreprise que vous venez de vendre. Chez GO!Formations, qui a racheté Artois Formation à Vendin-lès-Béthune, le fondateur Jean-François Poiteaux est resté en charge des opérations et a réinvesti dans le capital social de GO!Formations, aux côtés de l’équipe de direction (La Gazette France, 28 août 2026). Le trio dirigeant du groupe de courtage en assurance Suire-Sogeas a fait de même aux côtés de Meanings Capital Partners (Fusacq, 4 décembre 2025).

Ce déplacement change la nature de ce que vous détenez. Vous connaissez votre société ; du groupe, vous ne savez rien, ni sa dette d’acquisition, ni le rang de vos titres par rapport à ceux des autres actionnaires. Un montage de ce type compte plusieurs étages, et votre part vaut ce qui reste après remboursement de la dette portée au-dessus de vous, mécanique détaillée dans notre article sur l’acquéreur adossé à un fonds. Avant de souscrire, réclamez l’organigramme du groupe avec le nom de la société émettrice, ses comptes consolidés et le tableau d’amortissement de sa dette d’acquisition.

L’abattement fixe de 500 000 euros du dirigeant qui part à la retraite, prévu par l’article 150-0 D ter du code général des impôts, suppose des conditions que le réinvestissement met à mal. Le cédant doit cesser toute fonction dans la société vendue et faire valoir ses droits à la retraite dans les deux ans de la cession, décomptés de date à date. Il ne doit détenir aucun droit chez la société cessionnaire, l’administration ne tolérant que 1 % au plus, apprécié à la cession et pendant les trois années suivantes (BOFiP BOI-RPPM-PVBMI-20-40-10-40, version du 14 novembre 2024, paragraphes 330, 340 et 470 à 490, et BOI-RPPM-PVBMI-20-40-20 du 5 juillet 2022). Au-delà de ce seuil de 1 %, l’abattement tombe, et quelques points de capital de la holding suffisent à le dépasser. L’autre voie consiste à apporter des titres à une holding pour placer la plus-value en report d’imposition, sous le régime de l’article 150-0 B ter du même code. Dans sa version en vigueur depuis le 21 février 2026, ce régime impose à la holding, en cas de cession dans les trois ans, d’investir au moins 70 % du produit dans un délai de trois ans et de conserver les biens ou titres réinvestis pendant cinq ans au moins, ce qui ne correspond plus à l’état du droit décrit par les pages antérieures à 2026. Faites chiffrer ces deux branches par un avocat fiscaliste avant la lettre d’intention, en même temps que la fiscalité de l’opération dans son ensemble.

Statuts ou pacte : la sanction diffère

La même clause ne se sanctionne pas de la même façon selon qu’elle est aux statuts ou au pacte. Prenez le droit de préemption, qui vous réserve la priorité sur les titres qu’un associé veut vendre, et l’agrément, qui soumet l’entrée d’un nouvel actionnaire à l’accord de la société. Dans les statuts d’une société par actions simplifiée, l’article L. 227-15 du code de commerce frappe de nullité la cession faite en violation des clauses statutaires, la portée exacte de ce texte sur une préemption statutaire restant discutée. Au pacte seulement, vous obtiendrez des dommages et intérêts, et l’exécution en nature reste incertaine contre un tiers qui a déjà acheté. Pendant ce temps, celui qui a violé le pacte a encaissé son prix. Ces articles L. 227 ne valent que pour la société par actions simplifiée : dans une société anonyme, l’agrément relève des articles L. 228-23 et suivants, et dans une société à responsabilité limitée de l’article L. 223-14.

Une exception vaut pour une clause du pacte, et c’est la plus utile. L’article 1123 du code civil permet au bénéficiaire d’un pacte de préférence d’agir en nullité du contrat conclu avec un tiers, ou de demander au juge de le substituer à ce tiers, quand celui-ci connaissait l’existence du pacte et votre intention de vous en prévaloir. Cette preuve de connaissance se prépare, en notifiant l’existence du pacte aux candidats acquéreurs. Le tiers garde de son côté un moyen de se couvrir : il peut vous demander par écrit de confirmer, dans un délai raisonnable qu’il fixe, que le pacte existe et que vous entendez l’invoquer. Votre silence passé ce délai vous ferme la substitution comme la nullité, donc gardez la preuve de votre réponse.

Une clause ne figure que dans les statuts, l’inaliénabilité, qui peut interdire la revente des actions pendant dix ans au plus et qui exige l’unanimité des associés pour être adoptée comme pour être levée. Le projet de statuts porte cette durée, et c’est le nombre d’années qui vous resteraient si le majoritaire refusait de la lever.

Ce qui s’écrit dans la lettre d’intention

Le pacte est rédigé entre la lettre d’intention et le closing, à partir d’un projet qu’apporte en pratique le conseil de l’acquéreur, et signé le jour de la vente. Rien ne vous interdit d’en réclamer un projet complet avant la fin de l’exclusivité, et nous le demandons. Mais au moment de signer la lettre d’intention, ce que vous pouvez obtenir sans retarder le calendrier, c’est une annexe qui en fixe les termes financiers.

Cette annexe peut être courte. Elle arrête la valeur retenue pour votre entrée au capital et le nom de la société émettrice, la formule applicable à votre sortie et la date à partir de laquelle celle-ci est ouverte, puis le prix qui vous est versé selon que votre départ est volontaire, provoqué par la maladie ou motivé par une faute.

La gouvernance remplit les projets de pacte, et elle ne finance pas votre sortie. Un veto, un siège au comité de direction et une information trimestrielle vous donnent de la visibilité, pas de la liquidité. Le veto qui vaut la peine d’être demandé porte sur une nouvelle dette d’acquisition souscrite au-dessus de vous, parce qu’une dette nouvelle passe devant vous au remboursement. Votre présence dans l’entreprise après la vente, sujet de l’article sur le fait de rester après la vente, se négocie dans le même temps.

La sortie conjointe et l’obligation de céder se rédigent dans des termes voisins et jouent contre vous dans un cas sur deux. La sortie conjointe, tag along dans les projets, est votre droit de partir avec le majoritaire au prix qu’il obtient, le jour où il revend le groupe. L’obligation de céder, drag along, est le droit inverse : celui du majoritaire de vous contraindre à vendre avec lui, au prix et au moment qu’il choisit. Notre diagnostic de cession sert à préparer ces points avant l’ouverture des discussions. Le jour où elles s’ouvrent, votre dossier contient les statuts à jour, l’annexe financière de la lettre d’intention et le chiffrage fiscal du réinvestissement.

Les questions que posent les dirigeants qui gardent une part du capital

Le pacte d’actionnaires est-il obligatoire ?

Aucun texte ne l’impose. Il devient inévitable dès qu’un acheteur majoritaire et un cédant minoritaire partagent le même capital, les statuts ne réglant ni la date ni le prix de la sortie du minoritaire. Le projet arrive avec les documents de closing.

À quel prix pourrai-je revendre la part que je garde ?

Au prix que donne la formule inscrite au pacte, appliquée à l’exercice de référence qu’elle désigne, et au prix réduit prévu pour le mauvais sortant si votre départ entre dans cette catégorie. Sans formule, le prix vient d’un accord entre les parties, l’expert de l’article 1843-4 du code civil n’étant accessible que si la loi ou les statuts y renvoient.

Que se passe-t-il si l’acheteur ne respecte pas le pacte ?

Il doit des dommages et intérêts, et vous pouvez poursuivre l’exécution en nature après mise en demeure. La nullité d’une cession irrégulière vient des clauses inscrites dans les statuts, avec une exception pour le pacte de préférence, que l’article 1123 du code civil permet de faire sanctionner par la nullité ou par votre substitution au tiers de mauvaise foi.

Est-ce que le pacte sera public ?

Non, il reste entre ses signataires, et c’est pour cela qu’on y place ce que l’on ne souhaite pas voir au greffe, à commencer par les valeurs et les formules. Les clauses dont vous attendez qu’une cession irrégulière soit annulée ont intérêt à figurer dans les statuts, consultables par tous au registre du commerce.

Puis-je revendre ma part avant la fin du pacte ?

Vous pouvez signer une cession, sous réserve de l’agrément prévu aux statuts, en acceptant de devoir des dommages et intérêts au titre du pacte. Une sortie organisée passe plutôt par la clause de liquidité, par un accord avec le majoritaire, ou par le rachat de vos titres par la société, qui doit alors les céder dans un délai de six mois ou les annuler.

Cet article décrit l’état des textes à la date indiquée et ne remplace pas l’avis d’un avocat sur la rédaction de votre pacte ni celui d’un avocat fiscaliste sur le chiffrage de votre réinvestissement.

Sources : code de commerce, articles L. 223-14, L. 227-13, L. 227-15, L. 227-19 et L. 228-23 ; code civil, articles 1123, 1124, 1210, 1211, 1212 et 1843-4, et deuxième alinéa de l’article 1844-1, textes consultés sur Legifrance le 7 octobre 2026 ; code général des impôts, articles 150-0 D ter et 150-0 B ter ; BOFiP BOI-RPPM-PVBMI-20-40-10-40, version du 14 novembre 2024, et BOI-RPPM-PVBMI-20-40-20 du 5 juillet 2022 ; La Gazette France, 28 août 2026 (GO!Formations et Artois Formation) ; Fusacq, 4 décembre 2025 (Suire-Sogeas et Meanings Capital Partners).

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Cyberattaques, un risque de plus en plus réel pour les PME https://www.monprojetpme.fr/cyberattaques-un-risque-de-plus-en-plus-reel-pour-les-pme/ Wed, 23 Nov 2022 10:23:08 +0000 https://www.monprojetpme.fr/?p=7525 Depuis de nombreuses années, les dirigeants de PME doivent faire face à une série de risques : la défaillance d’un client stratégique, un grave accident d’un salarié, les démissions de collaborateurs clefs, un manque de liquidités, etc…
Plus récemment, un nouveau risque est apparu au niveau de toutes les entreprises : les cyberattaques. A ce titre, les termes ne manquent pas pour qualifier ce nouveau fléau : cybercriminalité, cyber-rançonnage, cyber-espionnage, cyber-piratage, cyber-délinquance, etc…

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Depuis de nombreuses années, les dirigeants de PME doivent faire face à une série de risques : la défaillance d’un client stratégique, un grave accident d’un salarié, les démissions de collaborateurs clefs, un manque de liquidités, etc…

Plus récemment, un nouveau risque est apparu au niveau de toutes les entreprises : les cyberattaques. A ce titre, les termes ne manquent pas pour qualifier ce nouveau fléau : cybercriminalité, cyber-rançonnage, cyber-espionnage, cyber-piratage, cyber-délinquance, etc …

De la grande entreprise à la PME, les conséquences d’une cyberattaque sur l’exploitation peuvent être majeures et aller jusqu’à mettre en péril la poursuite de l’activité.  Il appartient donc au dirigeant de PME de prendre en compte avec beaucoup d’attention le risque cyber et de l’intégrer dans l’élaboration de la cartographie des risques de son entreprise (plan à réactualiser au minimum une fois par an).

Cyberattaques, un risque de plus en plus réel pour les PME

Les raisons de la vulnérabilité accrue des PME

Les PME sont des proies de plus en plus faciles pour des hackeurs. En effet, la plupart des PME ont souvent des systèmes de protection très insuffisants, le système se limitant à l’installation d’un simple antivirus et à un investissement à quelques centaines d’euros.  Les PME ne disposent que très rarement d’un responsable en charge de la cybersécurité. 

De plus, par nécessité opérationnelle les PME ont dû davantage s’ouvrir sur l’extérieur afin de rester connectés en permanence avec tous les acteurs de leur écosystème. Un facteur additionnel est le recours de plus en plus fréquent au travail à distance en place chez de nombreux collaborateurs. Ces deux éléments complexifient fortement la sécurisation des données et des systèmes informatiques.

Enfin, les hackeurs se dirigent vers les PME en procédant à des attaques malveillantes massives maximisant le nombre de cibles et en même en temps en limitant le risque d’échec par rapport à des grandes entreprises ou des institutions souvent mieux armées techniquement, financièrement et juridiquement pour se défendre.

Un risque en nette progression

En matière de cyberattaque, il faut rester prudent sur les chiffres dans la mesure où il n’existe aucune statistique précise officielle. 

Cependant, il faut souligner que selon le Cesin (Association regroupant les experts de la cyber), seulement la moitié des entreprises ayant subi une cyberattaque porterait plainte. Toujours selon le baromètre du Cesin, près de 54 % des entreprises françaises auraient fait l’objet d’une cyberattaque en 2021. Par ailleurs, l’Ansssi (Agence Nationale de la Sécurité des Systèmes d’Information) constate un développement exponentiel des demandes de rançons liées à des cyberattaques.   

En tout état de cause, le risque pour les PME est très significativement plus élevé qu’il y a dix ans. En conséquence, aucune entreprise, même de quelques salariés et réalisant un chiffre d’affaires de moins d’1 million d’euros, ne peut désormais occulter l’aggravation de cette situation. 

Différents niveaux de cyberattaques et des conséquences plus sévères

A l’origine, les cyberattaques affectant une PME ne concernaient qu’un nombre limité d’utilisateurs. A présent, les attaques sont de plus en plus sophistiquées et difficiles à détecter. Des adresses mail officielles peuvent être copiées, des messages comprenant des informations réelles de l’entreprise sont parfois détournées, des données sont cryptées au détriment des utilisateurs … Les pirates ne manquent pas d’imagination et de nouveaux moyens pour hacker une société.

De la simple malveillance gratuite au rançonnage sur des sommes importantes, ils existent différents niveaux de cyberattaques. Les conséquences peuvent être un simple blocage du système informatique et une perturbation temporaire de l’activité. Dans certains cas extrêmes, il peut conduire à une destruction totale des données si l’entreprise refuse de payer la rançon exigée en contrepartie de la clé de déchiffrement. La continuité de l’activité peut alors être en jeu, en particulier pour une PME qui ne dispose pas de ressources suffisantes pour redémarrer le système dans des délais courts ou pour récupérer les informations vitales à son activité (fichier client, données produit, informations financières, etc…).   

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Le premier levier de défense porte sur la formation des équipes

La clé d’entrée de la majorité des cyberattaques est une erreur humaine. C’est la raison pour laquelle la sensibilisation et la formation des collaborateurs sont essentielles dans une politique de cybersécurité.

Les mesures doivent porter notamment sur les points de vigilance suivants :

  • La gestion des mots de passe, avec des changements réguliers et si besoin des doubles codifications pour toute connexion externe
  • La formation sur les dangers d’hameçonnage (phishing) visant à infecter un ordinateur afin de répandre le virus dans toute l’entreprise. Plusieurs moyens intrusifs sont disponibles pour des hackers malintentionnés : des pièces jointes infectées, des codes à saisir sur un PC ou un smartphone, des propositions de faux support technique, etc… 
  • Les précautions à respecter en cas de connexion avec des supports externes : clés USB, …  
  • Le risque de chantage par l’intermédiaire de messages frauduleux.
  • Le piratage de la messagerie et l’utilisation usurpée d’une adresse de l’entreprise.

Cette liste est bien évidemment loin d’être exhaustive. L’essentiel est que ces formations soient régulières afin de diffuser des bonnes pratiques et de développer des réflexes de prudence chez tous les collaborateurs.

Le renforcement du système de sécurité 

Au-delà des antivirus « classiques » de sécurisation des transactions ou de détection du phishing, le système informatique doit être audité. La PME doit disposer d’un niveau de sécurité adapté à sa taille et à la complexité de son réseau. A titre d’exemple, la CPME, pour un PME d’1 million de chiffre d’affaires, recommande un budget de 6 000 euros la première année et 3 000 euros chaque année suivante. 

La mise à jour des logiciels en place dans l’entreprise est également un point sensible pour disposer des dernières versions intégrant les protections optimales. 

Par ailleurs, la sauvegarde régulière des données est un principe clé de la lutte contre les cyberattaques. Au-delà du stockage sur les serveurs en ligne de l’entreprise, il y a lieu de mettre en œuvre des sauvegardes externes sécurisées.   

En synthèse, le système informatique de toute PME doit être conçu dès l’origine et développé par la suite pour prendre en compte ce risque bien réel de cyberattaque. Des investissements au niveau système d’information sont indispensables pour minimiser le risque d’intrusion malveillante et de détérioration des données essentielles de l’entreprise.  Cette mesure préventive est un investissement « rentable ». 

Une solution avancée pour les PME, l’assurance contre le risque cyber

A date, seules 0,3 % des PME et 0,9 % des ETI françaises sont assurées contre les conséquences d’une cyberattaque, risque de perte d’exploitation et de rançonnage.  A titre de comparaison, près de 80 % des grands groupes sont couverts par une assurance.  

L’objectif des nouvelles dispositions législatives est de renforcer la sécurité des PME portant plainte à la suite d’une attaque informatique, tout en évitant une dérive du nombre de rançonnage. 

L’Etat cherche à aider les petites et moyennes entreprises en diffusant les bonnes pratiques. Le label ExpertCyber a ainsi été développé par Cybermalveillance.gouv.fr auquel tout dirigeant de PME peut d’adresser pour une demande d’aide.

Plus récemment, l’Administration propose des aides financières au service des PME afin de renforcer leur cybersécurité. Ces aides sont en particulier destinées aux petites entreprises agissant dans des secteurs sensibles.

En synthèse, la protection contre les cyberattaques est clé pour le dirigeant de PME qui veut préserver son patrimoine contre un risque d’arrêt partiel ou total d’activité.  Au-delà des critères classiques, la valorisation de son entreprise dépend de sa capacité à mettre en œuvre  une politique de prévention efficace.

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